L’horrible, l’impensable, l’irréparable

Devant l’ampleur de cette tragédie, ma réaction vive et violente avait donc été de pousser ce cri horrible, qui me déchirai les entrailles. Mon esprit, mon âme, mon corps entier, sombrèrent ensuite dans un espèce de trou noir. Je me souviens d’avoir alerté un passant dans la rue et puis après le néant. Les voisins d’en face, m’avaient recueilli, mais je ne savais pas comment. En état total de léthargie, j’avais fait le vide autour de moi. Je ne voyais plus rien, je ne saisissais plus rien, je n’éprouvais plus rien, je n’avais ni faim, ni soif, ni sommeil. La petite sœur infirmière, était venue m’annoncer qu’il ne fallait pas être triste, car ma maman était au ciel. J’étais resté totalement indifférent à son discours, mon esprit tout entier s’était volontairement mis en état d’hibernation, sans doute un réflexe d’autodéfense contre l’effroyable souffrance à laquelle je venais subitement d’être confronté.Je fus hébergé le temps des funérailles chez des amis de mes parents. Je connaissais bien cette famille car avant que maman ne soit trop gravement atteinte, nous nous rendions mutuellement de fréquentes visites. Patrice leur fils était aussi un camarade de classe. Je me sentais bien chez eux, leur maison c’était le calme après la tempête.

L’endroit était idéal pour fuir la réalité et dans cet havre de paix après la tension extrême que mon pauvre corps avait du subir, je pouvais enfin me poser et revenir progressivement à la vie.

Papa avait souhaité que je rende une dernière visite à ma mère avant qu’elle ne soit ensevelie. Elle était belle dans la mort, elle ressemblait à ces princesses de contes de fées, plongées dans le sommeil en attente du prince charmant. Elle était allongée sur le lit, les yeux fermés, un drap d’un blanc immaculé, couvrait ses jambes jusqu’à la hauteur de la ceinture. Un chapelet entourait ses doigts. Ses mains jointes, comme dans un geste de prière, étaient posées sur son buste. Une gerbe de roses rouges avait été déposée à côté d’elle à la hauteur de ses hanches.

Mon père n’avait pas pu dissimuler son immense chagrin en m’apercevant, je le voyais pleurer, pour la première fois de ma vie et je savais que dans nos relations plus rien ne serait désormais comme avant.

Je n’avais pas assisté à la sépulture et je ne sais pas vraiment bien pourquoi. Patrice qui me faisait partager ses jeux, m’avait le temps de ce séjour permis de retrouver provisoirement mon âme d’enfant. J’appréhendais le moment où je devrais quitter ma famille protectrice, mais on ne peut pas indéfiniment se dérober et je savais qu’il faudrait très bientôt me confronter de nouveau à la vie.

 

Extrait du livre de mes mémoires

Lorsque mon père revint me chercher, le stress recommença à envahir tout mon corps, il me fallait de nouveau affronter l’épouvantable évidence. J’avais envie de lui dire :  » laisse moi ici, je suis tellement bien dans cette maison, la vie y est si douce et si calme, je ne veux pas renter chez nous pour vivre à nouveau ce cauchemar « . Papa avait le visage grave, complètement buriné par le grand malheur qui venait de s’abattre sur lui, lorsque nos regards s’étaient croisés, immédiatement j’avais senti un profond malaise s’installer. Plus jamais nous n’aurions les mêmes rapports entre nous. Le bonheur s’était envolé en même temps que l’âme de ma mère avait rejoint le ciel.

De retour à notre domicile, j’avais pu rencontrer quelques membres de la famille qui étaient encore là, car la sépulture venait de s’achever et mon père n’avait pas voulu venir me chercher avant la cérémonie, il avait souhaiter m’en dispenser. J’appris que grand-mère Gautier allait désormais habiter avec nous, il fallait bien une femme pour élever un petit garçon de bientôt sept ans et pour s’occuper entre autres, des tâches ménagères. Je ne suis pas sûr que mon aïeule avait accepté cette grande responsabilité sans appréhension. Pour elle, ce devait être sans doute difficile de quitter sa maison, ses amies et ses habitudes de vie.

Mon père m’emmena sur la tombe de ma mère qui reposait désormais sous un monticule de terre couvert de fleurs et d’objets funéraires que les familles et amis des défunts avaient l’habitude d’offrir en de telles circonstances. Il me tenait par la main, qu’il me serrait de plus en plus fort, son chagrin était perceptible, je n’osais pas le regarder, il ne prononça pas un mot. Je rompis le silence en lui promettant de venir fleurir la sépulture tous les jours de la semaine. Il me répondit que c’était le devoir d‘un fils d’accomplir ce geste, pour sa mère, et qu’il m’en était reconnaissant



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