Une nouvelle chance

Dimanche 18 octobre 2009, la période estivale qui avait largement débordée sur les premières semaines de l’automne vient de s’achever. La froidure du petit matin accélère la chute des feuilles et bientôt la végétation s’endormira jusqu’au prochain printemps.Mon cœur me joue des tours. Depuis quelques temps je souffre d’arythmie, et les crises qui surviennent à intervalles réguliers me laissent dans l’état d’épuisement d’un marathonien.

Je suis assis devant mon ordinateur à rédiger ce texte destiné à mes lecteurs. L’écriture m’aide à replonger d’une manière beaucoup plus sereine dans mon passé.

A 55 ans, l’existence a laissé sur moi un bon nombre de ses empreintes. Les épreuves morales et physiques ont façonné mon caractère, et des expressions parfois très austères sur mon visage. Je suis couvert de plaies, de bleus et de bosses, mais il me reste un bien précieux l’espérance. Mes yeux sont restés très longtemps secs et s’il m’arrive maintenant de pleurer, c’est pour les autres, mais jamais pour moi. Cet état de fait reste un mystère.

Mon aïeule est décédée en juillet 1992 et avec elle s’éteignait à jamais mes racines. Comme pour mon père et avec l’appui de ma famille, j’avais essayé temps bien que mal de l’aider à porter sa croix, mais j’avais ressenti son placement en maison de retraite, et sa mort qui s’ensuivit comme l’échec de ma mission. L’amertume de cette défaite avait certainement été l’un des facteurs du déclenchement de cette terrible dépression nerveuse qui m’avait dévasté quelques quatre ans après sa disparition.

Avant d’en arriver là nous avions continué à traverser les tempêtes et celle qui nous avions subie en cette fin d’année 1972 s’ajoutait à une liste déjà trop bien remplie d’évènements fâcheux.

 

 

Extrait du livre de mes mémoires  

L’opération que mon aïeule avait subie à l’orteil n’avait pas été couronnée de succès et ses problèmes physiques étaient réapparus très rapidement, affectant un peu plus un état psychologique déjà fortement dégradé.

Je ne supportais plus son visage grimaçant de douleur et le désintérêt croissant qu’elle affichait même pour les choses les plus élémentaires de la vie.

A défaut de pouvoir lui apporter une aide morale, j’espérais que le soulagement physique que produiraient les résultats d’une second intervention chirurgicale, amènerait une solution à la situation dans laquelle nous étions en train de nous embourber.

L’action que j’entrepris auprès des médecins, eut le mérite de donner à la malade la sensation de ne pas être abandonnée.

Comme je l’avais escompté, la perspective d’une chance nouvelle de guérison, restaura au coin de ses lèvres le sourire que la maladie lui avait ôté.

Pendant son absence, il fallut m’organiser de manière à ne pas porter préjudices à mes études, mais en onze ans de vie commune, c’était la troisième hospitalisation de mon aïeule. Sans être vraiment de la routine, je maîtrisais relativement bien la conjoncture à laquelle nous étions encore confrontés.

Malgré la rareté de nos échanges verbaux et bien que je fusse de nature solitaire, j’avais l’habitude d’une présence humaine particulièrement lorsque je rentrais du lycée. Je ne goûtais guère l’isolement dans lequel cette séparation forcée allait me plonger, en conséquence, j’amplifiai mes durées de visites avenue Bonaparte. Ses deux nièces étant restées célibataires, j’étais considéré par la sœur de grand-mère ainsi que par son beau-frère, comme le petit fils de la maison. En leur présence, j’avais la sensation d’exister, car ils s’intéressaient à moi. Ils désiraient savoir en quoi consistaient mes études, étaient curieux de la façon dont j’envisageais l’avenir. Ils me demandaient des nouvelles de mes amis, me posaient des questions sur la manière dont je disposais de mes temps de loisirs. Ils s’informaient sur mes goûts en matière de musique, appréciaient être éclairés sur l’actualité du livre du spectacle ainsi que sur celle du cinéma. J’étais le maillon de la chaîne qui connectait le cocon familial dans lequel ils s’étaient tous les quatre progressivement mais inéluctablement enfermé, au reste du monde. Petit à petit la confiance mutuelle s’installa entre nous jusqu’à ce qu’ils deviennent mes interlocuteurs privilégiés et mes confidents attitrés.



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