Vilain destin d’un important dessein

La France continuait sa forte expansion économique, amorcée au début des années soixante. Notre petit village profitait largement de cette croissance de plus en plus soutenue et sortait progressivement de l’immobilisme, dans lequel il était plongé depuis des décennies.

L’augmentation du pouvoir d’achat contribuait à l’amélioration du confort des ménages. Le téléphone n’était pas encore monnaie courante, mais l’univers de l’automobile était désormais en marche, et l’accession à la propriété se démocratisait dans les mêmes proportions.

C’est dans ce contexte que dans notre commune fleurissaient comme des pâquerettes au printemps, de nouvelles constructions regroupées dans un lotissement situé aux abords de l’étang, et quasiment achevé en ce mois de septembre mille neuf cent soixante et onze. Beaucoup de nouveaux travaux étaient également en cours d’élaboration.

A l’inverse du mouvement général, notre lente ascension sociale s’était interrompue avec le décès de mon père, et son important dessein, qui devait révolutionner notre existence, avait été enterré avec lui.

Extrait du livre de mes mémoires

Comme il l’avait déjà exprimé à l’égard de mon oncle, notre logeur avait manifesté quelques temps avant la mort de mon père, le désir de reprendre également possession de notre location. Il laissait à papa largement le temps de prendre ses dispositions, car cette décision ne rentrerait en application qu’à moyen terme. Il lui demandait juste d’y penser. Mon géniteur qui n’avait jamais voulu passer son permis de conduire, et qui se rendait à pied à son travail, voyait d’un mauvais œil un déménagement qui le contraindrait peut-être à des déplacements plus importants, alors qu’il était également amené à vieillir. De nouvelles constructions, étaient prévues à deux pas de chez nous, il voyait là, matière à réponde à ses interrogations. Sa décision de devenir propriétaire était prise depuis très peu de temps lorsque son décès brutal sonna le glas de ce projet. Il nous laissait ma grand mère et moi avec le problème tout entier à résoudre, alors que notre esprit bousculé par les évènements n’était pas en mesure de prendre les mesures nécessaires.

Nous n’avions toujours pas eu de nouvelles du propriétaire, depuis plus d’un an que mon père s’en était allé, mais les travaux inachevés qui nous avaient laissés un goût amer, étaient un message déguisé susceptible de nous inciter à réagir rapidement. J’en avais désormais la certitude, car en ce début d’automne, la rumeur de notre prochaine éviction venait de me parvenir accidentellement à l’oreille. Cette information avait fait sur moi l’effet d’une bombe, et depuis lors, je surveillais tous les jours l’arrivée du courrier avec beaucoup d’appréhension.

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