Absorbante fin d’été

Le destin nous avait de nouveau réservé une mauvaise surprise. Grand-mère était hospitalisée sous assistance respiratoire, pour soigner un anthrax placé à hauteur de narine, qui risquait de dégénérer, s’il n’était pas soigné à temps. Quant à moi deux furoncles l’un sur le bras et l’autre sur la cuisse étaient à l’origine de cette montée de fièvre qui m’avait conduit à consulter le médecin.

Pour l’heure, il me fallait assurer l’intérim, et remplir pour le mieux ma mission. Mon père m’avait confié la gestion de notre quotidien, et il n’était pas question de se dérober. Entre courses, cuisine, entretien de la maison, il ne restait que peu de place pour la rêverie. Du haut de mes treize ans, je me trouvais à nouveau devant une épreuve singulière, et comme à chaque fois, guidé par je ne sais quel instinct, j’adaptais mes agissements en fonction de la situation du moment. Ma priorité essentielle étant de traverser la tempête, le monde pouvait bien s’écrouler, je n’y accordais aucune importance. Pouvoir profiter de nouveau de ma jeunesse en oubliant ce mauvais rêve, telle était l’urgence.

L’absence de mon aïeule était pesante. Parce qu’elle était d’une nature discrète, et peu loquace, je n’avais pas pris conscience jusqu’à présent de l’affection grandissante que je lui portais. Elle ne remplaçait pas ma mère mais elle devenait au fil des jours un être précieux, et je craignais fortement pour sa vie.

Sans nouvelle de son état, le téléphone n’étant pas aussi répandu que de nos jours, je préférais mes marches quotidiennes, pour lui rendre visite, plutôt que de subir mes insupportables crises d’angoisse qui étaient de nouveau réapparues. C’était beaucoup de fatigue pour peu de présence dans sa chambre, mais le prix à payer en valait la chandelle, car sa santé s’améliorait, et de constater par moi même cet état de fait me rassurait et m’aidait à remettre de l’ordre dans mon esprit malmené.

Cet incident de parcours m’avait accaparé aussi bien physiquement que moralement. En fait j’émergeais d’un brouillard épais qui m’avait totalement isolé du reste de l’humanité. Aussi je n’avais pas vu s’écouler la fin des vacances et le retour de mes cousines était passé quasiment inaperçu. Je n’avais pas eu le temps non plus de m’inquiéter de cette rentrée scolaire qui s’effectuerait début septembre dans un nouvel établissement



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