Fenêtre sur la liberté

Le front populaire de mille neuf cent trente six avait accordé aux français deux semaines de congés payés, mais dans la plupart des cas, la condition ouvrière ne permettait pas aux familles appartenant à ce milieu de partir en vacances.

L’essor économique que nous connaissions depuis la fin des années soixante changeait les donnes. L’amélioration sensible des conditions de vie, permettait désormais à bien des foyers de concrétiser leurs envies, créant par la même occasion de nouveaux besoins, prémices de cette consommation de masse qui partage à présent notre quotidien.

Comme dans toutes sociétés, il existait pour des raisons diverses, des minorités qui restaient, involontairement à l’écart du progrès. J’étais de ceux qui regardaient cette vie nouvelle à travers les carreaux, mais qui tentait de temps en temps d’ouvrir la fenêtre. C’est dans ce contexte, mais aussi grâce à la générosité de mon oncle qu’en ce mois d’août je m’autorisais une évasion du côté du bonheur.

Mes cousines avaient fait partie pendant toute ma prime enfance, de ces foyers privilégiés qui durant la période estivale profitaient des bienfaits de l’océan. Le cœur serré, j’avais assisté pendant toutes ces années à leur départ vers un autre monde que celui dans lequel je devais sans cesse me débattre.

Comme pour fermer la page de cette époque désormais révolue, mon oncle en quittant le lieu où il m’avait vu grandir en même temps que ses filles, m’offrait à présent la maison en toile que j’avais pu voir si souvent calée dans le coffre bien rempli de la voiture familiale.

Extrait du livre de mes mémoires

 

Lorsque mon oncle Maurice avait quitté avec sa famille notre petite commune, pour s’installer dans sa nouvelle maison de la ville voisine, il m’avait proposé sa vieille tente de camping qui bien qu’elle fût passablement défraîchie, pouvait encore rendre service à des jeunes peu exigeants. J’avais donc accepté l’offrande et pouvais désormais autrement que dans un encadrement programmé, partir comme toute le monde vers la liberté.

J’aurai souhaité partager ces moments de soleil avec mon ami Pierre, mais son travail l’empêchait de s’éloigner plus d’une journée de chez lui.

Toujours aussi généreux et à défaut de pouvoir m’accompagner, il avait proposé d’effectuer le transport des personnes et du matériel avec sa propre voiture, jusqu’à notre destination finale. Dans ce périple son frère Jean m’accompagnait ainsi que deux autres camarades avec lesquels nous avions usés les fonds de culottes sur les bancs de la même école primaire.

Nous avions choisi la côte Vendéenne, comme lieu de villégiature, et de planter notre toile à proximité d’une équipe de vacanciers également de notre village.

Nous passions le plus clair de nos journées, à profiter du soleil. Le retour de la plage était souvent émaillé de contestations et de chamailleries sur la qualité du bronzage. Un esprit bon enfant qui contrastait fortement avec mes habitudes de vie.

Je me rappelle que nous fréquentions quotidiennement un bar dont la serveuse légèrement plus âgée que moi était devenue une amie. Nous avions été invités à une soirée dansante, soirée au cours de laquelle nous avions tous un peu trop bu.

L’expérience m’apportait beaucoup dans mon combat permanent contre la solitude que je recherchais le plus souvent comme une sorte de refuge.



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