Mère par procuration

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J’apprenais lentement mais sûrement à redécouvrir ma grand-mère. Elle avait toujours habité la ville voisine, et mes parents au début de leur mariage, allaient régulièrement la voir. Durant ces années bonheur, ils me laissaient en garde chez elle, pour se rendre chez des amis ou pour aller au cinéma. L’état de santé de ma mère s’étant aggravé, ces petites réunions familiales s’étaient progressivement estompées et mon aïeule disparue de mon environnement était devenue pour moi une inconnue. .Veuve depuis une dizaine d’années, elle n’avait pas voulu se soustraire à son devoir de mère, lorsque son fils unique, en l’occurrence mon père, lui avait fait appel, pour lui venir en aide, après ce terrible décès.

Sans doute la situation devait être pour elle difficile à gérer. Il lui fallait d’abord commencer une nouvelle vie, loin de ses habitudes et de ses amis et ensuite s’acclimater dans un univers qui devait lui paraître terriblement austère. Discrète et peu autoritaire, elle se trouvait témoin d’un drame familial qui la dépassait. Elle restait stoïque, face à la profonde douleur de son fils, qui se manifestait parfois par des réactions brutales. Des scènes chargées d’une profonde émotion et qui engendraient pour l’entourage une situation de stress difficilement tolérable. Sans doute ne savait-elle pas quelle attitude adopter. La présence de mon aïeule et le calme avec lequel elle supportait en apparence la situation, m’était nerveusement bénéfique, mais pas plus qu’avec mon père je sentais le dialogue possible. En revanche, je lui étais largement reconnaissant du travail qu’elle accomplissait pour tenir la maison en ordre et j’étais parfaitement conscient du bien-être que cela était en mesure de me procurer.



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