Overdose

On fait avec, mais on ne s’habitue pas. Les ennuis de toutes sortes j’en avais ma dose et même une overdose. La tempête se calmait me laissant présager l’espoir d’une éclaircie, puis de nouveaux les nuages venaient assombrir ma vie me laissant peu d’espoir pour une sortie définitive du tunnel.

Je n’étais pas encore tout à fait remis des douleurs musculaire engendrées par le stress que l’incident de la chaudière avait provoqué sur moi, qu’une arête se coinçait de nouveau dans ma gorge.

Extrait du livre de mes mémoires

La note avait été salée mais nous avions récupéré le chauffage dans nos pièces, et nous pouvions espérer quelques économies, car le radoucissement du temps semblait durer.

La pluie ayant remplacé le gel, apporta à son tour son lot de calamités.

A la faveur d’une gouttière qui s’était produite je ne sais comment, l’eau de ruissellement de la cheminée extérieure s’infiltra dans la toiture, pénétrant le long du mur intérieur. L’humidité formait autour de l’orifice d’évacuation des fumées, une tâche jaunâtre. Un liquide ocre et très épais suintait et coulait le long du tuyau de raccordement à la chaudière, rajoutant à notre humble demeure un peu plus d’austérité.

Nous fîmes appel à un couvreur, qui n’effectua qu’une réparation de fortune, nous n’avions évidemment pas les moyens d’entreprendre des travaux de grande envergure. La zone affectée était en très mauvais état, il fallut attendre que le mur soit suffisamment sec pour masquer les dégâts avec des raccords de peinture, le résultat n’était pas brillant et ne faisait que rajouter à la modestie et à la décrépitude des lieux.

Je sortais de cette série d’épreuves considérablement irrité, et passablement agressif.

Comme à chaque période de crise aiguë, la maladie de la percussion m’envahissait l’esprit, j’avais la sensation que le monde entier s’était allié contre moi, pour me rendre la vie impossible.

Je ressassais sans arrêt dans ma tête la même constatation. Je ne trouvais personne dans ma vie qui soit en en mesure de comprendre ma nature sculptée, façonnée et nourrie à travers vingt années d’une vie mouvementée, marquée par des cris et des pleurs, par l’angoisse et la douleur, résultant de la série de drames qui m’avait frappé. Je souffrais d’un manque réel de compassion et d’une relative indifférence de la société envers ce destin injuste qui me collait à la peau. Je ne comprenais pas encore à l’époque que venir au monde, c’est d’avancer toujours et toujours sur le chemin, sans jamais perdre de temps de s’apitoyer sur son sort. Il ne faut pas atteindre des autres la solution et encore moins croire au miracle.

Pour l’heure j’en étais toujours à fulminer. Les gens de ma génération vivait leur insouciance, je les regardais sourire et profiter avec enthousiasme de la vie, comme on regarde un train qui passe mais que l’on ne prend pas.

Le temps apaise les esprits, et les travaux de restauration achevés, j’avais retrouvé comme toujours un brin de force, pour recoller les morceaux en attendant de pouvoir solidement me reconstruire



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