Résolution

 portrait069069.jpg ( Dessin réalisé par moi même en juillet de l’année 1968.) 

Petit à petit, les choses revenaient à la normale. Notre président de la république profitait de ses dernières heures de gloire. Bientôt un nouveau chef d’état assurerait les populations d’un changement radical dans la manière de penser et d’agir.

Sans conteste, les évènements que nous venions de vivre, avaient marqués les esprits. Plus jamais les choses ne seraient pareilles. Un vent de liberté s’était emparé des générations nouvelles et l’évolution des mœurs était en marche.

La reprise des cours avait lieu un mois avant le début des vacances d’été, nous avions perdu la moitié du troisième trimestre. Il fut donc décidé de rattraper le retard, en bousculant les programmes pour ne consacrer l’emploi du temps des élèves qu’à l’instruction des matières principales au détriment des matières secondaires. Cette enseignement intensif ne correspondant ni à ma personnalité, ni à ma façon d’appréhender les études, j’étais donc complètement déstabilisé par ces méthodes éducatives.

En réalité cette situation insolite ne faisait qu’accélérer la dégradation de mes résultats scolaires qui comme je l’avais prédit, n’était pas à la hauteur de ce que le corps enseignant attendait de moi.

Bien qu’élève sérieux et assidu, j’avais un grave défaut, c’était d’être très lent. Le retard que j’accumulais dans mon travail depuis le début l’année scolaire, était arrivé à un point de non retour. Le redoublement fut donc prononcé, et la triste nouvelle difficile à encaisser. Profondément blessé par cet échec, j’avais assisté à la lecture par mon père, du bulletin de notes qui confirmait la sentence

Conformément à son habitude, il n’avait pas fait de commentaire. Je n’avais pas pris cette attitude pour de l’indifférence, mais plutôt pour de la compassion. Papa était un être extrêmement bon et j’étais sa seule et unique raison de vivre. Je pense qu’il avait compris que ce cuisant revers n’était pas entièrement de ma faute et d’un léger sourire en coin, il m’avait fait signe qu’il gardait malgré tout, une grande confiance en moi.

De ce fait, je ne devais pas baisser les bras et tirer parti de cette nouvelle chance, pour travailler encore plus afin de demeurer dans la concurrence des meilleurs élèves. Je décidai d’employer beaucoup de mes vacances pour réviser.

J’avais quatorze ans et je voulus également mettre un terme à mes activités bénévoles au sein de la paroisse. La crèche pouvait bien se bâtir sans moi et l’effectif des enfants de cœur ne serait pas affecté par mon départ, la relève étant assurée.

Le sport m’avait coupé de pas mal de mes amis et mon caractère peu sociable ne m’avait pas permis de m’en faire de nouveau au sein du collège, mais je n’avais cependant pas trop de mal à me contenter de ma solitude.

Je laissais parfois mes livres pour me consacrer à mes modestes talents de dessinateur. Mes modèles de nus n’étaient que des photos de magazines, l’école des beaux arts n’étant pas dans l’air du temps. Cependant je prenais un immense plaisir à exercer cette discipline. Je pense qu’avec un peu d’ambition et une structure adaptée, il m’aurait été bénéfique de prolonger l’expérience au delà du simple apprentissage. Malheureusement mon initiation en resta là.

 

 



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