Fatalité de la vie

 grolleaujosephine.jpgNi le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement. Grand-mère aujourd’hui encore je pense à toi.

Ma sensibilité d’enfant était largement égratigné par cette douloureuse épreuve. En grandissant, j’avais commencé à comprendre l’extrême fragilité de la santé de ma mère, aussi pour ne pas l’inquiéter, je m’interdisais de manifester ma peine. A chaque fois que le besoin se faisait sentir, je m’isolais dans un coin du jardin. Je m’assoyais sur la margelle du puit, et là je laissais couler mon trop plein de larmes. Le soir j’avais du mal à m’endormir. Mes premières crises d’angoisse, firent leur apparition à cette époque. Heureusement, mes parents ne m’avaient pas encore installé dans l’autre chambre, aussi je m’efforçais de gérer ma panique en me rassurant de leur présence à mes côtés.

Il fallait que l’amour que j’éprouvais pour ma maman soit bien grand pour que je sois aussi déterminé à vouloir la protéger de ces désordres mentaux qui finissaient de détruire la part d’innocence de naïveté qui me restait encore de ma prime enfance.

 Malgré ces extrêmes précautions, souvent je constatais la présence du docteur à la maison et à l’heure ou les familles profitaient de la campagne et du soleil, nous étions mon père et moi enfermés dans notre maison au chevet de notre épouse et mère trop souvent malade et alitée.

La vie chez nous était faite de silences. Depuis que nous nous étions installés dans notre nouveau quartier, les réunions de famille n’existaient plus. Nous nous étions progressivement mis à l’écart du monde qui lui s’était mis en marche. La progression du pouvoir d’achat et l’apparition du modernisme qui rendait l’existence plus facile étaient des phénomènes que nous observions de loin. A l’heure où les gens commençaient à partir en vacances, avec leur propre automobile, nous nous passions de longues heures à lire, à écouter la radio (la TSF à l’époque), ou à écouter les autres raconter leurs récits de voyages. En quelque sorte, nous vivions notre vie par procuration.

Je pense que mon père n’avait pas la sensation de nous sacrifier. Il voulait le bien-être de sa femme et de la savoir vivante à ses côtés, même très malade, était le plus grand de ses bonheurs. Moi j’étais triste et de plus en plus solitaire sans savoir réellement pourquoi. Je n’en étais pas encore à l’âge de pouvoir analyser la situation, je subissais donc la fatalité du sort, sans me poser de questions.



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