Décembre

Le mois de décembre était désormais à l’affiche des calendriers, et l’hiver n’était pas en retard pour sa première offensive. J’abordais sereinement les vacances, car le trimestre s’était achevé pour moi sur un bilan plus que positif.

Le destin m’avait laissé un goût amer dans la bouche, et Noël que s’apprêtaient à célébrer la plupart des foyers, serait bientôt là pour accentuer la rancœur qui couvait en moi.

Je n’étais cependant pas encore suffisamment brisé, pour être insensible à la nativité, l’éducation que j’avais reçu de ma mère perdurait quelques part dans mon esprit, mais je savais que je passerais à côté de l’événement, en réponse à cette cruelle injustice qu’une soit disant volonté divine m’avait imposée sans que j’en sache réellement la raison.

Pour la première fois de mon existence la crèche et ses décorations resteraient dans leurs emballages. Quant aux manifestations religieuses, elle se dérouleraient sans ma présence.

La vie n’est pas que synonyme de défaites, elle peut aussi prendre des allures de victoires. Notre précarité financière ne nous permettant aucun écart, nous aurions cependant ma grand-mère et moi, un grand cadeau à nous offrir ce soir de réveillon, celui d’avoir trouvé l’argent nécessaire pour nous chauffer correctement pendant le reste de la saison.

Je n’en redouterais pas moins l’heure du coucher, car si il est vrai que j’aimais profondément ma solitude, je n’avais pas choisi celle qui me privait de mes parents, et n’ayant pas encore réalisé mon deuil, mon sommeil serait fortement perturbé, au regard de cette névrose qui n’avait de cesse de m’empoisonner la santé, depuis que papa nous avait quitté. Les larmes de soulagement de seraient hélas toujours pas au rendez-vous.

Extrait du livre de mes mémoires

Cholet était plus riche que nos petits villages de campagne, et la municipalité s’autorisait l’installation de quelques guirlandes électriques dans ses principales artères commerçantes. Les premiers supermarchés avaient vu le jour dans des quartiers extérieurs, mais il existait pour un temps encore deux grands magasins de type Samaritaine dans le centre ville. Un sapin géant trônait au milieu de la grand place, mais son ornementation était encore bien modeste au regard de ces débauches de lumières de notre vie moderne.

Mes escapades nocturnes me permettaient de constater le profond bouleversement qui était en train de s’opérer dans la société. La consommation de masse et le matérialisme s’affichaient à grand renfort de publicités, l’aspect profane de la fête prenait petit à petit le pas sur l’aspect religieux.

En m’arrêtant devant une devanture de magasin, j’observais la décoration réalisée à l’aide de vieux jouets des années cinquante, et je me souvins de cette discussion que j’avais eu avec ma mère lorsqu’elle était revenu de la ville et qu’elle m’avait raconté le père noël et son échoppe de jeux, c’était son dernier hiver, ce fut mes ultimes rêves de petit enfant.



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