Le mal qui ronge de l’intérieur

Pleinement occupé à gérer mon propre chagrin je n’avais guère prêté d’attention à mon aïeule depuis le décès de mon père. Peu loquace et encore moins encline à exprimer ses émotions, j’arrivais cependant à constater l’étrangeté de plus en plus fréquente de son comportement. A ce titre, ma surveillance s’accroissait au fur et à mesure que le doute s’immisçait dans mon esprit. Mes craintes se certifiaient, d’autant plus qu’en faveur d’une nuit de sommeil perturbé, il m’était venu à la mémoire une scène de dispute à laquelle j’avais assisté entre mon père et sa mère, que je n’étais plus en mesure de situer dans le temps. A l’époque j’avais sans doute pris conscience d’un problème, mais j’avais refusé en bloque de supporter ce nouveau cauchemar. A présent il me fallait me rendre à l’évidence, au sentiment d’humiliation que suscitait en moi notre précarité financière, s’ajoutait désormais l’image dégradante de la dépendance alcoolique d’un être cher.

Il m’était impossible de savoir quelle attitude adoptée, face à une telle situation. Nous vivions une époque ou ce genre de drame, lorsqu’il était vécu par les familles, restaient un sujet absolument tabou. Des numéros d’appels téléphoniques d’urgence, ou des associations d’aide aux personnes en difficulté appartenaient encore au domaine de la science fiction ou du moins dans nos campagnes nous n’étions pas du tout informés de l’existence de tels services.

De par mon éducation je me plaçais plus dans la position de coupable que dans celle de la victime. Il me fallait impérativement sauver les apparences et c’est ainsi que l’on suture une plaie avant de la soigner. Le mal est caché, mais il vous ronge de l’intérieur. Le mal allait me ronger pendant plusieurs années.

En voulant me protéger, j’étais devenu mon propre bourreau alors que mes efforts je le sus bien plus tard, étaient complètements inutile. Tout le monde savait mais personne ne disait mot.

Extrait de mes mémoires

Ma grand mère, cadette d’une famille de deux enfants, était née en mille neuf cent dix, avec un handicap physique qui l’avait mis dès sa naissance à l’écart de la société. De plus sa santé fragile l’avait conduit plusieurs fois à l’hôpital, y compris pendant la période difficile de la grande guerre 14/18, où elle avait dû être soignée d’une maladie de peau. L’adultère de sa mère, pendant que son père était sur le front, avait conduit le couple à se séparer. Le divorce de ses parents, procédure judiciaire excessivement rare dans les milieux ouvriers du moment, l’avait traumatisé d’autant qu’elle subissait les effets négatifs du regard des honnêtes gens. Le remariage de son père avec une veuve, mère de trois enfants, n’avait fait qu’accentuer son mal être. Le manque de place au sein du foyer familial, avait contraint son père à faire appel à la solidarité. Il avait donc décidé que la plus jeune de ses filles, devrait passer les nuits chez sa grand mère paternelle. Aussi tous les soirs, mon aïeule devait faire son balluchon et prendre congés de sa famille afin de pouvoir disposer d’un toit et d’un lit pour y dormir.

Les rapports qu’elle entretenait avec sa belle mère, n’étaient pas au beau fixe, bien que celle-ci fut à l’origine de l’amélioration de ses conditions de vie. Déhanchée depuis sa naissance, ma grand-mère ne pouvait pas marcher, autrement qu’en boitant et cette tare congénitale ne faisait que s’aggraver avec la croissance. La seconde épouse de son père décida donc d’un rendez vous chez un spécialiste qui aboutit à l’élaboration d’une chaussure orthopédique adaptée à l’infirmité de sa belle fille.

La loi condamnant les individus coupables d’adultère, grand-mère ne revit jamais sa mère, ni ses grands-parents maternels.

Lorsque elle épousa mon grand-père en mille neuf cent trente, mon père était déjà en route, la privant de ce fait d’un mariage en blanc.

Elle passa quelques temps de sa vie à soigner deux de ses proches. Pendant la guerre de 39/45 mon grand-père, maçon de métier, fut recruté par le STO ( service de travail obligatoire). Il passa une partie de l’occupation, à construire au Conquet, des blockhaus en béton pour le compte de l’armée allemande.

