Mes quatre vies

Ma vie à cette époque se scindait en quatre points.La partie la plus sombre, mais aussi la plus hermétique de mon existence, c’était celle que je subissais lorsque je rentrais à la maison. Elle ne m’inspirait rien d’autre que de la tristesse et de l’ennui.

La misère sera bien près d’être soulagée le jour où l’on se décidera à la connaître dans ses souffrances et dans ses hontes. Encore faut-il que le misérable accepte qu’on lui vienne en aide. Bien souvent l’être rabaissé préfère se tapir dans son coin plutôt que de surmonter le déshonneur que suscite en lui les conditions difficiles dans lesquelles il doit tant que bien mal essayer de surnager. J’étais de ces individus qui déplorent l’égoïsme du monde, mais qui refusent une quelconque intervention extérieure dans ses affaires.

L’état dans laquelle notre location se trouvait à présent, ne pouvait que me persuader encore un peu de ne plus inviter mes amis à nous rendre visite. J’écartais l’idée de faire de mes intimes les témoins de cette humiliation et les rares personnes qui pouvaient encore se rendre compte de notre situation étaient composées uniquement de membres de notre famille.

Mes journées au lycée me permettaient d’exprimer au mieux mon adolescence, c’était la partie la plus conventionnelle de mon destin, celle qui me faisait retrouver tous les matins notre petite bande de fidèles dans la cour de récrée. Rien dans mon image ne me distinguait des autres élèves, je portais les cheveux longs et suivais la mode vestimentaire, autant qu’il me soit possible de la faire. Mes éclats de rire et ma bonne humeur ne laissaient rien transpirer de ce que j’allais retrouver chez moi le soir.

Mes week-ends restaient le moment le plus fraternel de mon emploi du temps. Pierre n’avait de cesse de me prouver son dévouement à mon égard. Derrière sa désinvolture et sa supposée naïveté, se cachait un être profondément respectueux de ma pudeur, et qui faisait montre de beaucoup de générosité.

Enfin mes escapades nocturnes continuaient d’alimenter le côté clandestin de ma personnalité. Je rendais toujours aussi souvent visite à mes intellectuels d’amis dans des réunions qui s’achevaient parfois bien tard, mais pas simplement. Il m’arrivait aussi de préférer ma solitude, je marchais alors des heures durant jusqu’à ce que le sommeil me pousse à rentrer me coucher, en espérant que cette fatigue volontairement accumulée, triomphera des angoisses, mes perpétuelles ennemies. .

 

MéditationLa ronde de la nuit

Quand le soir tombe sur le monde, s’invite la diablesse.

Elle nous renvoie le miroir aux images qui blessent.

Quand la nuit fait sa ronde, c’est la solitude qui gronde.

Elle nous ouvre le tiroir aux souvenirs qui inondent.

Tous ces visages du passé, qu’on s’efforce d’oublier.

Comme un cri qui s’envole, qu’on est seul à écouter.

Tous ces fantômes ignorés, qui hantent nos pensées.

Comme une larme qui coule, qu’on est seul à essuyer.

Elle est là tapis dans l’ombre, attend que le noir tombe.

S’inventant comme un songe qui n’a plus lieu d’exister.

Elle est là drapée de noir, rêve que l’obscurité abonde.

Nous renvoie notre histoire, sous nos paupières fermées.

Chaque soi seul, je repousse notre rencontre.

Je maudits cet instant, reculant les aiguilles de ma montre.

Où contre elle, je dois combattre cette douleur qui ronge.

Car dans le lac des angoisses, sans remord elle me plonge.

Seul avec mes écrits, dans cette opacité je prends les armes.

Muni de ma plume, je suis le gardien de mes propres larmes.

Je resterai le veilleur du monde, de ma souffrance que je peins

Jusqu’à ce que mes yeux se ferment sur mon passé qui s’éteint.



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