Le monde de la nuit

Je ne sais pas encore aujourd’hui pourquoi cette intuition qui m’habitait depuis les prémices de l’adolescence, m’avait poussé à me retrouver seul au milieu de la ville, par cette nuit fraîche et humide d’octobre, mais je savais que je trouverais très probablement dans cet univers excitant et angoissant à la fois, un certain nombre de réponses à ma curiosité. Il m’avait fallu franchir cette porte de bar, pour constater effectivement que le monde ne s’arrêtait pas au pied d’un clocher d’église et qu’il était temps pour moi de concevoir mon existence, autrement que par procuration.

Extrait du livre de mes mémoires

Mon nouvel ami était de sept ans mon aîné, âgé de vingt trois ans il avait déjà vécu bien des aventures. Considéré par son entourage comme un marginal, il avait quitté la région pour exercer sa profession de barman en plein centre de la capitale.

A cette époque, l’idée même d’évoquer Paris me transportait dans un rêve. Rien ni personne n’aurait pu m’en défaire. Il me racontait son histoire et au fil du temps devenait la quintessence de mon imagination. Il avait déjà tellement vécu, et je n’étais jamais sorti de mon trou, très vite sa présence à mes côtés me fut indispensable, il devenait le moteur de mes ambitions. Il était l’allié qui venait m’ouvrir les portes de ma prison.

Pourtant la métropole n’avait pas été son paradis, mais je n’étais pas en mesure de le constater, car je flottais et je flotterai pour un bon moment encore sur un gros nuage blanc.

Surmenage, éloignement et manque d’affection l’avaient plongé dans une grave dépression, à l’issue de laquelle il s’était retrouvé sans travail et sans ressources.

Sa maladie avait contribué à un semblant de réconciliation avec les siens, ce qui lui avait permis de revenir dans la région et de retrouver la voie de la guérison.

Il avait ramené dans ses bagages des souvenirs de rencontres insolites. Un pianiste d’origine noire américaine, avait fait parti de ses amis. J’eus la chance de rencontrer ce musicien. Il avait également connu la faune qui hante les boîtes de nuit de la capitale et qui étaient pour la plupart des personnalités aussi originales que différentes. Une richesse de cultures, une diversité de modes de vies et de pensées, que nous ne risquions pas de connaître dans nos provinces, tant l’uniformité était grande.

Il avait appris la tolérance et le respect des différences. Il savait pour l’avoir vécu que la discrimination conduit à la marginalisation à la solitude et à la mort sociale de l’individu. Toute cette philosophie était la mienne depuis bien longtemps et j’étais bien heureux de pouvoir enfin la partager avec quelqu’un.

Outre son activité de barman la nuit, il était également employé à temps partiel chez un disquaire dans la journée. Sa compétence en matière de musique était indéniable et je profitais de ses connaissances pour enrichir les miennes.

Les semaines s’écoulant, il m’avait fait ce privilège de me présenter les rares amis qu’il possédait dans notre petite ville provinciale et j’avais été très rapidement transporté dans un cercle d’intellectuels aisés dont le mode d’existence se plaçait aux antipodes de ce que j’avais pu imaginé jusqu’à présent. J’avais été ravi de lui faire connaître mon acolyte de Pierrot, mais ne souhaitant pas mélanger mes deux univers je n’avais pas fait en sorte qu’une seconde rencontre soit organisée.



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