Lorsque son mari mourut prématurément en mille neuf cent cinquante et un, son unique garçon accomplissait son service militaire au Maroc. Elle dut vivre isolée et continuer à se rendre à pied et par tous les temps, à l’usine de tissage pour assurer son existence.

A son retour de l’armée, son fils se maria et parti vers d’autres horizons, tandis qu’elle se retrouva de nouveau seul et au chômage, la crise dans le tissage ayant contraint bon nombre d’usines à fermer leurs portes.

C’est en mille neuf cent soixante et un au décès de sa belle fille que sa vie bascula. Le destin l’ayant désigné d’office, elle dut quitter sa maison pour se vouer à mon éducation.

A présent c’était à au tour de son propre fils de disparaître et il fallait continuer encore et toujours le chemin sans apercevoir au loin l’horizon.

N’est-il pas permis dans ces conditions d’avoir des faiblesses ? Moi ton petit fils je te pardonne.



Fenêtre sur la liberté

Le front populaire de mille neuf cent trente six avait accordé aux français deux semaines de congés payés, mais dans la plupart des cas, la condition ouvrière ne permettait pas aux familles appartenant à ce milieu de partir en vacances.

L’essor économique que nous connaissions depuis la fin des années soixante changeait les donnes. L’amélioration sensible des conditions de vie, permettait désormais à bien des foyers de concrétiser leurs envies, créant par la même occasion de nouveaux besoins, prémices de cette consommation de masse qui partage à présent notre quotidien.

Comme dans toutes sociétés, il existait pour des raisons diverses, des minorités qui restaient, involontairement à l’écart du progrès. J’étais de ceux qui regardaient cette vie nouvelle à travers les carreaux, mais qui tentait de temps en temps d’ouvrir la fenêtre. C’est dans ce contexte, mais aussi grâce à la générosité de mon oncle qu’en ce mois d’août je m’autorisais une évasion du côté du bonheur.

Mes cousines avaient fait partie pendant toute ma prime enfance, de ces foyers privilégiés qui durant la période estivale profitaient des bienfaits de l’océan. Le cœur serré, j’avais assisté pendant toutes ces années à leur départ vers un autre monde que celui dans lequel je devais sans cesse me débattre.

Comme pour fermer la page de cette époque désormais révolue, mon oncle en quittant le lieu où il m’avait vu grandir en même temps que ses filles, m’offrait à présent la maison en toile que j’avais pu voir si souvent calée dans le coffre bien rempli de la voiture familiale.

Extrait du livre de mes mémoires

 

Lorsque mon oncle Maurice avait quitté avec sa famille notre petite commune, pour s’installer dans sa nouvelle maison de la ville voisine, il m’avait proposé sa vieille tente de camping qui bien qu’elle fût passablement défraîchie, pouvait encore rendre service à des jeunes peu exigeants. J’avais donc accepté l’offrande et pouvais désormais autrement que dans un encadrement programmé, partir comme toute le monde vers la liberté.

J’aurai souhaité partager ces moments de soleil avec mon ami Pierre, mais son travail l’empêchait de s’éloigner plus d’une journée de chez lui.

Toujours aussi généreux et à défaut de pouvoir m’accompagner, il avait proposé d’effectuer le transport des personnes et du matériel avec sa propre voiture, jusqu’à notre destination finale. Dans ce périple son frère Jean m’accompagnait ainsi que deux autres camarades avec lesquels nous avions usés les fonds de culottes sur les bancs de la même école primaire.

Nous avions choisi la côte Vendéenne, comme lieu de villégiature, et de planter notre toile à proximité d’une équipe de vacanciers également de notre village.

Nous passions le plus clair de nos journées, à profiter du soleil. Le retour de la plage était souvent émaillé de contestations et de chamailleries sur la qualité du bronzage. Un esprit bon enfant qui contrastait fortement avec mes habitudes de vie.

Je me rappelle que nous fréquentions quotidiennement un bar dont la serveuse légèrement plus âgée que moi était devenue une amie. Nous avions été invités à une soirée dansante, soirée au cours de laquelle nous avions tous un peu trop bu.

L’expérience m’apportait beaucoup dans mon combat permanent contre la solitude que je recherchais le plus souvent comme une sorte de refuge.



