Des temps difficiles

Comme beaucoup de gens dans la commune, nous étions de condition modeste. Dès qu’un imprévu s’immisçait dans nos finances, nous étions immédiatement astreints à freiner nos dépenses courantes.

Par un malheureux hasard, l’automne était arrivé avant l’heure, et nous connaissions depuis le début d’octobre, une succession de temps gris, suivie de longues périodes de pluie ou de brouillard, avec des températures plutôt fraîches pour la saison.

Cette situation météorologique, avait contraint ma grand mère à allumer la cuisinière beaucoup plus tôt que l’année précédente. Il faisait froid et les épisodes pluvieux rendaient nécessaire le chauffage pour notre bien être, mais aussi pour que le linge puisse sécher dans des conditions convenables, sur un étendage prévu à cet effet, fixé au dessus de la source de chaleur, sur le tuyau d’évacuation des fumées.

Nous possédions une réserve de charbon que mon père faisait rentrer avant la saison d’hiver et que nous entreposions dans une petite cabane située en limite du jardin, jouxtant la trottoir de la rue.

Dans le jardin, à proximité du grand cerisier, papa avait également installé deux gros bidons pour le stockage du fuel qui servait à alimenter le poêle qui réchauffait ma chambre lorsque j’étudiais.

Ces deux sources d’énergie, pesaient sur le budget familial, il n’était pas envisageable de prévoir un second approvisionnement durant la saison, aussi pour faire des économies, nous avions décidé de différer l’utilisation du poêle à mazout, la solution étant que mes devoirs se fassent dans la cuisine pendant un certain temps. Pour consommer un peu moins de charbon, nous avions réussi à nous procurer à moindre coût des chutes de bois dans la scierie du village, que mon père devait couper d’une certaine dimension pour les ranger ensuite à l’abri dans la grange.

Le Noël de cette année là fut des plus modestes en cadeaux, mais j’étais d’autant moins à plaindre que nous étions pas les plus pauvres de la commune, car beaucoup de gens ne possédaient pas encore la moitié de ce que mon père avait acquis depuis le décès de ma mère.

Ce genre de récit peut sembler anecdotique pour des personnes qui n’ont connu ni restrictions, ni privations, mais pour l’adolescent que j’étais, cette période délicate de l’existence, constituait une grande leçon de vie particulièrement positive pour les épreuves à venir, elle façonnait le caractère du futur adulte en renforçant ses convictions sur l’âpreté de la vie.

Toutes ces menus combines, nous permirent de nous adapter aux conditions climatiques et l’année s’acheva comme elle avait commencé sans grand changement dans notre manière de vivre.



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