9 novembre 1970

Nous étions en septembre, les prémisses de l’automne se faisaient sentir car les arbres commençaient à perdre leurs premières feuilles. La mort de mon père avait définitivement brisé les chaînes de son autorité parentale. Pas un seul obstacle ne mettait désormais un frein à la soif de liberté, que j’éprouvais comme tout adolescent qui se respecte. Sans protection ni surveillance, j’aurais pu verser dans la délinquance, mais rien ni personne ne m’a dévié à cette époque de ma trajectoire. Certains diraient qu’un ange protecteur veillait sur moi, d’autres seraient convaincus qu’il n’était pas inscrit dans mes gênes de vouloir faire le mal. Moi je pense tout simplement qu’aucune vilaine histoire n’était écrite dans le livre de mon destin.

Vivre mon autonomie fut d’abord de me rendre le plus souvent possible au lycée par mes propres moyens, l’autocar restant une option pour les jours de mauvais temps. C’était sans regret que je ne retrouvais pas les élèves qui avaient composés ma classe de l’année précédente. L’établissement étaient de part sa taille largement plus imposant que mon ancien collège, mais j’étais totalement indifférent à la chose, car largement forgé par mes bouleversements familiaux, je considérais simplement que mon avenir en ce lieu, rajoutait une pierre de plus, à l’édification incertaine de ma nouvelle vie.

La grisaille de novembre se tinta cette année là de noir. Charles de Gaulle mourut en emportant avec lui un morceau de notre histoire. L’événement largement commenté par les journaux réveillèrent en moi le souvenir de ces jours heureux de ma prime enfance où quelquefois, on écoutait solennellement, retransmis sur notre vieille TSF, les discours percutants de notre libérateur. C’est par ce qualificatif que mes parents m’avaient instruit de son existence. L’eau avait coulé depuis sous les ponts, le modernisme avait envahi les maisons et la révolution de mai 68 avait été fatale au vieil homme.

Le trimestre s’écoulait paisiblement et favorablement au niveau des cours, j’obtenais d’excellentes notes, et je n’avais qu’un seul regret, que mon père ne soit pas là pour que je lui offre ce cadeau. Je n’avais jamais eu de pression durant toutes mes années collèges, car papa savait que je travaillais pour le mieux, ce n’était donc pas sa disparition qui faisait la différence, mais plutôt l’orientation professionnelle que mes cours avaient pris. J’aimais ce que nos professeurs nous enseignaient.

Extrait du livre de mes mémoires

Au lycée ma classe était entièrement reconstituée de nouveaux élèves venus d’horizons différents, et je ne connaissais personne. Par contre je retrouvais régulièrement dans la cour, une amie qui sans être de ma classe, avait été collégienne en même temps que moi, et Bernard qui habitait notre petit village.

Nous avions également sympathisé avec Yvelines, une fille un peu bizarre, mais diablement attachante. Nous formions un petite équipe fidèle. A chaque récréations, nous nous réunissions sous le préau de l’école où nos discussions sur tel ou tel sujet de l’actualité, nous refaisions le monde.

Les parents d’Annie possédaient une petite société de maçonnerie. Cette entreprise familiale qui employait une dizaine d’ouvriers, alimentait ses chantiers, en fabriquant elle même, les parpaings dont elle avait besoin pour mener à bien ses travaux. Une partie de cette production était vendue à des particuliers. Pour être utilisés, les parpaings devaient être décollés des moules dans lesquels ils avaient été coulés, puis disposés sur des palettes pour assurer leur transport. Ce travail de manutention avait souvent besoin de main d’œuvre au moment ou le personnel de l’entreprise était occupé à d’autres tâches. Ma camarade avait proposé ma candidature à ses parents pour assurer cette besogne pendant les vacances et les week-ends. Mes premiers contacts avec le monde du travail commencèrent donc par cet emploi qui ne demandait pas de qualification professionnelle, mais qui exigeait une grande résistance physique ainsi qu’une bonne robustesse d’esprit afin de supporter les gestes répétitifs et le côté rébarbatif du métier.

J’étais récompensé de mes efforts car mes patrons étaient plutôt gentils avec moi et m’accueillaient à leur table à l’heure du déjeuner, avec les mêmes égards que si j’avais été un invité de marque.

De plus je recevais en échange de ma collaboration, une petite rémunération qui me permettrait de moins dépendre de ma grand mère, car notre situation financière était des plus précaires.



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