Décision difficile

Le ciel lumineux de ce début d’été me forçait à cligner des yeux. Gardien de notre mémoire collective, notre petit cimetière écrasé de chaleur était déserté de ses visiteurs. Assis sur la dalle en pierre brûlante d’une tombe avoisinante celle de mes parents, je profitais des bienfaits du soleil pour soulager mon corps endolori par des épreuves sans cesse renouvelées. J’étais posé là au milieu du silence éternel, occupé dans mes prières à confier ma profonde amertume. Les raisons de ma rancœur s’expliquaient par le choix douloureux qu’il m’avait fallu faire au sujet de mon orientation scolaire.

L’année s’était achevée brillamment pour moi et le milieu professoral m’encourageait à poursuivre dans une voie qui ne pouvait plus être la mienne. Deux ans d’études jusqu’au baccalauréat, c’était le délais maximum que je me fixais avant d’entrer dans la vie active. J’avais le besoin viscéral de sortir de cette période de précarité, aussi ce sacrifice me paraissait inéluctable. Passer ce nouvel obstacle et m’affranchir de toute urgence des regrets suscités, tel devait être ma ligne de conduite.

En sonnant les douze coups de midi, l’horloge de l’église me fit sortir de mes pensées. Je devais quitter ce lieu si apaisant pour retrouver le monde des vivants.

La page était donc tournée et comme une note positive au milieu du marasme je songeais désormais à mon prochain job saisonnier qui me procurerait la bouffée d’oxygène dont j’avais expressément besoin.

 

Extrait du livre de mes mémoires

L’année scolaire s’achevait alors que mes résultats n’avaient jamais été aussi bon. J’avais contesté la décision du conseil d’orientation qui me destinait à des études longues de sciences économiques correspondant au bac B de l’époque. J’avais été convoqué par la proviseur auquel j’avais expliqué les raisons de mon refus. Il me fallait en effet terminer rapidement mes études et rentrer au plus vite dans la vie active car j’étais confronté à d’importantes difficultés financières, auxquelles il fallait trouvé une solution. Ce fut avec beaucoup d’amertumes que je choisis de terminer mes années lycée en section G2 comptabilité gestion. Le proviseur n’insista pas pour me faire changer d’avis et me confirma que la prochaine rentrée serait marqué par le déménagement des sections G et B dans les locaux d’un établissement entièrement neuf, car inauguré l’année en cours, le lycée Europe Schuman.

Au mois de juillet, je pus travailler à la Thomson CSF. Cette possibilité me fut offerte par un professeur qui m’avait enseigné les mathématiques l’année de ma troisième. Il avait d’ailleurs assisté à la sépulture de mon père et m’avait garanti après la cérémonie, qu’il m’aiderait à trouver un emploi pour les vacances prochaines. Il avait tenu sa promesse. Cette usine fabriquait des postes de transmissions pour l’armée. Je fus affecté au service archives à faire du classement, travail rébarbatif mais moins harassant et mieux rémunéré que la mise en palettes des parpaings tel que j’avais pu le pratiquer.



Saloperie dans nos veines

Notre monde moderne croule sous des réglementations de toutes sortes, qui déresponsabilisent de plus en plus les personnes. A l’inverse, au début des années soixante dix, nous traversions une époque d’insouciance collective.

Le milieu scolaire organisait souvent des réunions d’informations, sur le thème des risques liés à la prise illicite de drogues. Ce fléau touchait effectivement les grandes villes, mais fort peu notre milieu rural. Nous étions davantage concernés par un danger nettement plus présent, et qui passait pourtant sous silence, la surconsommation de tabac et d’alcool, qui faisait partie d’un mode de vie ancestral. Ce phénomène reste d’actualité, mais n’est plus un sujet tabou, et notre gouvernement a le mérite de légiférer, pour essayer d’améliorer la situation.

L’addiction n’était d’ailleurs pas dans ces moments, un mot de notre vocabulaire.

Sans aucun état d’âme, la plupart des hommes, mais également de plus en plus de femmes, ne résistaient pas au plaisir d’en griller une. Toute la population respirait ainsi une atmosphère constamment viciée, aussi bien dans les lieux publiques que dans les lieux privés, sans que cela ne provoque le moindre émoi, particulièrement parmi les victimes passives de cette pollution.

L’absorption de boissons alcoolisées était aussi une institution . Ne pas offrir de vin, même de qualité moyenne, aurait été presque considéré comme un blasphème par les invités, et nul ne s’essayait à tenter l’expérience. Pire encore, boire jusqu’à plus soif restait dans les us et coutumes de la gent masculine, un signe indéniable de virilité.

