Histoires et imagination

Il n’y avait ni orgueil ni vanité en moi, et cependant je ressentais ce redoublement comme une profonde humiliation, d’une part, parce que je décevais mon père, même s’il n’avait rien laissé paraître, et d’autre part, parce que je considérais cette sanction comme une injustice supplémentaire à mon encontre.

Malmené par la vie, je n’étais pas sans ecchymose, et mes préoccupations n’étaient pas celles de mes semblables que j’estimais à des années lumières de ma réalité quotidienne. Trop de monde autour de moi se comportant de manière superficielle, je ne trouvais personne à qui accorder ma confiance. Encore une fois je précise qu’il n’y a aucune arrogance dans mes propos, simplement je traduis mon état d’esprit de l’époque.

Il ne me fut cependant pas trop difficile de m’adapter à mes nouvelles conditions de travail, car n’ayant pas vraiment entretenu de relations avec les élèves de l’année précédente, je n’avais aucun regret d’en être séparés. Je ne me réjouissais pas davantage de faire la connaissance des individus de cette nouvelle promotion.

Noël arriva avec les restrictions budgétaires que j’évoquais lors d’un précédant article, marquant la fin d’un premier trimestre sans surprise. Mes résultats s’étaient améliorés, mais je n’étais pas, loin s’en faut, le meilleur de la classe.

La déception accentuait la tentation du repli sur soi et il me fallait d’urgence engager comme je l’avais fait une première fois dans ma prime enfance un combat contre mon ego pour sortir de l’ornière dans laquelle mon être tout entier était en train de s’embourber.

Mes relations avec les copains du village n’étaient pas totalement interrompues, et c’était de ce côté là qu’il fallait mener la lutte, le prix à payer passant par le deuil de ma personnalité que je n’avais pas la force d’imposer.

A partir du second trimestre, j’avais donc pris la résolution de sortir de l’isolement que je m’étais infligé depuis l’été dernier, et je repris mes visites notamment au stade de football de notre commune, pour assister au rencontres sportives, qui attiraient un grand nombre de personnes, avec lesquelles il ne m’était pas facile de reprendre contact, mais l’effort était primordial, et je m’y attelait de toute la volonté dont je pouvais disposer.

Lorsque je retournais vers ma solitude, ma chambre devenait mon sanctuaire. Ce lieu était pour moi synonyme de repos du corps et de l’esprit. Allongé sur mon lit, j’avais rendez-vous, grâce à la radio, avec mon amie fidèle, la musique.

Dans ces moments là, ma tête bouillonnait d’histoires de personnages et de situations qui m’aidaient à m’évader d’un quotidien difficile. Je vivais des histoires extraordinaires et la plongée dans cet imaginaire m’apaisait de mes tensions perpétuelles m’aidant également à trouver un sommeil que mes fréquentes crises d’angoisses altéraient quelque peu, la nuit.



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