Un bien précieux

Il faisait excessivement doux, pourtant nous étions le 24 décembre.Les illuminations féeriques des grandes villes n’étaient pas encore à la portée financière des petites municipalités, aussi en cette nuit événementielle, éclairées uniquement de leurs lampadaires, les rues de notre village, ne se distinguaient pas des autres nuits.

Le quartier était encore désert, mais dans très peu de temps, à l’appel des cloches, les paroissiens envahiraient joyeusement les lieux, par petits groupes, pour gagner notre petite église communale. La crèche géante de mon enfance devait certainement trôner dans l’une des deux chapelles, elle faisait désormais le bonheur des nouvelles générations.

La société continuait sa mutation et les autorités ecclésiastiques s’adaptaient aux nouveaux modes de vie.

La messe de minuit avait été remplacée par une cérémonie de début du soirée, qui ne perturbait plus le repas de famille. Repas qui était devenu au fil des ans de plus en plus généreux en mets autrefois réservées aux riches. Lentement mais sûrement l’aspect profane de la fête, prenait la pas sur l’aspect spirituel.

Le sentiment d’injustice qui restait présent en moi depuis mes épreuves successives, se trouvait comme toujours en cette période de l’année particulièrement exacerbé par l’euphorie générale qui régnait autour de moi et de laquelle je me sentais exclu.

Pourtant Pierrot m’avait donné rendez-vous au café pour ne pas me laisser seul, et j’attendais patiemment sa venue, accoudé au comptoir en buvant un chocolat trop chaud. Je ne lui posais jamais de questions sur les rapports qu’il entretenait avec le reste de sa famille, mais apparemment en cette fin d’année, Noël ne semblait pas être pour lui synonyme de rassemblement et de fête. Comme toujours il était arrivé souriant et de bonne humeur, et nous avions passé un petit moment ensemble avant de regagner nos foyers respectifs.

Dès que j’eus franchi le seuil de la porte, mon chien me témoigna de sa présence en remuant vigoureusement la queue, dans l’attente de caresses que je lui accordai bien volontiers.

Je sentis rapidement mon corps pénétré d’une douce chaleur qui s’échappait de la cuisinière, et au dessus de laquelle du linge étendu finissait de sécher. Sur sa plaque de cuisson, la bouilloire remplie d’une eau frémissante chantait, égayant la maison de sa douce mélodie.

Grand-mère installée devant sa télévision, ne semblait pas perturbée, et cet état de fait me consolait de bien des choses. La sérénité du moment était un bien précieux, qui valait pour moi tous les cadeaux du monde.

 

A méditer

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et, aimer encore le monde.

Heureux celui qui ne s’attache qu’à l’essentiel, sa vie se déroule dans la sérénité.

Qui baisse les bras devant l’adversité abandonne la poursuite de la sérénité



Merveilleux dimanche de pluie

Dimanche 19 décembre, il pleuvait à flots depuis le matin. Le nez collé à ma fenêtre je regardais courir sur le trottoirs les quelques piétons qui revenaient de la messe, ou qui s’en allaient passer un bon moment au café du coin. Les voitures éclaboussaient copieusement ceux qui n’y prenaient pas garde. Le mouvement rapide de l’eau qui s’écoulait dans les caniveaux, emportait avec lui les saletés de la rue. En face de moi le vieux panneau publicitaire tremblotait sous le souffle du vent, tandis que l’une de ses affiches, a moitié décollée par trop d’humidité, menaçait de s’envoler à tout instant.

Nous allions bientôt déjeuner et je sentais la bonne odeur de cette excellente cuisine que ma grand-mère avait l’habitude de faire.

La tempête annoncée n’était pas aussi violente que j’aurais pu le craindre, mais dans la cour le vieux cerisier avait perdu quelques unes de ses branches.

A présent que j’étais rassasié, j’avais retrouvé mon petit coin de paradis. J’entendais derrière ma porte close mon aïeule qui déversait une partie du seau à charbon dans le foyer de la cuisinière. A présent que le feu ne pouvait plus s’éteindre, elle regardait en noir et blanc le programme diffusé par l’une des deux chaînes de la télévision.