Mes habitudes ne différaient pas de celles de mes concitoyens. La cigarette partageait mon quotidien et le décès de mon père n’avait fait qu’amplifier mon penchant. Si je ne buvais pas régulièrement du vin, je ne pouvais cependant pas prétendre à une sobriété parfaite, car il m’arrivait lors de réunions bien arrosées, de connaître les sensations très artificielles du bien-être provoquées par un état d’ivresse quelquefois bien avancé.

L’ennemi était bien trop familier dans ma vie pour que je me rende compte de la menace qui pesait depuis longtemps sur ma maison, et pourtant le mal produisait petit à petit ses effets, faisant enfin naître en moi le doute.

Méditations

Saloperie, tu coules dans nos veines.

Tu t’insinues dans nos corps et nos têtes.

C’est vrai tu permets d’oublier nos peines.

Mais tu fais très chèrement payer nos dettes.

Saloperie, tu fais de nous des pantins.

Que tu envoies vers les bas fonds.

Nous faisant croire que tu nous tends la mains.

Pour nous faire plonger au plus profond.



Mes quatre vies

Ma vie à cette époque se scindait en quatre points.La partie la plus sombre, mais aussi la plus hermétique de mon existence, c’était celle que je subissais lorsque je rentrais à la maison. Elle ne m’inspirait rien d’autre que de la tristesse et de l’ennui.

La misère sera bien près d’être soulagée le jour où l’on se décidera à la connaître dans ses souffrances et dans ses hontes. Encore faut-il que le misérable accepte qu’on lui vienne en aide. Bien souvent l’être rabaissé préfère se tapir dans son coin plutôt que de surmonter le déshonneur que suscite en lui les conditions difficiles dans lesquelles il doit tant que bien mal essayer de surnager. J’étais de ces individus qui déplorent l’égoïsme du monde, mais qui refusent une quelconque intervention extérieure dans ses affaires.

L’état dans laquelle notre location se trouvait à présent, ne pouvait que me persuader encore un peu de ne plus inviter mes amis à nous rendre visite. J’écartais l’idée de faire de mes intimes les témoins de cette humiliation et les rares personnes qui pouvaient encore se rendre compte de notre situation étaient composées uniquement de membres de notre famille.

Mes journées au lycée me permettaient d’exprimer au mieux mon adolescence, c’était la partie la plus conventionnelle de mon destin, celle qui me faisait retrouver tous les matins notre petite bande de fidèles dans la cour de récrée. Rien dans mon image ne me distinguait des autres élèves, je portais les cheveux longs et suivais la mode vestimentaire, autant qu’il me soit possible de la faire. Mes éclats de rire et ma bonne humeur ne laissaient rien transpirer de ce que j’allais retrouver chez moi le soir.

Mes week-ends restaient le moment le plus fraternel de mon emploi du temps. Pierre n’avait de cesse de me prouver son dévouement à mon égard. Derrière sa désinvolture et sa supposée naïveté, se cachait un être profondément respectueux de ma pudeur, et qui faisait montre de beaucoup de générosité.

Enfin mes escapades nocturnes continuaient d’alimenter le côté clandestin de ma personnalité. Je rendais toujours aussi souvent visite à mes intellectuels d’amis dans des réunions qui s’achevaient parfois bien tard, mais pas simplement. Il m’arrivait aussi de préférer ma solitude, je marchais alors des heures durant jusqu’à ce que le sommeil me pousse à rentrer me coucher, en espérant que cette fatigue volontairement accumulée, triomphera des angoisses, mes perpétuelles ennemies. .

 

MéditationLa ronde de la nuit

Quand le soir tombe sur le monde, s’invite la diablesse.

Elle nous renvoie le miroir aux images qui blessent.

Quand la nuit fait sa ronde, c’est la solitude qui gronde.

Elle nous ouvre le tiroir aux souvenirs qui inondent.

Tous ces visages du passé, qu’on s’efforce d’oublier.

Comme un cri qui s’envole, qu’on est seul à écouter.

Tous ces fantômes ignorés, qui hantent nos pensées.

Comme une larme qui coule, qu’on est seul à essuyer.

Elle est là tapis dans l’ombre, attend que le noir tombe.

S’inventant comme un songe qui n’a plus lieu d’exister.

