Les meurtrissures du destin

Il pleuvait en ce début de janvier, l’eau ruisselait sur mon visage et sur mes cheveux mouillés, mais je ne sentais pas l’humidité pénétrer à l’intérieur de mes vêtements. Mon regard n’avait de cesse de fixer la petite plaque d’ardoise qui identifiait désormais la tombe de mes parents. Le décès de mon père avait mis mes nerfs à dure épreuve et mes muscles toujours terriblement contractés me faisaient souffrir à travers tout le corps. Je me sentais vieux.

Ma délivrance aurait très certainement pu venir par les larmes, mais je n’étais en mesure d’en verser une seule. Au contraire, rien dans mon attitude me donnait l’espoir d’un quelconque changement. Je restais impassible et froid sans savoir vraiment bien pourquoi il en était ainsi et pas autrement.

Ma présence en ce lieu de repos éternel m’apportait néanmoins un peu de cette nourriture spirituelle qui paradoxalement me manquait alors que je m’étais volontairement éloigné des églises. Je sentais comme une présence à l’intérieur de moi et je me surprenais de brefs moments à penser positivement en l’avenir.

Tout entier occupé à gérer mes propres tourments, je n’avais jusqu’à présent pas prêté attention à mon aïeule qui payait également très cher d’être née sur cette terre.

Extrait du livre de mes mémoires

De son côté mon aïeule ne cherchait pas à se libérer de cette tristesse qui l’envahissait tous les jours un peu plus. Son visage s’était débarrassé de toutes expressions en dehors de celle qui dénonce une profonde mélancolie de l’esprit.

Malgré les visites régulières de quelques membres de sa famille, elle était devenu taciturne et encore plus mystérieuse qu’avant. Son attitude parfois incohérente me faisait redouter un nouveau drame, et je n’avais de cesse de découvrir l’origine de ce comportement.

Cette situation évoluait de manière négative, et me préoccupait la pensée chaque jour un peu plus. J’avais tenté d’aider mon père à porter sa croix et j’étais supposé être libéré de ce fardeau depuis sa mort, mais je prenais conscience tout à coup que mon mal être venait du fait que grand-mère avait pris le relais de son fils et qu’il me faudrait désormais l’aider à supporter à son tour les meurtrissures de son destin.



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