L’amélioration récente de sa santé mentale et donc de son comportement, profitaient largement à l’ambiance familiale qui s’était nettement détendue depuis lors.

Mon chien devait certainement dormir à proximité de sa maîtresse, fatigué d’avoir attendu vainement, l’heure de sa promenade.

Victime d’une mauvaise grippe, Pierre était alité. Quant à moi, c’est évidement le mauvais temps qui m’empêchait de mettre le nez dehors.

Allongé sur mon matelas, je subissais donc calmement les caprices de la météo. Le ronflement du vent dans le tuyau de la cheminée faisait vaciller la flamme de mon poêle à mazout. A chaque rafale, des rideaux d’eau s’abattaient sur les carreaux de ma fenêtre. J’écoutais les yeux fermés s’exprimer la nature, et rien ne me paraissait plus agréable que de me sentir au chaud, et confortement installé, à l’abri de cette agitation extérieure. Un des rares moments de sérénité, qu’il m’était autorisé de vivre depuis bien longtemps.

J’étais d’autant plus décontracté que les vacances débutaient dans la semaine à venir. Malgré des matières professionnelles inégalement intéressantes, j’avais à l’issu de ce trimestre, obtenu des résultats scolaires globalement satisfaisants.

 

 

A méditer

 

. « J’aime la pluie »

A l’aube

J’ai entendu des gouttes

C’était la pluie qui tombe

Avec ses gouttes qui chantent

J’admirais le beau paysage

Disant je rêvais dans les nuages

Mais, c’étai vraie

Je ne pouvais pas imaginer d’aussi vraie

Cette pluie fantastique

Cette pluie magnifique

Que dire sur elle

La belle merveille

J’ai cru que j’entendais une musique

Les gouttes formait une harmonie si belle

Un son particulier, unique

M’a donné l’impression de voler avec des ailes

Ecrire c’est ma passion

Je peux m’exprimer d’une autre façon

Quand le ciel pleure

Il s’illumine mon cœur

Car ses larmes vont nous apporter du bonheur

Des légumes et des fruits

Se préparent pour être cueillit

Ils sont remplis les puits

Et les rivières et les sources aussi



Pélerinage

Nous étions le jeudi onze novembre, et la France entière fêtait l’armistice de mille neuf cent dix huit. Les cérémonies de commémorations n’impliquaient pas les lycéens, et j’ignorais si dans les écoles primaires les manifestations telles que je les avais connues dans ma prime enfance, existaient encore.

Les cloches appelaient ses fidèles à la prière. Les anciens combattants et leurs porteurs de drapeaux pressaient le pas, pour ne pas manquer le début de la cérémonie. Peu à peu les paroissiens remplissaient l’église avant que les portes ne se soient totalement refermées.

Mon chien avait les yeux sur moi et trépignait d’impatience. Maintenant qu’il m’avait vu prendre sa laisse, son excitation était à son comble. Il savait que nous allions sortir.

La rue était déserte, car la plupart des gens assistaient à la messe, ou profitaient de ce jour férié pour paresser.

Mon parcours me conduisait à l’arrière de l’édifice religieux, où malgré l’épaisseur des murs, j’entendais le son mélodieux de l’harmonium qui accompagnait la chorale.

L’endroit était venteux et dominait les prés qui s’étendaient à l’ouest vers l’infini. La pompe à main qui servait autrefois à alimenter en eau, une partie du village, bien que très rouillée, existaient encore. Le petit chemin qui longeait l’arrière du cimetière n’étant plus utilisé depuis longtemps, disparaissait peu à peu sous les ronces.

Quelques mètres plus loin j’arrivai dans le vieux bourg, l’endroit n’avait pas trop perdu de son âme, et l’ancien puit n’était pas encore démoli.

Malgré une circulation automobile quasi inexistante, je n’avais pas libéré mon chien, car il me fallait longer la départementale sur une petite centaine de mètre avant d’atteindre le chemin des bois.

En passant devant l’imposant portail qui fermait l’entrée principale du cimetière, j’aperçus l’étendue des tombes encore fleuries des chrysanthèmes de la Toussaint. Bientôt le silence des lieux serait troublé par l’arrivée de la procession organisée en la mémoire des soldats tués aux combats.