Elle est là drapée de noir, rêve que l’obscurité abonde.

Nous renvoie notre histoire, sous nos paupières fermées.

Chaque soi seul, je repousse notre rencontre.

Je maudits cet instant, reculant les aiguilles de ma montre.

Où contre elle, je dois combattre cette douleur qui ronge.

Car dans le lac des angoisses, sans remord elle me plonge.

Seul avec mes écrits, dans cette opacité je prends les armes.

Muni de ma plume, je suis le gardien de mes propres larmes.

Je resterai le veilleur du monde, de ma souffrance que je peins

Jusqu’à ce que mes yeux se ferment sur mon passé qui s’éteint.



La nature de l’homme

Que l’on prétende l’existence d’un Dieu ou le contraire, tout le monde doit convenir que l’origine de notre univers reste et restera pour longtemps encore, un grand mystère. A cette époque je partageais la foi de ceux qui avaient en plus de remplir leurs assiettes, le besoin de cette nourriture spirituelle qui donne incontestablement un sens à la vie. Malgré cette terrible perplexité qui c’était installée en moi quand mon père s’en était allé, je n’avais jusqu’alors pas totalement perdu l’espoir d’un appel divin, sorte de pacte d’apaisement, et de confiance en l’avenir, qui me serait adressé en échange des souffrances endurées.

Malheureusement je restais sans un signe de l’au-delà, et il me fallait rajouter en plus à ma déception, l’amère constatation d’une nature humaine parfois bien vilaine. Le propriétaire de notre logement nous en avait donné par ses agissements, une preuve irréfutable.

Fallait-il que je lui en veuille à ce point ?

J’étais moi même un être de chair et de sang et je me sentais de plus en plus coupable de mes propres faiblesses. Cette culpabilité me poussait à penser tous les jours un peu plus que les différents obstacles qui barraient mon chemin n’étaient pas une mise à l’épreuve mais plutôt le châtiment qui m’était réservé en réparation de cette part de moi, qui n’étais pas en conformité avec les règles de vie que l’on m’avait enseignées.

La facture me paraissait terriblement lourde et largement disproportionnée, aussi ma tristesse grandissait au fur et à mesure que ma certitude d’être mal aimé s’affirmait. Le doute cédait progressivement sa place à la peur du lendemain, avec pour conséquences une perte totale de confiance en moi.

Cet esprit négatif ne m’aidait pas à surmonter les troubles physiques qui m’assaillaient de toute part. Mes douleurs musculaires ne me quittaient plus, mes maux de têtes s’amplifiaient, quant à mes crises d’angoisses, il fallait désormais que je les supportent au quotidien.

J’avais néanmoins la faculté de ne rien laisser paraître en société, mais le mal me rongeait de l’intérieur et lorsque je me retrouvais seul, la rage me pénétrait le corps, et il m’arrivait parfois de scarifier ma peau pour que la violente douleur engendrée me fasse jaillir les larmes que je n’arrivais plus à verser.

Méditations

Un homme était assis, seul, plongé dans la tristesse. Alors tous les animaux s’approchèrent et dirent :

«  Nous n’aimons pas te voir si triste, demande nous ce que tu veux, et tu seras exaucé.  »

L’homme dit :

«  Je veux avoir une bonne vue.  »

Le vautour répondit :

«  Tu auras la mienne.  »

L’homme dit :

«  Je voudrais être fort.  »

Le jaguar répondit :

«  Tu sauras aussi fort que moi.  »

Alors l’homme poursuivit :

«  Je rêve de connaître les secrets de la terre.  »

Le serpent répondit :

«  Je te les montrerai.  »

Il en fut ainsi de tous les animaux, et quand il eut tous les dons qu’ils avaient à offrir, l’homme partit.

Alors le hibou dit aux autres :

«  Maintenant que l’Homme est très instruit et très adroit, la peur me vient.  »

«  L’Homme a tout ce qu’il lui faut, sa tristesse va disparaître,  » dit le cerf.

«  Non  » rétorqua le hibou.

«  J’ai vu une faille en l’Homme, aussi profonde qu’une faim insatiable.  »

«  Voilà ce qui le rend triste, voilà ce qui le rend envieux.  »

«  Il prendra encore et toujours plus, jusqu’à ce que le monde lui dira :  »

«  J’ai cessé d’exister et n’ai plus rien à donner.  »



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