Liberté négociée

Entre la rentrée des classes en milieu de septembre et le début des congés d’été fin juin, l’année scolaire était scindée en trois, les vacances de Noël et de Pâques marquant la fin des deux premiers trimestres. Nous avions également deux jours de repos dans la semaine, le jeudi et le dimanche.Mon père de son côté disposait de quatre semaines de liberté, fin juillet début août, et consacrait le samedi, et le dimanche à ses occupations favorites.Nous ne passions que trop peu de temps ensemble. En dehors de quelques opportunités que je savais apprécier à leur juste valeur, papa avait ses habitudes, j’avais les miennes. J’étais rarement la cause d’un bouleversement important dans son emploi du temps. Inversement, il ne dérangeait quasiment jamais mon programme.

J’avais détesté les deux ou trois sorties que nous avions effectués ensemble, après le décès de ma mère, et je crois que lui même avait fait un effort surhumain, pour organiser ces virées. Le but initial étant de me faire plaisir, il n’avait pas obtenu le résultat escompté, et m’avait paru satisfait, de ne pas avoir à renouveler l’expérience.

Nous comprenions désormais, ce sentiment réciproque que nous avions de vivre ce deuil loin du regard des foules, et en respectant mutuellement nos désirs, nous nous sentions désormais plus à l’aise. Très vite le malentendu qui s’était dressé entre nous se dissipa.

Sans de réels ambitions depuis la mort de maman, papa s’était résigné à vivre dans la médiocrité, et ne tenta jamais de sortir de la morosité dans laquelle il était plongé.

Au fil du temps, nous avions pris le pli d’exercer nos activités le plus souvent chacun de notre côté, habitude d’autant plus mauvaise, que les discussions entre lui et moi, étaient quasi inexistantes.

C’était la pêche qui nous rapprochait majoritairement, et très exceptionnellement, il m’invitait à le suivre en balade, à travers bois pour rendre visite à son oncle qui habitait la ville voisine.

Solidement installés dans nos habitudes, l’idée d’améliorer nos relations, ne nous effleurait même pas l’esprit, et les mois s’écoulaient monotones, sans qu’aucun événement, ne vienne bouleverser l’ordre des choses.

En grandissant, j’avais appris à organiser ma vie, et livré un peu à moi même, je profitais de ma toute nouvelle liberté pour me raccommoder peu à peu avec la société.

Trouvé ma place au sein d’un groupe m’était toujours aussi difficile, mais en multipliant les contacts humains, en essayant de participer bon gré mal gré aux activités collectives, je faisais chaque jour un pas de plus vers cette réconciliation. Les occasions étaient nombreuses, entre les après-midi récréatifs organisés par notre curé, la proposition qui m’avait été faite de servir la messe, les incalculables escapades à travers bois et prés, que j’effectuais en compagnies de mes fidèles amis, et les parties de football sur le terrain de sport tout nouvellement crée par la commune, une grande partie de mes vacances étaient occupées.

Les séjours au bord de la mer se démocratisant, mes camarades partaient de plus en plus souvent, avec leur famille. Durant ces semaines de solitude, je replongeais spontanément dans mes pensées philosophiques. Je multipliais mes visites au cimetière, car ma mère habitait toujours mon esprit. Je poursuivais ensuite mes méditations à travers la lecture d’ouvrages littéraires qui nourrissaient mon imagination débordante et qui m’emportaient dans un grand tourbillon de liberté vers un monde de totale plénitude.

Je souffrais de ne pas être un enfant comme les autres, et j’avais besoin de me sentir aimé et apprécié, malgré tout. Aussi j’attendais avec impatience, l’arrivée du facteur, dans l’espoir de recevoir la carte postale d’un ami qui ne m’aurait pas oublié, et j’étais rempli de joie lorsque cet espoir devenait réalité. Je parcourais des yeux le message, en songeant qu’un jour la vie m’accorderait peut-être à moi aussi une part de ses bienfaits.

 

 

Méditations

 

Le livre est l’ami de la solitude. Il nourrit l’individualisme libérateur. Dans la lecture solitaire, l’homme qui se cherche lui-même à quelque chance de se rencontrer.

Quand nous lisons, nous choisissons la substance de notre âme.

La lecture est un seuil de la vie spirituelle, elle peut nous y introduire, elle ne la constitue pas.



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