La Grande Evasion

Alors que mon ami Pierre se remettait doucement mais sûrement de ses blessures, l’été pointa le bout de son nez..

Comme pour les enfants qui avaient profité autrefois, de journées en centre aéré, il existait à la fin des années soixante, un groupement de plusieurs communes de la région qui avait pour mission d’organiser des séjours en camps, en faveur d’adolescents dont les familles pour diverses raisons n’étaient pas en mesure de partir en vacances.

J’étais de ceux qui remplissaient les conditions nécessaires pour bénéficier des bienfaits du grand air. C’était seulement la deuxième fois de ma vie que je quittais ma famille et surtout je m’en allais découvrir la montagne, que je ne connaissais que par les livres ou les médias.

L’expérience du centre aéré avait été pour moi catastrophique mais j’avais vieilli et l’idée de découvrir de nouveaux horizons ne me déplaisait pas, j’étais même assez enthousiaste et bien décidé à m’intégrer au sein du groupe.

L’éloignement géographique stimulait en moi le désir d’écrire, et je m’attelais tous les jours à cette tache. Mon père recevait régulièrement par la poste, ce qui constituait en quelques sortes mon journal de vacances. Ce courrier abondant était aussi pour moi une formidable instrument de communication, papa étant ordinairement peu enclin à écouter mes confidences

 

Extrait du livre de mes mémoires

C’est ainsi qu’au début du mois d’août nous partîmes en car, piquer nos tentes dans un petit village Pyrénéen.

L’une des grandes qualités concernant l’organisation de ce séjour, fut que les moniteurs avaient laissé se regrouper les adolescents par affinités. Sous ma toile je n’avais donc comme colocataires que des copains d’enfance. Cette façon de procéder avait permis d’éviter une période d’adaptation car chacun des groupes restaient à l’aise dans son milieu, ce qui n’empêcha pas que s’établissent rapidement des contacts entre participants des diverses communes.

Les activités dans ce campement étaient des plus variées, les randonnées de jour succédaient à celles de nuit ou nous grimpions jusqu’aux neiges éternelles pour attendre et contempler le levé du soleil.

La vie en communauté était pour moi une expérience bénéfique car mon statut de fils unique ne m’avait jamais donné l’occasion d’être confronté à l’obligation du partage, ni à la discipline de groupe. La bonne entente entre personnes exigeait des contraintes et le respect de certaines règles et ce mode de vie que nous venions d’adopter provisoirement pour les vacances était la meilleur façon de nous enseigner nos droits mais aussi nos devoirs de jeunes citoyens.

Les soirées s’organisaient souvent autour d’un feu de camp et nous passions notre temps à chanter avec nos camarades filles, des airs populaires, tandis que d’autres s’essayaient à jouer de la guitare pour tenter de nous accompagner. Nous avions également la possibilité de danser car la municipalité avait mis à notre disposition une grange désaffectée qui nous servait de salle de cantine mais aussi de salle de bal.

Pendant notre séjour deux excursions en bus nous permirent de franchir pour la première fois de notre existence la frontière et de séjourner en Espagne pour y découvrir un autre mode de vie que celui de nos campagnes. L’Espagne fut pour moi également l’occasion de contracter une bonne gastro-entérite qui fit légion parmi notre troupe de jeunes vacanciers, à tel point que la municipalité dut mettre à disposition l’église du village pour abriter les malades incapables de coucher sous la tente à cause de leurs fréquentes nausées et de leurs diarrhées aiguës.

La dernière grande balade que nous fîmes avant notre grand retour, fut la visite de plusieurs plages méditerranéennes dont Collioure et Argeles sur Mer, des destinations qui représentaient pour moi le bout du monde. J’y découvrais le grand soleil et un climat beaucoup plus chaud que celui que l’on rencontrait habituellement sur les plages de l’atlantique, du moins durant les rares périodes pendant lesquelles je m’y étais rendu.

Nous avions également profiter de notre séjour dans cette région pour visiter à Thuir les caves des établissements Byrrh fabriquant d’apéritif ainsi qu’à Font Romeu le centre d’entraînement sportif des athlètes de haut niveau .

 Le rapatriement dans nos familles fut à l’arrivée des cars dans notre région natale un moment de tristesse et de nostalgie. Le moment de la séparation et des aux revoirs, fut l’occasion d’échange d’adresses entre habitants des différentes communes, avec la promesse de nous revoir dès que possible tant ces quinze jours passés en collectivité nous avaient semblé paradisiaques.

Cette expérience m’avait donné encore un peu plus le goût de la liberté, tout en me fortifiant l’esprit. J’étais certain de pouvoir désormais m’affirmer un peu plus en tant qu’adolescent et les premières rébellions envers l’autorité parentale n’allaient pas tarder à perturber la tranquillité familiale



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