Bonhomme hiver

 images2.jpeg   J’aimais notre campagne l’hiver et les congés de fin d’année me donnaient l’occasion d’en profiter. Dès qu’une journée s’annonçait glaciale et ensoleillée, je retrouvais mes fidèles. Nous repartions alors pour une nouvelle escapade, à travers bois et champs. Les mains profondément enfouies dans nos poches, nous sortions du village en longeant la voie routière, avant de bifurquer pour nous enfoncer progressivement dans l’un des nombreux chemins creux existants encore à l’époque.

Le passage répété du bétail et des engins agricoles, sur un sol détrempé par les abondantes pluies d’automne, avait laissé son emprunte. Pour l’heure, le gel avait durci ces ornières moulées dans la boue, et nous étions obligés de marcher lentement et silencieusement, en prenant bien garde de ne pas poser le pied n’importe où, pour éviter de nous tordre les chevilles. Une désagréable sensation de froid, colonisait petit à petit l’extrémité de nos pieds et de nos mains. Le vent frisquet nous mordillait les oreilles et nous piquait un peu les yeux, mais nous étions libres et heureux et c’était bien là l’essentiel.

L’effort consenti nous obligeait à nous arrêter régulièrement pour reprendre notre souffle. Nous tirions profit de ces haltes, pour moucher nos nez humides et pour observer le spectacle que nous offrait dame nature. Nous aimions ces arbres et ces buissons entièrement dépouillés de leurs feuilles et recouverts de givre. La lumière du soleil qui perçait entre les branchages, changeait d’intensité au fur et à mesure que la journée s’avançait, nuançant ainsi les couleurs du paysage. La brume qui flottait au dessus des mares et des étangs donnait à l’endroit, cet aspect inquiétant et mystérieux des décors de contes de fées.

Une envolée d’oiseaux peureux, brisait le silence au moment ou nous nous introduisions dans les bois. Au fur et à mesure de notre avancée, nous percevions le bruissement des feuilles mortes s’écrasant sous le poids de nos pas. La bise soufflait en chahutant la cime des châtaigniers. L’entrechoquement des branches, produisait des sons étranges, qui dérangeaient un peu la quiétude des lieux, me donnant l’impression d’une force maléfique planant au dessus de nos têtes. Nous retrouvions souvent aux abords des sentiers les vestiges de nos activités d’été. Ces cabanes que nous avions construites de nos mains, n’étaient plus à présent qu’un amas de bois enchevêtrés et de fougères séchées. Abrités naturellement de l’air, nous quittions avec regret la forêt, avant d’affronter de nouveau bonhomme hiver.

Lorsque nous croisions, au hasard de nos périples, une étendue d’eau suffisamment solidifiée pour ne pas risquer l’accident, nous organisions des parties de glissades improvisées. Nous vivions alors des moments exceptionnels et dans notre extrême défoulement nous ne pensions pas à regarder nos montres. C’était les cloches de l’église, tintant dans le lointain qui nous annonçait l’heure du retour. Il faisait déjà presque sombre lorsque je retrouvais mes pantoufles et la chaleur de la cuisinière à charbon sur laquelle le pot au feu finissait de mijoter. Papa allait rentrer bientôt de son travail et grand-mère tricotait inlassablement ses pulls de laine. Le bonheur était là, simplement, et il fallait le goûter de toute urgence.



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