Confrontation des blocs

Cette année mille neuf cent soixante huit se terminait particulièrement difficilement pour notre foyer, mais également pour l’ensemble de l’humanité.

Outre la grave crise des mois de mai et de juin, qui avait agité notre pays, en menaçant de plonger les français dans le cahot, l’actualité internationale nous avait également fourni des évènements capables de réveiller dramatiquement nos angoisses.

L’année scolaire s’était donc soldée pour moi par un redoublement qui ne faisait qu’attiser mes rancœurs. L’autopunition que je m’étais infligé, m’imposait de rester cloîtrer dans ma chambre une bonne partie de mes vacances. Je ne voyais que très peu de gens de mon entourage, mais je veillais néanmoins à ne pas me couper de l’actualité planétaire.

Une brutale aggravation de la situation internationale allait préoccuper mon esprit, en pleine période estivale, alors que les français étaient à peine remis des inquiétantes grèves du printemps précédant.

Notre terre était toujours divisée en deux depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le bloc de l’est communiste, piloté par les soviétiques, symbolisant pour les occidents l’horreur absolue d’un côté, et les pays démocratiques chapeautés par les américains, de l’autre.

En ce temps de guerre froide, aucun pays satellite, ne pouvait prétendre changer de camp, au risque de compromettre l’équilibre des forces. Les états qui osaient défier l’autorité ne manquaient pas de subir une intervention armée de l’une de ces deux grandes puissances nucléaires. C’est ainsi qu’après avoir écrasé dans les larmes et dans le sang, l’insurrection hongroise en mil neuf cent cinquante six, les chars russes pénétraient quelques douze années plus tard, en cette fin d’été en Tchécoslovaquie pour combattre la population qui avaient cru un temps prétendre à la liberté.

Les réactions étaient systématiques et immédiates de la part des puissances adverses, lorsque de tels évènements se produisaient. L’action armée était vivement réprouvées et des menaces étaient proférées envers le pays agresseur, ceci afin d’intimider et avertir l’ennemi de ne pas chercher à étendre son influence au delà des frontières définies par les accords de Yalta.

L’occident ne dérogeait pas à la règle en ce mois d’août, et l’invasion de la Tchécoslovaquie fut fermement condamnée par les américains et leurs alliés. Les populations étaient volontairement maintenues par leurs gouvernements respectifs, dans un état de terreur permanente, ceci afin de mobiliser les consciences et animer l’élan patriotique.

La radio ayant cessé de programmer ses émissions habituelles pour ne diffuser que de la musique entrecoupée par des flashs d’informations, contribuait à rendre l’atmosphère pesante, et faisait grandir l’inquiétude au sein de la population qui gardait en mémoire les terribles épreuves que nos aînés avaient subies durant la seconde guerre mondiale.

Paradoxalement, j’avais le sentiment que dans notre petit bourg, personne ne semblait être conscient de la gravité de la situation et encore moins être curieux de s’informer de l’évolution des évènements.

Dans ce contexte, je ne trouvais pas plus chez moi qu’autour de moi des interlocuteurs disposés à émettre une quelconque opinion propre à me rassurer, sur cette nouvelle confrontation des deux blocs.

Je m’en voulais terriblement de ne pas être comme la plupart de mes interlocuteurs, qui prenaient les choses au second degré. Malheureusement ce défaut de mon caractère avait le fâcheux inconvénient de me pourrir la vie, et d’en prendre conscience ne faisait qu’accentuer ma sensation de profonde solitude intérieure.

Les soviétiques imposèrent leur loi en Tchécoslovaquie sans monter sur les plates bandes des américains, aussi progressivement le risque d’un conflit majeur fut écarter.

J’oubliai rapidement cette nouvelle crise internationale, qui avait largement contribuer à perturber une fois de plus, mon fragile équilibre.



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