Trois bateaux

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Le deuxième trimestre était achevé, et je profitais plaisamment de mes vacances de Pâques. La fraîcheur matinale marquée de ce début de printemps avait été remplacée, par la douce chaleur du soleil levant. A mon réveil j’étais sorti un bref instant, pour scruter le ciel qui était d’un bleu azur. A présent j’étais assis devant la fenêtre, en train de feuilleter distraitement un vieux livre trouvé dans un coin poussiéreux de la grange, mais ma tête était ailleurs, et je songeais au bel après-midi que j’allais passer en compagnie de mes fidèles, à battre la campagne. L’horloge de l’église sonnait les douze coups de midi. Mon père allait bientôt rentrer pour le déjeuner, et une agréable odeur de cuisine se répandait lentement à l’intérieur de la pièce. Nous étions le lundi six avril, et c’était le jour de mes dix ans. L’événement n’était pas marquant dans mon esprit, car nous n’avions ni l’habitude de fêter les anniversaires, ni même le réflexe d’en faire allusion. Je m’étais accoutumé à nos repas sans bruit et le désir d’un changement dans nos rapports, ne m’effleurait même pas les pensées.

Je m’étais attablé devant une assiette de soupe mitonnée que grand-mère nous servait toujours brûlante, quelques minutes avant que la porte d’entrée ne s’ouvre. Papa arriva, s’installa, et nous attendîmes qu’il avale sa première cuillérée de bouillon, pour commencer a manger à notre tour.

Puis il rompît le silence pour me faire le récit solennelle de cette journée qu’avait été le jour de ma naissance. Il prononçait ces phrases avec un léger sourire au coin des lèvres, et je constatais à travers son discours, que le souvenir de ce moment important de la vie le rendait terriblement nostalgique. Quel extraordinaire cadeau d’amour m’offrait-il ce jour là. J’aurai tellement aimé savoir le remercier à la juste valeur des choses. Je me levai d’un bon pour l’embrasser les yeux embués de larmes. Je souffrais tellement de sa tristesse, mais j’étais moi même tellement écrasé sous le poids de notre malheur. Est-il possible de pardonner l’injustice ?

Grand-mère avait assisté à la scène, impassible. Elle avait eu également sa part d’épreuves dans la vie et n’étant pas encore en paix avec elle même, sa capacité de nous venir en aide était réduit à néant.

Nous étions trois bateaux perdus dans la tempête et aucun des capitaines n’apercevait la lumière du phare qui signale au marin l’arrivée au port.



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