Précarité pécuniaire

Mon état de santé ne cessait pas de se dégrader. Je souffrais continuellement de douleurs musculaires, mais aussi et surtout de maux de têtes qui me clouaient au lit dès que ma journée d’école s’achevait.

Mes conditions de vie n’étaient sans doute pas étrangères à cet état de fait.

En effet mes problèmes d’ordre psychologique ne m’exonéraient pas de mes soucis financiers, et l’année soixante et onze ne débutait pas sous les meilleurs hospices. Malgré l’allocation d’orphelin ainsi que la gratuité de la cantine scolaire auxquelles j’avais droit, l’argent que nous avions perçu à la mort de mon père et qui correspondait au capital décès était désormais dépensé.

En dehors de mes prestations, il nous restait pour vivre exclusivement la petite pension trimestrielle de retraite de ma grand-mère, majorée du montant du loyer versé par l’allocataire d’une petite maison située dans la ville voisine et dont nous étions propriétaire. Cette modeste rentrée d’argent nous aidait à payer notre propre loyer mais ne suffisait pas à nous sortir d’une situation trop souvent périlleuse. Nous avions malgré tout, la satisfaction de ne pas avoir de dettes.

La privation n’était pas pour moi une punition car je n’avais pas été élevé dans le désir du toujours plus. Ce trait de caractère me faisait percevoir l’abandon de la plupart de mes projets non pas comme un sacrifice, mais plutôt comme un effort nécessaire. Rien n’empêchait cependant notre lente descente aux enfers, et c’était de plus en plus le sentiment de honte qui prédominait face à cette précarité pécuniaire que je n’avais pas mérité de connaître.

 

Extrait du livre de mes mémoires

Le mois d’avril était le mois de mon anniversaire. Je n’avais jamais encore osé réunir mes amis, mais les nouvelles circonstances que furent le décès de mon père, ainsi que l’entrain avec laquelle j’avais transformé le décor intérieur de notre maison, me permirent d’envisager la possibilité d’un tel rassemblement. Il me fallut d’abord surmonter le sentiment de honte que la vétusté de notre demeure m’inspirait. La précarité est un état de fait qui donne toujours à celui qui en est victime l’impression d’être responsable de cette pauvreté et les sentiments qu’elle inspire ne sont pas toujours faciles à gérer. Néanmoins je réussi à vaincre mon appréhension et ma petite fête put se dérouler sans incident. J’étais satisfait d’avoir franchi ce pas, d’autant plus que j’avais été invité de nombreuses fois chez des amis et que je n’avais jamais pu rendre la pareille



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