Etre ou ne pas être

On devient ce que l’on est, et cela sans même le vouloir, et malgré toute volonté adverse. De par mon éducation, j’avais appris à me méfier des minorités et des différences, aussi m’était-il pénible de constater que beaucoup de mes traits de caractères, ne semblaient pas coller avec les préceptes établis par cette société dans laquelle j’avais tant de mal à trouver ma place. Le conflit interne que provoquait en moi cette situation inconfortable ne faisait qu’aggraver ma névrose, mais je n’avais pas le caractère suffisamment trempé pour assumer et affirmer ma personnalité. Je m’efforçais donc par tous les moyens et ceci malgré les contraintes, les vexations et les humiliations, d’adapter mes attitudes aux convenances et aux règles de bienséances, telles que notre civilisation moderne voulait bien nous les enseigner.Cette impression de culpabilité au regard du monde, m’incitait donc à me rallier à la majorité, mais aussi à rechercher dans le renoncement, la paix et l’équilibre de l’esprit, indubitablement au détriment de mon épanouissement intellectuel et affectif.C’est ainsi que je développais un sentiment d’infériorité, qui au fil du temps ne faisait que s’aggraver, et qui engendrait forcement une perte totale de confiance en moi. Ma timidité me poussait à l’écart des tempéraments autoritaires ou agressifs, et de toutes les situations d’extrêmes tensions. Je fuyais la violence qui me paralysait de peur, et face à laquelle j’étais incapable de me défendre. Je détestais être l’acteur, préférant de loin le rôle du spectateur.

La vie m’avait fait mûrir un peu trop vite et la manière un peu décalée avec laquelle j’appréhendais les évènements influait sur les relations que j’entretenais avec mes camarades. La plupart d’entre eux, n’avaient de soucis que leur jeunesse. Ils ne se préoccupaient guère que de jouer et dépenser leur énergie, et j’étais un peu jaloux de cette insouciance. Je n’aimais pas les jeux collectifs, encore moins les jeux de contacts. Cette spécificité au sein d’un groupe essentiellement masculin ne facilitait pas mon intégration et ne faisait qu’accentuer mes différences. En dehors de quelques spécimens qui se faisaient un plaisir de me railler et par la même occasion de me blesser, la majorité de mes copains se fichaient éperdument de qui j’étais et de ce que je faisais. J’étais le seul à réellement souffrir de ma situation.

 

Extrait du livre de mes mémoires

(La vie n’était pas que synonyme de souffrance : Souvenirs nostalgiques de petits moments de bonheur)

J’avais quitté la cour des petits, et j’étudiais non sans fierté désormais à l’école des grands. L’établissement n’était constitué que d’une seule et unique pièce située à l’arrière de la mairie Elle était séparée en deux par une cloison. D’un côté une maîtresse enseignait aux plus jeunes et de l’autre une enseignante était responsable des cm2 et fins d’études (année du certificat). Pour rentrer dans notre classe nous devions impérativement passer par la salle des grands et je me souviens que le mur de séparation n’était pas toujours efficace, car on entendait parfois les élèves ou leur maîtresse en train de s’agiter, d’une pièce à l’autre.

Nous avions débuté l’étude de la Gaule et de ses habitants les gaulois. Les manières d’enseigner l’histoire de France, étaient limitées aux faibles moyens dont disposaient les éducateurs. Il n’y avait aucun des procédés audiovisuels contemporains. Notre maîtresse n’avait en sa possession que des dessins sur panneaux, qui représentaient des scènes de batailles, des scènes de villages, ou des illustrations remémorant un événement précis dont la date était inscrite dans les livres. J’adorais cette heure de cours, où les élèves étaient invités à commenter l’image présentée devant leurs yeux. Il s’agissait de raconter les individus, leur façon de s’habiller ou de travailler. Il fallait décrire les habitations les outils, les armes et toutes les spécificités qui marquaient le siècle précisément étudié. Cette méthode d’éducation faisait énormément appel à l’imagination des enfants et le cours valait le récit d’un bon livre d’aventure.

L’heure de lecture était aussi un moment privilégié. Avec mon camarade Jean-Noël, nous nous partagions notre bureau et notre livre. A tour de rôle la maîtresse faisait lire les élèves à haute voix, un paragraphe chacun, et de semaines en semaines nous découvrions par épisodes, les aventures de Bridinette en vacances à la campagne. Il fallait disposer le bouquin au milieu de la table et éviter de parcourir les pages avec son doigt. Un jour qu’une innocente petite mouche s’était posée sur notre bureau, nous avions détourner le regard de notre texte, pour contempler l’insecte faisant la toilette de ses ailes. Je ne sais pas pourquoi la scène nous avait tant amusés, mais nous étions complètement écroulés sur notre table essayant tant bien que mal d’étouffer nos éclats de rire et bien sûr lorsque vint notre tour de lecture, il y avait belle lurette que nous avions perdu le cour de l’histoire. Notre punition fut de copier plusieurs fois le chapitre du jour, mais rien n’aurait pu nous faire regretter le plaisir que nous venions de prendre.

 



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