Le Pont était le nom donné à une mare située à l’entrée de la voie agricole que nous venions d’emprunter. Je n’avais jamais vu de troupeaux de vaches venir s’abreuver à ce point d’eau, et pourtant l’endroit m’était coutumier. Les nombreuses parties de pêches au milieu des joncs et des roseaux, auxquelles j’avais participées, autrefois, avec mes cousins, étaient encore bien présentes dans ma mémoire.

Je marchais lentement sur une terre non boueuse, mais il me fallait toutefois prendre garde de ne pas me tordre les pieds, dans les profondes ornières formées par les roues des charrettes

Les nids délaissés de leurs occupants, se balançaient à la cimes des chênes. La plupart des arbres étaient dépouillés de leur feuillage et ressemblaient à d’inquiétants squelettes géants.

La lisière des bois étaient en vue, les fougères desséchées formaient une haie aisément franchissable. Cà et là quelques champignons ciselés par l’appétit féroce des limaces, témoignaient que nous étions toujours en automne. Mon chien courait devant moi, en faisant craqueter les feuilles mortes sous ses pattes.

La forêt exhalait des parfums apaisants. Seul le vent dans les arbres et le bruit de nos pas perturbaient le silence. Il ne me fallait juste me concentrer un peu et fermer les yeux pour imaginer mes fidèles et entendre comme des voies fantômes revenues du passé, les cris et les rires de nos jeux d’enfants.

Nos cabanes n’avaient pas résistée aux années et j’en n’étais pas surpris, mais j’étais contrarié de ne pas retrouver le trou que nous avions creusé lors de l’une de nos toutes dernières inventions.

La matinée s’avançait, mon pèlerinage s’achevait. Je ne reviendrais plus jamais dans ce paysage forestier, alors qu’une menace terrible planait sur sa conservation.

 

Extrait du livre de mes mémoires

Dans l’intérêt général, nos élus l’avaient décidé. La déviation passerait à travers la petite forêt. Le traçage de l’artère qui détournait à présent le trafic routier du centre du village, avait nécessité l’abattage d’au moins un tiers des arbres, et séparait les bois en deux parties. Les parcelles clôturées, interdisaient désormais l’accès au promeneur.

Comme une très vilaine cicatrice sur le visage d’un ange, la petite forêt de mon enfance avait été sacrifié sur l’autel du progrès, et la presse en n’avait pas fait la une de ses journaux. J’étais sans doute le seul à m’émouvoir de ce pillage d’un patrimoine qui avait été le paradis de mon enfance.



Balade automnale

La froidure et la grisaille morne de novembre m’accompagnaient dans ma balade hebdomadaire à travers une campagne qui m’était plus que familière. L’essor économique n’avait pas encore totalement défiguré le paysage de mes souvenirs, mais les prémices d’une mutation complète de cet environnement étaient visibles du côté de l’étang. Une vaste étendue de prairies qui appartenaient autrefois à la famille de mon ami Pierre, avait laissé la place au premier lotissement des temps modernes. Mon chien ne partageait pas ma nostalgie, car il aimait particulièrement ses moments passés en ma compagnie. Libéré de sa chaîne, il gambadait à quelques dizaines de mètres devant moi. La queue frétillante et la langue pendante, il s’arrêtait parfois pour constater ma présence, puis repartait de plus belle après s’être brièvement désaltéré.Le crachin qui s’était mis à tomber et un petit souffle de vent piquant, me faisaient presser le pas. Je contournais le plan d’eau dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et longeait à présent une autre prairie condamnée à moyen terme pour les besoins d’une urbanisation galopante.Au loin j’apercevais l’ancien lavoir désaffecté, et d’après de récentes nouvelles, je le savais désormais destiné à la démolition.

Force était de constater que telle une photo jaunie, les traces encore présentes de mon enfance, s’estompaient progressivement de mon décor. Lentement mais sûrement, notre petit village perdait de son identité.

Pour l’heure je m’apprêtais à fermer le troisième livre de ma vie. Notre propriétaire nous avait dans les règles de l’art, déclaré son intention de reprendre possession de notre logement.

