La conscription

Beaucoup plus mordantes qu’un vent glacial sur la peau, les célébrations de Noël et de la St Sylvestre venaient me rappeler inéluctablement l’absence. Cette période très redoutée ravivait mes rancœurs, mais je n’avais pas d’autres choix que de la traverser. J’avais trouvé un bon remède, c’était de me coucher tôt, car le sommeil effaçait en partie la morsure douloureuse de ces moments.Nous étions en ce début de janvier en période de vacances scolaires. Notre bon vieux soleil brillait de tous ses éclats, mais la terre était fortement gelée. J’abordais l’année de mes dix neuf ans et j’allais devoir effectuer prochainement un séjour dans un centre militaire. Des tests physiques et psychologiques ainsi qu’une visite médicale m’y attendaient.

J’avais déposé un dossier de demande de dispense du service militaire auprès du centre de Rennes. J’avais invoqué comme motifs ma situation familiale particulière, mes difficultés financières et mes qualités de soutien moral auprès d’une personne âgée et handicapée. Malgré l’évidence de ma position, il avait fallu faire appel à notre député maire. Celui-ci était intervenu immédiatement pour appuyer ma démarche, et m’en avait avisé par l’envoi d’un courrier qu’il m’avait adressé directement de l’assemblée nationale. J’espérais que cette aide précieuse favoriserait ma requête.

En revanche je savais que la réponse de me parviendrait pas avant que mon stage d’évaluation des futurs appelés du contingent soit effectué.

 

Extrait du livre de mes mémoires 

 

Dans mon village natal, nous étions une petite dizaine de copains concernée par cet appel du contingent. Les conscrits, c’est ainsi que nous étions nommés, avaient l’habitude avant leur incorporation dans un corps d’armée, d’offrir un banquet aux filles de la classe ainsi qu’à nos parents respectifs.

La responsabilité de financement d’une telle manifestation était à la charge des organisateurs, aussi les garçons devaient ils se munir de bottes en caoutchouc, prévoir des vêtements chauds, s’équiper d’un bâton pour la marche et s’armer d’une bonne dose de courage. Il s’agissait d’être au mieux de sa forme pour affronter une longue périodes d’investigations. Battre campagne pour obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de leur projet, tel était le but de leur motivation.

Malgré mon expatriation vers la ville, j’avais été convié à participer à cette mission.

Il faisait particulièrement froid ce lundi de janvier quand notre petit groupe partit pour un long périple à travers bois et champs, qui durerait sans doute au-delà d’une semaine.

La terre était gelée, le ciel était bleu et le soleil brillait malgré un vent frisquet qui cinglait les visages. Nous avions le nez rougi par la température glaciaire de ce début d’hiver et des larmes perlaient aux coins de nos yeux.

Le conscrit se distinguait du reste de la population par le port d’un chapeau garni de pompons aux couleurs nationales, pompons qu’ils portaient aussi parfois autour de la taille. Le chef d’équipe était nanti d’un clairon qui lui servait à signaler la présence prochaine de la circonscription aux habitants des fermes des alentours.

Cette tradition ancestrale était bien connue de la population régionale, aussi l’accueil des futurs militaires était toujours irréprochable.

Réalisée traditionnellement par un jeune fille de la classe, dans un tissu de velours bordeaux, et dotée de rubans aux trois couleurs patriotiques, la bourse que l’un de nous portait autour du cou était également ornementée du chiffres soixante quatorze correspondant à l’année de nos vingt ans.

Lorsque nous avions franchi le seuil des habitations, nous étions généralement invités à nous asseoir pour nous reposer de notre longue marche. Il était souvent possible de se chauffer auprès d’un bon feu de bois que la fermière avait allumé dans la cheminée. Le maître des lieux nous servait la goutte, c’était une eau de vie ordinairement de sa composition qui pesait énormément en degré et qui faisait indubitablement monter la température des corps.

Enfin avant de prendre congés, ces braves gens ne manquaient pas de glisser une petite pièce dans notre réserve d’argent.

Nous reprenions ensuite notre route jusqu’à la nuit tombée avant de nous coucher chez qui voulait bien nous inviter.



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