Balade automnale

La froidure et la grisaille morne de novembre m’accompagnaient dans ma balade hebdomadaire à travers une campagne qui m’était plus que familière. L’essor économique n’avait pas encore totalement défiguré le paysage de mes souvenirs, mais les prémices d’une mutation complète de cet environnement étaient visibles du côté de l’étang. Une vaste étendue de prairies qui appartenaient autrefois à la famille de mon ami Pierre, avait laissé la place au premier lotissement des temps modernes. Mon chien ne partageait pas ma nostalgie, car il aimait particulièrement ses moments passés en ma compagnie. Libéré de sa chaîne, il gambadait à quelques dizaines de mètres devant moi. La queue frétillante et la langue pendante, il s’arrêtait parfois pour constater ma présence, puis repartait de plus belle après s’être brièvement désaltéré.Le crachin qui s’était mis à tomber et un petit souffle de vent piquant, me faisaient presser le pas. Je contournais le plan d’eau dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et longeait à présent une autre prairie condamnée à moyen terme pour les besoins d’une urbanisation galopante.Au loin j’apercevais l’ancien lavoir désaffecté, et d’après de récentes nouvelles, je le savais désormais destiné à la démolition.

Force était de constater que telle une photo jaunie, les traces encore présentes de mon enfance, s’estompaient progressivement de mon décor. Lentement mais sûrement, notre petit village perdait de son identité.

Pour l’heure je m’apprêtais à fermer le troisième livre de ma vie. Notre propriétaire nous avait dans les règles de l’art, déclaré son intention de reprendre possession de notre logement.

Noyé dans mes pensées, je n’avais pas remarqué que nous approchions de nouveau des dangers de la circulation. Il fallait que je rappelle mon chien pour lui rattacher sa laisse.

La pluie avait cessé et mon corps s’était réchauffé par l’exercice physique. Je décidai donc de poursuivre mon itinéraire. Les chênes sous lesquels j’avais passé tellement d’étés de mon enfance, perdaient leurs dernières feuilles. Les limaces et quelques rares champignons peu fréquentables, colonisaient encore les talus détrempés. Je croisais les chemins des premières fermes et longeaient ensuite des champs de cultures hivernales.

J’apercevais au loin la toiture d’un élevage porcin, c’était à cet endroit que travaillait Pierrot et j’avais décidé de lui rendre visite.

Extrait du livre de mes mémoires

Mon ami avait perdu sa mère très jeune, son père était resté veuf avec quatre garçons. Pierre l’aîné, ainsi que ses frères avaient été élevés dans l’entourage de leur grand-mère maternelle et de deux tantes célibataires. Son père était remarié, il avait une demi-sœur. Nous avions tous les deux vécu une enfance atypique et souvent difficile. Nos blessures n’étaient pas les mêmes, mais nous savions mutuellement que la vie nous avait quelque peu égratignés, c’était la raison pour laquelle nous occultions de nos conversations tous les sujets en rapport avec nos problèmes personnels. Rien ne devait venir polluer ces instants complices et privilégiées que nous passions ensembles.

J’allais aussi souvent que possible le rejoindre sur les lieux de son travail, et en attendant patiemment qu’il termine, je profitais largement du cadre environnant pour observer le fil des saisons. .

 



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