Mère par procuration

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J’apprenais lentement mais sûrement à redécouvrir ma grand-mère. Elle avait toujours habité la ville voisine, et mes parents au début de leur mariage, allaient régulièrement la voir. Durant ces années bonheur, ils me laissaient en garde chez elle, pour se rendre chez des amis ou pour aller au cinéma. L’état de santé de ma mère s’étant aggravé, ces petites réunions familiales s’étaient progressivement estompées et mon aïeule disparue de mon environnement était devenue pour moi une inconnue. .Veuve depuis une dizaine d’années, elle n’avait pas voulu se soustraire à son devoir de mère, lorsque son fils unique, en l’occurrence mon père, lui avait fait appel, pour lui venir en aide, après ce terrible décès.

Sans doute la situation devait être pour elle difficile à gérer. Il lui fallait d’abord commencer une nouvelle vie, loin de ses habitudes et de ses amis et ensuite s’acclimater dans un univers qui devait lui paraître terriblement austère. Discrète et peu autoritaire, elle se trouvait témoin d’un drame familial qui la dépassait. Elle restait stoïque, face à la profonde douleur de son fils, qui se manifestait parfois par des réactions brutales. Des scènes chargées d’une profonde émotion et qui engendraient pour l’entourage une situation de stress difficilement tolérable. Sans doute ne savait-elle pas quelle attitude adopter. La présence de mon aïeule et le calme avec lequel elle supportait en apparence la situation, m’était nerveusement bénéfique, mais pas plus qu’avec mon père je sentais le dialogue possible. En revanche, je lui étais largement reconnaissant du travail qu’elle accomplissait pour tenir la maison en ordre et j’étais parfaitement conscient du bien-être que cela était en mesure de me procurer.



L’enfer sur terre

Me taire, ne rien laisser paraître, j’apprenais petit à petit l’art de la dissimulation. Je me sentais terriblement seul et pouvoir enfin, accorder ma confiance à quelqu’un, me semblait être aussi difficile que de dénicher une aiguille dans une botte de foin. Mes camarades de classe, par exemple, étaient exclus de la liste. Je savais par intuition qu’ils n’étaient pas en mesure d’imaginer le centième de ce que je vivais et encore moins de le comprendre. Les adultes avaient leurs propres préoccupations et j’étais beaucoup trop timide pour les aborder. De toute façon, j’étais incapable du haut de mes sept ans, d’exprimer par des mots, cette souffrance qui me torturait le corps et l’esprit. Ma descente aux enfers, s’accélérait au fil du temps, et je ne trouvais pas comment arrêter le processus.

Des terreurs nocturnes perturbaient mon sommeil. Je me réveillais en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Les mains tremblantes et le visage crispé, perlant de sueur, j’attendais que la crise diminue d’intensité avant de me rendormir. Il fallait impérativement que je trouve le remède à cette autodestruction, mais je ne savais pas comment m’y prendre.

Le plus souvent possible et sans l’autorisation de mon père, je me rendais en catimini sur la tombe de maman et là je passais un long moment à raconter à voix haute mes tourments. Maman m’avait inculqué une éducation religieuse et à cette époque j’étais terriblement fasciné par le Christ dont les évangiles nous avaient si précieusement décrit la forte personnalité. J’appris donc progressivement à ne rien attendre de mon entourage, et à puiser dans le spirituel, la force de continuer un peu plus sereinement mon chemin.

 

 

Extrait du livre de mes mémoires

Le désordre psychologique qu’avait provoqué en moi la disparition de ma mère, continuait à faire son œuvre, tous les jours à petite dose, de manière sournoise et insidieuse. La nuit mes rêves n’étaient peuplés que de l’image de maman et le matin au réveil il me fallait quelques minutes avant de réaliser la triste vérité. Lorsque j’étais seul dans la maison, je m’habillais dans les vêtements de la défunte pour m’identifier à elle, mon esprit était malade et en grand danger mais je savais que personne n’était en mesure de m’aider. La règle absolue était de garder le silence et de souffrir dans son coin sans attendre ni l’aide, ni le secours de personne. Puis vint le jour ou je commençai à craindre pour la vie de mon père. J’avais peur de le perdre lui aussi. Mes angoisses et mon stress augmentaient ou diminuaient suivant la bonne ou la mauvaise santé de papa, suivant son humeur aussi. S’il était détendu, j’étais détendu. S’il était triste ou soucieux, j’étais triste et soucieux. Toutes ces contrariétés qui encombraient mon esprit, me rendaient la vie insoutenable. Je souhaitais souvent dans mes prières que cette torture morale cesse définitivement, afin que mon âme puisse se reposer dans un corps complètement épuisé, par ce stress permanent et par ces longues nuits d’insomnies



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