Noyé dans mes pensées, je n’avais pas remarqué que nous approchions de nouveau des dangers de la circulation. Il fallait que je rappelle mon chien pour lui rattacher sa laisse.

La pluie avait cessé et mon corps s’était réchauffé par l’exercice physique. Je décidai donc de poursuivre mon itinéraire. Les chênes sous lesquels j’avais passé tellement d’étés de mon enfance, perdaient leurs dernières feuilles. Les limaces et quelques rares champignons peu fréquentables, colonisaient encore les talus détrempés. Je croisais les chemins des premières fermes et longeaient ensuite des champs de cultures hivernales.

J’apercevais au loin la toiture d’un élevage porcin, c’était à cet endroit que travaillait Pierrot et j’avais décidé de lui rendre visite.

Extrait du livre de mes mémoires

Mon ami avait perdu sa mère très jeune, son père était resté veuf avec quatre garçons. Pierre l’aîné, ainsi que ses frères avaient été élevés dans l’entourage de leur grand-mère maternelle et de deux tantes célibataires. Son père était remarié, il avait une demi-sœur. Nous avions tous les deux vécu une enfance atypique et souvent difficile. Nos blessures n’étaient pas les mêmes, mais nous savions mutuellement que la vie nous avait quelque peu égratignés, c’était la raison pour laquelle nous occultions de nos conversations tous les sujets en rapport avec nos problèmes personnels. Rien ne devait venir polluer ces instants complices et privilégiées que nous passions ensembles.

J’allais aussi souvent que possible le rejoindre sur les lieux de son travail, et en attendant patiemment qu’il termine, je profitais largement du cadre environnant pour observer le fil des saisons. .

 



Rentrée de septembre

Nouvelle rentrée, nouvel établissement, nouveaux élèves, un chamboulement qui m’aurait autrefois chatouillé les boyaux. J’étais là parmi des centaines d’élèves et j’attendais mon affectation quasiment indifférent à l’agitation des lieux. Je n’avais toujours pas reçu le préoccupant courrier de notre propriétaire, et mon aïeule supportait de moins en moins une arthrose, qui progressivement lui rongeait le gros orteil gauche confiné depuis trop longtemps dans son encombrante chaussure orthopédique.

Cette souffrance physique qui ne lui laissait que très peu de répit, s’ajoutait à ses troubles psychologiques, et ne faisait qu’aggraver son addiction.

Complètement absorbé par mes pensées, je n’avais entendu mon nom qu’au deuxième appel. Un réveil brutal qui me donnait l’impression de me poser sur une autre planète. Décidément mes préoccupations m’isolait de cet univers lycéen dans lequel j’aurai encore beaucoup de mal à me faire une place.

Extrait du livre de mes mémoires

La rentrée de septembre se déroula conformément aux informations que j’avais reçues . Nos sections économiques aménageaient dans un établissement moderne, inauguré l’année précédente. La plupart des élèves étaient de parfaits inconnus, mais je n’avais pas totalement perdu mes repères. Bernard était le seul de notre petit comité à n’avoir pas été transféré. Annie et Yvelines m’avaient suivi, mais elles avaient été affectées dans une autre classe que la mienne. Cette répartition n’était pas celle que nous aurions souhaiter, mais dès les premiers jours, nous reprîmes l’habitude de nous retrouver à l’heure de la récré.

Ecrasé par les soucis d’ordre familier, je n’abordais pas cette rentrée dans les meilleurs conditions. Pire je n’avais plus vraiment le goût pour les études, et le monde lycéen me pesait chaque jour un peu plus.

Heureusement, mes deux amies aidaient sans le savoir, à me maintenir en relation avec le reste de l’établissement, car j’avais de plus en plus tendance à l’isolement.

J’étais plutôt un spectateur silencieux. Cette extrême réserve était un trait de ma nature, et non le fait de mon état d’esprit. J’avais appris depuis fort longtemps à ne rien laisser paraître de mes tourments, et je riais lorsque il fallait rire, alors qu’au plus profond de moi, j’avais plutôt envie de pleurer.

Si le challenge me paraissait à la limite de mes possibilités, il me fallait pourtant tenir, et redoubler d’efforts, car je n’avais pas le désir de prolonger outre mesure mes deux années en ce lieu.



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