Yom Kippour

Cette fois, ce n’était pas un drame familial qui était la cause du chamboulement considérable qui s’opérait dans ma vie, mais bien ma toute jeune insertion dans le monde du travail. Mon échec à l’examen du baccalauréat n’était que le cadet de mes soucis, l’important pour moi étant de prendre mes marques en tant qu’employé au sein de l’entreprise qui m’avait fait confiance en me signant ce précieux contrat d’essai. J’avais trois mois pour prouver mes compétences et alors que l’automne s’installait, j’abordais la dernière ligne droite, avant que mon sort ne soit définitivement scellé.

Ma peur irrationnelle et majeure de connaître la guerre n’était pas qu’une phobie passagère de mon enfance, car mes tourments réapparaissaient à chaque fois que l’actualité internationale m’en donnait l’occasion.

Je connaissais le témoignage effrayant de ceux qui avaient connu les deux grandes guerres mondiales, mais je n’avais que peu d’échos de la guerre d’Algérie. En revanche mon adolescence avait été profondément marqué par le conflit meurtrier du Vietnam qui perdurait et j’avais tremblé à l’annonce de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes russes en soixante huit, ainsi qu’en soixante sept lors de la guerre israélo-arabe des six jours.

En ce mois d’octobre c’était de nouveau le proche orient qui faisait la une de l’actualité et qui alimentait la plupart des conversations. L’événement risquait de raviver les tensions entre les superpuissances en menaçant gravement l’équilibre mondial.

Je suivais fébrilement mais assidûment l’évolution sur le terrain des forces en présence, grâce à mon nouveau téléviseur.

 

Extrait du livre de mes mémoires

L’humiliation infligée aux pays arabes par l’armée israélienne lors de la guerre des six jours n’avait de cesse d’alimenter les rancœurs, d’autant qu’à l’issue du conflit, le désert du Sinaï, le plateau de Golan et la Cisjordanie étaient occupés.

Le vif désir de vengeance constituait un danger permanent et la région toute entière était une poudrière qui donnait bien du fil à retordre à la communauté internationale.

L’attaque eut lieu le 6 octobre simultanément dans la péninsule du Sinaï et sur le plateau du Golan, le jour même de Yom Kippour (fête religieuse juive).

La coalition égypto-syrienne profita de l’effet de surprise pour avancer rapidement en territoire ennemi, mais la tendance s’inversa au bout de deux jours.

Il est évident que l’aide militaire américaine fut décisive dans la nouvelle victoire remportée par Israël, mais cette ingérence américaine amena des représailles économiques de la part des pays arabes détenteurs de la plus importante réserve mondiale de pétrole qui décidèrent de réduire leur production et d’augmenter de 70% le prix du baril.

Le choc pétrolier sonnait le glas d’une énergie bon marché et également la fin d’une croissance immodérée de l’économie mondiale. Le niveau de vie des familles allait également marquer le pas face aux nombreux problèmes économiques qui s’en suivirent.

 



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