Asphyxie

Rien ne se ressemblaient plus que les dimanches. La majorité des villageois restaient fidèles à leurs pratiques religieuses et assistaient massivement à la grand messe. Lorsque l’office s’achevait, le parvis de l’église tenait de lieu de rassemblement.

C’était à cet endroit que l’annonciateur public informait les ouailles, des différentes manifestations organisées, et c’était également ici que les petits potins de la semaine s’échangeaient entre paroissiens. Puis venait ensuite pour les hommes, l’instant crucial de la traditionnelle partie de belote, disputée dans l’un ou l’autre des deux cafés du bourg, tandis que les femmes se contentaient de regagner leur domicile pour y préparer le repas dominical.

Les enfants étaient très vite initiés aux us et coutumes de leurs aînés et dès l’adolescence, les garçons imitaient les hommes en consommant au bar, leurs premiers verres de vin, alors que les filles respectaient les convenances liées à leur rôle de futur mère au foyer. Une société formatée dans laquelle j’avais beaucoup de mal à me reconnaître.

Malgré l’imagination débordante de notre prêtre, les distractions de ces dimanches après-midi, étaient restées peu nombreuses jusqu’à ce que la création de l’association sportive de football vienne sortir la commune de la torpeur dans laquelle elle était plongée.

A présent la pratique du ballon rond, monopolisait l’essentiel des activités d’un grand nombre de licenciés, et attirait les familles sur un terrain souvent très animé à l’occasion des rencontres de championnats.

Pour profiter de ces brefs moments où nous pouvions être encore ensemble, bien que n’étant pas très enthousiasmé par ce genre de passe-temps, j’accompagnais mon père d’autant plus volontiers sur le stade, que notre période de deuil était terminée et que les gens en ayant pris de la distance par rapport à notre malheur, ne posaient plus sur moi ce regard de pitié qui m’avait été tellement insupportable à une période encore récente.

D’autre part au risque de me marginaliser encore davantage, il était indispensable pour moi de faire à nouveau un effort d’insertion, en participant à ces manifestations afin de rester en contact avec mes fidèles.

Mais je m’ennuyais fermement et mon horizon devenait tous les jours un peu plus étriqué. J’avais besoin d’évasion et de liberté. Les livres, la télévision et mon imagination débordante m’offraient des parts de rêve dont j’avais de plus en plus de mal à me satisfaire.

L’arrivée du printemps coïncida avec la décision de mon père de m’offrir un premier remède à mes frustrations



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