Chronique d’une journée ordinaire

Le matin à mon réveil, mon père était déjà parti au travail, car il commençait sa journée à sept heures. Mon petit déjeuner se composait comme tous les jours, d’un bol de café au lait, et de deux tartines de pain beurré. Comme beaucoup d’habitants de la commune, nous ne possédions ni salle de bain, ni eau chaude. La toilette se déroulait d’une manière succincte. Il faut dire que le manque d’intimité ne m’incitait pas à pousser davantage mes investigations. L’opération se déroulait illico presto devant l’évier de la cuisine. Mes ablutions consistaient donc à me passer un gant trempé d’eau froide parfumée à l’eau de Cologne sur le visage, puis à me laver les mains, et quelquefois les dents, jamais le reste du corps.

Il fallait attendre le samedi pour prétendre à un peu plus d’hygiène. J’installais alors à l’abri des regards, une grande bassine, que je remplissais d’une eau chauffée dans une grande lessiveuse.

Depuis que j’avais grandi, je n’empruntais plus l’allée des jardins pour me rendre à l’école. Je sortais sur le trottoir et remontais la rue jusque devant la forge. Parfois le maréchal ferrant était en train de ferrer un cheval. L’épaisse fumée qui s’élevait dans le ciel, et l’odeur de corne brûlée, qui envahissait mes narines me faisaient m’écarter un peu de ma route.

Souvent je saluais le facteur, qui effectuait sa tournée quotidienne. Le courrier postal étant à l’époque le moyen de communication le plus utilisé, notre porteur de bonnes ou de mauvaises nouvelles, était toujours attendu avec beaucoup d’impatience.

Il ne m’était pas rare de rencontrer le père Supiot, guidant lentement mais sûrement sa jument, en train de tirer la charrette remplie des ordures communales. Le recyclage était un mot qui ne faisait pas partie du dictionnaire, car les détritus étaient moins nombreux, mais surtout moins polluants que de nos jours.

Certaines fois c’étaient les tziganes que je croisais, alors qu’ils traversaient le bourg, dans leurs roulottes tractées par des chevaux. Ils installaient leur campement à l’entrée du village, et venaient ensuite nous vendre le fruit de leur travail, des paniers en osiers ou de la dentelle

Après avoir emprunté le chemin des dames, je traversais la départementale, pour rejoindre la cour de l’école, derrière la mairie.

Des travaux entrepris pendant la période estivale, avait permis de transformer les deux classes ultérieures, en une seule et unique grande pièce. Le plancher en bois usé et trop poussiéreux, était resté. Le bureau de l’institutrice placé sur une grande et haute estrade faisait face aux élèves. Assise, l’enseignante tournait le dos à un très grand tableau noir. La classe était décorée de cartes géographiques et de planches éducatives relatives aux disciplines enseignées en ce temps là. Une énorme mappemonde posée sur le pupitre de notre professeur, donnait la touche finale au décor. Les élèves étaient éclairés à l’arrière par deux larges fenêtres qui donnaient sur la cour. Pour se chauffer l’hiver, un grand poêle à charbon, cerné par une grille en fer, trônait au milieu de la pièce. Les potaches occupaient des bureaux à deux places. Les pupitres s’ouvraient sur le dessus, permettant le rangement de l’ardoise, des crayons, des livres et des cahiers. Les deux encriers en faïence blanche étaient encastrés dans et en bordure du meuble, du côté droit de chaque élève. On écrivait uniquement à la plume. La cour était petite, et ombragée par une rangée de vieux tilleuls, un préau protégeait les élèves en cas d’intempéries et un bloc sanitaire en piteux état achevait de planter le décor.

A midi je sortais des cours pour reprendre le chemin en sens inverse, je rentrais à la maison souvent en même temps que mon père, qui faisait la sieste après le déjeuner, pendant que j’essayais de m’occuper sans bruit.

Le soir dès mon retour, j’enfilais mon goûter avant de faire mes devoirs, tandis que grand-mère installée devant la fenêtre de la cuisine, me tricotait un pull en prévision de la mauvaise saison. Puis papa arrivait et suivant toujours le même rituel, s’installait silencieusement, au bout de la table, pour lire son journal quotidien.

L’arrivée de la télévision avait brisé la monotonie de nos soirées, mais rallongé nos heures de veille, et il était donc souvent relativement tard lorsque nous regagnions respectivement nos lits pour une nuit de repos, bien mérité.



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