L’instant présent

Ma mère était morte en laissant dans mon cœur un vide affectif immense. Sa nièce à peine plus jeune qu’elle était ma marraine de baptême et depuis que j’étais en âge de prendre la plume, je n’avais jamais cessé de lui écrire. C’était pour moi un lien indispensable qui me rattachait à ma famille maternelle, à une époque ou mon père avait tendance à faire le vide autour de lui, en m’entraînant immanquablement dans ce retranchement.

De nombreux kilomètres nous séparaient, et cette correspondance soutenue nous permettait de nous tenir régulièrement informés, des évènements nouveaux, qui rythmaient les différentes périodes de nos existences

Elle s’était mariée dans la région parisienne et habitait désormais en Touraine. Mère de trois enfants, elle secondait son mari qui exerçait la profession de boulanger. Ils étaient propriétaires de leur commerce et le travail accaparait beaucoup de leur temps, nous avions peu l’occasion de nous rencontrer.

C’est à l’occasion de la profession de foi de leur fille, que je fus convié à me rendre à leur domicile. Mon cousin Patrick était aussi du voyage car il était également son filleul. Elle avait demandé à son frère de passer nous chercher car nous n’avions ni l’un ni l’autre une automobile.

L’événement était de grande importance, car il existait au fond de moi une affection particulière pour ma cousine. J’ignorais si ce sentiment était partagé, mais je savais que nos nombreux courriers échangés avaient fabriqué au fil du temps, une certaine complicité entre nous, et ce lien privilégié était empreint d’une pudeur et d’une discrétion que nul ne pouvait mettre en cause.

Cette affinité avait évidemment pris racine et s’était nourri du drame qu’avait été la disparition de ma mère, et du besoin qui était le mien de me sentir aimé. Je pense que ma cousine avait bien compris à ce moment là le rôle que le destin lui avait confié et elle l’avait jusqu’à présent correctement rempli.

J’étais donc excité à l’idée de retrouver ce seize juin celle que je considérais un peu comme une seconde mère, et nos joyeuses retrouvailles s’effectuèrent à l’image de ce qu’était notre corrélation c’est à dire sans effluve intempestive de sentiments. Je me satisfaisais simplement de profiter de l’instant présent.

Lorsque notre réunion familiale prit fin et qu’il fallu partir, je savais que je ne verrais pas ma marraine de sitôt, la vie était ainsi constituée de moments trop rares mais tellement précieux, qu’il fallait savourer pleinement avant d’affronter de nouveau les incertitudes du lendemain.

Je rentrai chez moi ressourcé et plein d’indulgence envers ce très pénible passé qui me collait encore et toujours à la peau.

Méditations

Il faut profiter du moment présent dans notre vie.
Car ce moment ne reviendra pas.
L’avenir sera meilleur ou pire.
Mais maintenant vous êtes là.

Regardez ce qui se passe ici.
Écoutez les sons du moment.
Respirez le parfum de la vie.
Et buvez en l’enchantement.



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