Renaissance

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On ne guérit jamais d’une telle blessure, les cicatrices restent profondes mais le temps qui passe apaise les souffrances. Mon père après bien des cris et des larmes, entamait un travail sur lui même. Travail qui portait ses fruits, car son attitude évoluait dans le sens de l’apaisement et de la maîtrise de soi. Tout n’était pas parfait, car ma mère restait un sujet tabou, et il était illusoire de vouloir remettre en cause cet état de fait.Je me forçais donc de véhiculer l’image de moi, qu’il souhaitait voir étaler au grand jour et j’enfouissais au plus profond de mon être les différentes facettes de ma personnalité que papa préférait ignorer, ou plutôt qu’il n’avait ni la curiosité, ni l’idée de découvrir.Finalement de retrouver le calme au sein de la cellule familiale, était primordial, le reste viendrait petit à petit Il ne s’agissait pas de brûler les étapes. Je me satisfaisais de cette sérénité retrouvée au regard de ce que nous avions vécu durant cette période si difficile de notre vie.

Dans notre petit village de sept cent habitants, les distractions n’étaient pas nombreuses. Les hommes passaient une partie du dimanche à jouer aux cartes ou aux palets, dans un café qui faisait office de salle de réunion, à défaut de toutes autres structures municipales. Signe de jours meilleurs, papa reprenait à fréquenter ce lieu de convivialité et il reprenait goût à côtoyer ses amis. J’aimais le voir sortir de nouveau, mais je n’aimais pas l’accompagner. Je ne supportais pas ce regard de pitié ou de compassion que les gens portaient sur moi.

Extrait du livre de mes mémoires

L’atmosphère continuait à se détendre, papa était passé du stade de la révolte au stade de la résignation, mais il n’avait pas ouvert le dialogue pour autant, je continuais donc à prier le ciel autant que mes besoins me le faisaient sentir, et j’en éprouvais un réel soulagement. La règle était de porter le deuil pendant un certain temps. Ma grand mère était entièrement vêtue en noir. Elle protégeait ses vêtements par le port d’une blouse mauve, lorsqu’elle ne sortait pas dans la rue. Quant à mon père et moi, nous arborions sur le revers droit de notre veste un crêpe également de couleur noir, signe distinctif du veuf et de l’orphelin. J’aurai préféré vivre cette affliction, dans la dignité et la discrétion, mais les us et coutumes en avaient décidés autrement. Papa avait essayé plusieurs fois de m’emmener en ballade le dimanche après midi, mais je n’aimais pas le regard des autres, encore moins leur pitié. A chaque fois que nous rencontrions des gens connus, c’était pour entendre le même discours, de condoléances, aussi je préférais rester chez moi.



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