Amitié faiblissante

La guerre n’avait duré que 18 jours et s’achevait en ce mercredi 24 octobre. J’appris par mes collègues, la nouvelle d’un probable cessé le feu en montant dans la navette. L’inquiétude laissa subitement la place à l’indifférence, car j’étais pour l’heure davantage préoccupé par mes vêtements trempés que j’allais devoir garder toute la journée.

Un déluge de pluie s’était abattu sur moi alors que j’effectuais mon trajet en deux roues à destination de l’avenue Bonaparte, lieu de ma prise en charge par le véhicule de l’entreprise.

Tant pis si les journaux nous annonçaient la crise pétrolière et la voiture comme l’achat d’un produit de luxe, mais j’envisageais sérieusement de passer mon permis de conduire.

Mes craintes étaient fondées, car j’avais attrapé froid. Ma semaine s’était achevée péniblement. A présent j’étais pris d’un accès de fièvre, il me fallait garder le lit et renoncer à mes sorties du week-end.

Enfermé dans la solitude de ma chambre, j’écoutais sous mes couvertures, Mozart en musique de fond et faisais le point sur les récentes évolutions de mes relations avec mes proches amis.

Extrait du livre de mes mémoires

Je trouvais dans ma récente indépendance financière, matière à combler mes nombreuses années de frustration. Cinéma, musique, lecture, excentricités vestimentaires appartenaient à la panoplie des plaisirs que je m’accordais.

Pour assouvir mes envies, j’avais donc repris mes flâneries en centre ville, et ce fut au cours de l’une de ces escapades que ma route croisa de nouveau celle de mon ami le barman.

Je n’avais pas eu de ses nouvelles, depuis son mariage surprise, mais nous avions profité de cette rencontre pour renouer contact.

Il était redevenu célibataire après avoir divorcé quelques temps auparavant. Il était désormais père d’une petite fille dont il n’avait la garde qu’un week-end sur deux. Nos rapports avaient changé, j’étais dorénavant beaucoup plus distant, cependant j’éprouvais toujours de la sympathie pour le personnage, j’avais donc accepté de lui rendre visite car il souhaitait me présenter son enfant.

Nos rencontres régulières s’effectuaient systématiquement dans un cadre élargi à l’ensemble de nos amis respectifs, la complicité d’autrefois n’existait plus.

Pierrot malgré ses trois années de plus que moi, n’avait pas changé d’un pouce. Il était resté naïf et même parfois très enfantin dans ses comportements. Ce caractère enjoué contrastait avec ma propre personnalité. Ne dit-on pas que les opposés s’attirent ?

J’avais beaucoup aimé l’être et nous avions été très intimes, mes nos différences de tempéraments s’accentuaient de plus en plus vite. Je vieillissais et lui se complaisait dans l’univers des adolescents.

Depuis quelques temps, il sympathisait avec une bande d’individus envers laquelle je ne sentais aucune affinité. Du coup j’avais la désagréable impression de ne pas être à ma place au sein de cette équipe et j’éprouvais de moins en moins de plaisir à sortir le week-end.

De mes camarades avec lesquels j’avais passé plusieurs de mes vacances, il ne restait que Jean-Noël qui n’avait pas encore rejoint le corps d’armée dans lequel il était affecté. Une unité de chars de combat implantée dans un département de l’est de la France.

Quant à moi j’attendais de savoir si mon courrier adressé à notre député allait porter ses fruits.



1 commentaire

  1. booguie 19 novembre

    beau texte, bon après midi à plus

    Dernière publication sur Liberté d'expression. : Professeur Jill_Patrice Cassuto:

Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie