Autonomie mon amie

En ce mois d’août, la ville était désertée par ses habitants qui avaient pris temporairement le chemin de l’exode en quête d’un peu de repos vers un quelconque lieu de villégiature.

L’essor économique dont nous avions assisté à la naissance au début des années soixante continuaient sa progression et les ménages pour la plupart matériellement équipés , consacraient désormais un peu plus des dépenses à leurs plaisirs, et un peu moins à la solidarité humaine.

Le matérialisme et l’individualisme étaient des comportements qui évoluaient dans les mêmes proportions, c’est ainsi que de moins en moins d’individus pensaient à une qualité de vie et un bonheur atteints autrement que par le biais de l’argent.

Je ne faisais pas exception à la règle car ayant connu le désengagement des autres à mon égard et la manque évident de moyens financiers, je m’apprêtais à imiter la plupart de mes concitoyens.

Extrait du livre de mes mémoires

Mon réveil me tira des bras de Morphée à six heures du matin, ce mercredi premier août mille neuf cent soixante treize, signifiant ainsi pour moi l’instant crucial d’un nouveau départ dans la vie.

Mon contrat stipulait qu’il serait mis à mon service un transport gratuit. La fourgonnette était conduite par un membre du personnel qui avant de quitter la ville devait effectuer un circuit régulier afin d’embarquer plusieurs de ces collègues

L’itinéraire emprunté par la navette passait par l’avenue Bonaparte, lieu de résidence de la famille de ma grand-mère. Deux kilomètres séparaient mon domicile de mon secteur de prise en charge. Je n’avais pas un autre choix que d’utiliser ma motocyclette pour me rendre à ce point de rencontre. Il me restait le problème de stationner l’engin en toute sécurité. Ce fut mon oncle qui trouva la solution en me proposant d’héberger dans son garage ce véhicule tout à la fois précieux et encombrant. L’essentiel étant désormais correctement ficelé, je pouvais débuter ma carrière professionnelle dans des conditions raisonnables.

L’entreprise venait d’inaugurer la construction d’une tour à deux étages. Mon bureau était situé au rez-de-chaussée, le second étage était encore inoccupé mais conçu dans la perspective d’un accroissement de l’activité

Affecté au service facturation mon rôle fut dans un premier temps de taxer les récépissés de transport. Je fus ensuite muté au poste de contrôleur de trafic afin de recenser la totalité des expéditions effectuées dans le mois. Il s’agissait de ne pas oublier d’établir certaines factures. Mon acclimatation fut rapide et ma motivation d’autant plus grande qu’un salaire m’attendait à la fin de chaque mois.

Cette rémunération régulière, indispensable à mon autonomie financière, modifiait tous les jours un peu plus mes conditions d’existence.

Mon emploi du temps était à présent bien rodé et mes huit heures quotidiennes de travail, ponctuées par mes différents trajets, ne présentaient pas dans mon organisation journalière de difficultés particulières. Le midi je ne rentrais pas chez moi, car je déjeunais sur place dans un restaurant local. Le soir je ne regagnais jamais mon domicile sans avoir au préalablement salué mon oncle et sa famille.



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