Héritage familial

Issue d’un héritage familial, notre toute petite maison n’avait rien d’une propriété de luxe. Outre la cuisine et les deux chambres, nous n’avions qu’un minuscule coin débarras et un semblant de véranda construit par le dernier de nos locataires. Dépourvus de salle de bain et ne disposant de sanitaires qu’à l’extérieur, nos conditions de conforts ne s’étaient que modestement améliorées, pourtant nous avions cet avantage de ne plus avoir de loyer à payer et personne ne pouvait désormais nous déloger.

Ma volonté était d’écarter de ma vue certains objets et ustensiles ayant appartenu à un passé difficile, mais j’avais du mal à m’en séparer définitivement, et nous étions victimes de cette indécision.

J’avais procédé à l’aménagement des pièces habitables et nous pouvions y vivre décemment, mais les annexes étaient encombrées inutilement par des cartons non encore déballés.

Je me promettais de procéder rapidement à un tri drastique, mais mon for intérieur me dictait le contraire, et la vie s’écoulait sans qu’aucun changement n’intervienne dans un désordre qui n’aidait pas à retrouver le chemin de la sérénité.

Extrait du livre de mes mémoires

Notre locataire avait quitté notre petite maison. Des travaux de restauration avaient été entrepris et j’ignore encore à ce jour si mon aïeule avait été l’auteur de cette décision. Je ne me souviens pas non plus comment mon cousin Daniel avait été amené à faire ces travaux. Sans doute avait il voulu nous rendre ce service en souvenir de mon père

Notre humble demeure était construite de plein pied, au fond d’un jardin qui donnait sur une impasse. Sur la façade deux fenêtres séparées par l’entrée principale, éclairaient les deux chambres de la maison. Par cette entrée principale on pénétrait dans un couloir qui séparait les deux chambres et au fond de ce couloir une porte s’ouvrait sur la véranda.

De cette véranda on s’introduisait du côté droit dans la cuisine d’une part, et d’autre part sur le côté gauche, dans un petit débarras érigé à même la terre. La cuisine communiquait avec l’une des deux chambres. L’économie réalisée grâce au soutien de mon cousin, nous permit d’envisager l’installation du chauffage central. Une chaudière à mazout esthétiquement conçue pour être placée dans une pièce de vie chauffait la cuisine et alimentait en eau chaude les trois radiateurs en fonte.

En revanche cet aménagement intérieur était notre seul confort puisque nous ne disposions que d’un seul robinet d’eau froide au dessus de l’évier et nous ne possédions ni salle de bain, ni toilettes intérieurs .

Enfin, à l’arrière de la maison une petite cour permettait à mon chien de se débattre après la sieste.

Je n’avais pas l’intention de cultiver le jardin, mais il jouxtait l’impasse. Il était nécessaire de l’entretenir d’une part pour notre agrément et d’autre part par respect pour les passants auxquels il s’offrait aux regards. Je me contentais d’arracher ou de traiter l’herbe au moment opportun, afin qu’elle n’envahisse pas le terrain. Je cultivais aussi quelques fleurs à proximité du seuil de la porte d’entrée.

Un poteau en fer fixé sur le mur en parpaings des water-closets, collabora à la remise en service de notre télévision, je me servis en effet de ce support pour ficeler solidement l’antenne nécessaire à la réception des programmes. L’installation était très rudimentaire mais je l’espérais provisoire, préférant économiser dans l’immédiat l’intervention d’un technicien.

N’ayant pas d’autres solutions que de stocker notre mazout à l’arrière de la maison , le remplissage de la cuve devait se faire en traversant le couloir d’entrée, la vidange de la fosse septique s’effectuait dans les mêmes conditions. Enfin les jours d’intempéries, notre débarras situé également à l’arrière du bâtiment, n’étant pas facile d’accès, je devais utilisé ce même couloir, afin d’y ranger mon cyclomoteur à l’abri du mauvais temps.

 



La porte refermée

Le troisième livre de ma vie était achevé. Nos déménageurs avaient fermé la porte, nous laissant seul avec nos souvenirs. Chacun était reparti vers son propre destin émaillé de joies et de peines. Je me sentais comme un enfant abandonné au milieu d’une forêt, inhibé par cet environnement qui ne m’était pas familier et qu’il fallait pourtant que je m’approprie le plus vite possible. Le tohu-bohu de ses dernières heures, laissait la place à un silence oppressant et n’était pas sans me rappeler les étranges sensations qui m’avaient traversé le corps, lorsque qu’au soir de la sépulture de mon père, la famille avait pris congé de nous.

J’étais assis sur mon lit dans cette chambre qui avait été celle de papa lorsqu’il était enfant, mais je ne connaissais pas l’histoire de ce lieu, mon géniteur ayant toujours entretenu un certain mystère sur ce qui avait été sa vie avant ma naissance.

Grand-mère était revenue chez elle, mais je n’arrivais pas plus à lire de l’enthousiasme dans son regard, que j’avais moi même de la joie dans le cœur. En fait elle s’était habituée à notre petite communauté de village et elle supportait avec résignation ce revirement de situation . Elle avait subi tant d’autres évènements largement plus dramatiques, que cette nouvelle étape de son existence, ne l’affectait pas plus qu’elle ne la réjouissait.

 

Extrait du livre de mes mémoires

 

L’euphorie de cette journée de déménagement laissa une nouvelle fois la place à l’amertume et au découragement. Abandonnés à notre triste sort, nous étions complètement dépaysés par ce brutal transfert d’environnement. Bien que tétanisé et inquiet par l’incertitude de l’avenir, il me fallait trouver de nouveaux repères et réorganiser ma façon de vivre.

Notre installation nécessitait un certain nombre d’heures de travail auxquelles je ne pouvais me dérober. Les meubles avaient été placés en fonction de notre volonté, mais il restait à vider les cartons afin de ranger linge et vaisselle dans les armoires. Ce changement de domicile me donnait l’opportunité de me débarrasser de tous les bibelots et objets divers appartenant au passé.

Il n’était pas question de me priver de ces effets bénéfiques qu’un total renouvellement de ma décoration intérieure produirait sur mon mental.

Cette perspective d’un aménagement entièrement repensé à mon goût, me donna subitement du courage et les forces dont j’avais besoin pour réagir contre cette apathie qui m’avait totalement engourdie l’esprit.

Depuis le décès de mon père j’avais pris l’habitude d’enfourcher ma mobylette pour m’évader vers la ville afin d’y goûter le plaisir de l’anonymat. Le soir même de mon établissement en ville, une réunion de conscrits comme il en était organisé régulièrement avait lieu dans mon ex petit village.

Pour la première fois de ma vie et pour longtemps, je fis donc le voyage inverse afin de retrouver cette population que j’avais si souvent souhaitée quitter mais qui à peine mes valises posées dans ma nouvelle contrée, commençait déjà à me manquer.



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