Un bel été

L’été pointait le bout de son nez, et le mois de juin s’achevait en même temps que mon année scolaire. La section dans laquelle j’avais pris la décision de poursuivre mes études ne me satisfaisait guère, mais à force de persévérance, j’avais décroché mon passage en classe de terminale.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seul, ma candidature pour un emploi saisonnier au sein de l’entreprise Thomson avait été retenue et je commençais mon travail le trois juillet.

Il ne m’en fallait pas plus pour retrouver un état d’esprit au beau fixe, à l’image de la saison que nous étions en train de traverser. Mon chien profitait de cette embellie, car il n’avait pas été à même de se dégourdir les pattes depuis notre déménagement. Nous habitions à deux pas d’une forêt traversée par une allée principale qui guidait nos pas vers la petite commune de mon enfance. Je ne me privais donc point de mes moments de liberté pour sortir en compagnie de l’animal.

Des châtaigniers plus que centenaires ombrageaient notre parcours et le silence des lieux hormis le bruit du vent dans les feuilles n’avaient de cesse de me rappeler le temps des culottes courtes et des cabanes au milieu des bois.

Au bout d’une demi-heure de marche, au lieu de poursuivre vers le centre du bourg, j’empruntais à droite un étroit sentier qui me permettait d’atteindre une route. Cette voie communale peu fréquentée partait de l’étang, longeait les dernières habitations et parcourait la campagne jusqu’à l’entrée nord de la ville où j’avais élu à présent domicile.

Je sortais de la forêt en tournant sur la gauche, puis je marchais encore sur une centaine de mètres. Le soleil écrasant fondait le bitume, et il fallait regarder où mettre les pieds. Enfin après un dernier effort je rejoignais l’exploitation de mon ami Pierre qui m’accueillait avec son sourire familier.

Une fois de plus, il n’allait pas pouvoir partir en vacances.

 

Extrait du livre de mes mémoires

Pierre restait l’ami, mais je n’avais pas cessé toutes relations avec mes copains d’enfance. Une petite escapade en bord de mer avait donc été prévue. Bien qu’en mauvais état, la tente que mon oncle Maurice m’avait donné, ferait l’affaire.

Mon cousin Patrick avait souhaité se joindre à notre équipe, il devait cependant assisté le dimanche de notre départ à une réunion familiale. Son père s’était proposé de nous acheminer notre matériel de camping. Le lendemain de notre arrivée, mon oncle François conduisit à nous son fils, avec le coffre de sa voiture rempli des bagages, vivres, toile et accessoires en tous genres dont nous avions besoin.

En ce qui nous concerne, nous avions choisi le train, comme moyen de locomotion. Nous avions également décidé de passer notre première nuit à l’hôtel.

Nous avions installé nos quartiers sur le terrain municipal de la commune de Sion. Le tissu extérieur de notre cahute, avait subi de manière irrémédiable, les outrages du temps. Nous faisions figure de miséreux en comparaison des équipements dont certains usagers du camp pouvaient disposer. Nous étions sans complexe, mais pour ne pas être matière à moqueries gratuites, nous avions orné l’avant de la toile de tente, d’une inscription cocasse. Cette courte phrase, nous l’avions réalisée à l’aide d’un rouleau de scotch blanc qui nous servait à composer les lettres. Le texte avertissait les individus de la chose suivante :  » Ne riez pas votre fille est peut-être ici  ».

Notre humour , notre jeunesse et notre bonne humeur nous avaient attiré la sympathie des vacanciers qui ne manquaient pas de s’arrêter devant chez nous, pour nous taquiner, nous signifiant ainsi qu’ils appréciaient notre plaisanterie.

Nous n’avions ni table, ni chaises et nous prenions nos repas assis sur une couverture que nous étendions face à l’entrée de notre abris précaire. La nourriture était le plus souvent composée de boîtes de conserves mais la vaisselle se faisait à tour de rôle et nous étions relativement bien disciplinés.

Comme l’année précédente, une autre équipe de copains vint nous rejoindre quelques jours plus tard, en prenant soin de s’installer tout près de chez nous.

Nous ne disposions d’aucun moyen de locomotion, aussi nos jambes étaient nos meilleurs alliées pour nous rendre à l’endroit voulu.

Notre retour à la civilisation se fit par l’entremise de parents qui avaient accepté de venir nous chercher.

Pour ma part j’avais pris la décision de mettre mon équipement de camping à la poubelle, il était définitivement hors d’usage et j’étais convaincu que nous ne partirions plus ensembles.

Certains membres du groupe avaient une petite amie, d’autres parlaient déjà du service militaire qu’ils devraient effectuer l’année à venir.

Il fallait tourner la page, l’adolescence avait vécu, le temps s’écoulait irrémédiablement.

 



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