Vacances aux Sables

Un an à présent que j’avais quitté le lycée, et j’avais signé mon contrat définitif le 31 octobre de l’année 1973. J’étais désormais titulaire de mon poste d’employé de bureau pour une somme de 1220 francs (186 euros) par mois.

La décision de m’octroyer le statut de soutien de famille et de me dispenser de mes obligations militaires n’avait pas porté préjudice au collègue qui avait été embauché pour me remplacer. Nous travaillions désormais côte à côte.

Ma période de congés annuels avait été fixée par ma hiérarchie pour le mois d’août. A l’époque les salariés d’une entreprise bénéficiaient de vingt jours de repos, souvent pris à la suite. La gauche n’était pas encore au pouvoir et la cinquième semaine pas encore instituée. Les sports d’hiver se démocratisaient mais n’avaient pas atteint le niveau de fréquentation que nous leur connaissons aujourd’hui.

Les circonstances avaient fait que la plupart des camarades avec lesquels j’avais passé de bons moments de ma vie, n’étaient plus que des anciennes fréquentations.

Jean-Noël seul rescapé de la bande et qui avait été mon acolyte durant l’été précédent, était à son tour parti effectuer son service militaire.

Depuis longtemps dans ma tête, je bâtissais le projet de m’en aller seul, à la découverte d’un pays étranger. Pour l’heure ma décision n’était pas encore tout à fait réalisable, faute de moyens financiers.

J’étais sur le point de tirer un trait sur des vacances à la mer, lorsqu’au hasard d’une discussion je pus de nouveau espérer organiser mon départ vers le soleil et les plages de sable fin.

Extrait du livre de mes mémoires

Pierrot navigant désormais seul de son côté, la réorganisation de mes loisirs au profit de nouvelles activités, m’avait donné l’occasion de reprendre contact avec Patrice dont les parents avaient été autrefois les amis intimes de mes père et mère. Elisabeth et Jean Pierre faisaient également partie du cercle de ces gens qui étaient disparus de mon horizon et que je redécouvrais depuis peu.

C’est dans ce contexte de nos retrouvailles, que nous décidâmes de nous rendre tous les quatre et pour une quinzaine de jours sur la côte Vendéenne. Du fait de mon expérience antérieure en matière de séjour dans une auberge de jeunesse, j’avais pu argumenter sur les avantages que ce genre d’hébergement pouvait nous apporter et j’avais convaincu le groupe d’adopter cette solution. Nous choisîmes les Sables d’Olonne comme lieu de résidence, et pour nous y conduire, l’auto stop comme moyen de locomotion.

Notre petit coin de paradis était situé à la périphérie de la ville dans un groupe scolaire provisoirement désaffecté. Cette école était constituée de plusieurs bâtiments en préfabriqués, les uns faisant office de dortoirs et les autres utilisés comme cuisine et salle de réfectoire. Enfin nous pouvions disposer de l’ensemble des infrastructures sportives ainsi que d’un bloc sanitaire annexe. Le principe de fonctionnement de ce refuge était identique à celui que j’avais connu l’année précédente et était fréquenté en majorité par de jeunes étudiants d’origine étrangère. Leur séjour ne durait généralement pas plus d’une semaine. La directrice de l’auberge n’était pas secondée. Elle ne devait compter que sur elle même pour faire face aux problèmes administratifs et garantir la sécurité et l’ordre moral de ce lieu d’accueil. En conséquence les animations à l’intérieur du camp étaient quasi inexistantes, ce qui avait pour conséquence de nous voir passer la plupart de nos nuits dans une boîte à la mode. Dans la journée, les conditions anticycloniques favorisaient le farniente. L’inactivité m’incitait à fumer de plus en plus, j’en étais à une étape de mon existence où ce défaut, loin de s’estomper, devenait un problème majeur pour ma santé. Ma consommation journalière oscillait entre un et deux paquets, j’allumais ma première cigarette avant le petit déjeuner du matin et éteignais mon dernier mégot tard dans la nuit. Je ne retrouvais pas dans cette auberge, l’ambiance et la convivialité qui avaient caractérisé mon séjour à Saint Jean de Monts. Les règles applicables à la communauté étaient connues et respectées de tous , cependant les relations humaines restaient très limités.

Nous avions sympathisé avec une alsacienne qui possédait une voiture et qui nous proposait souvent de l’accompagner. De mon côté et malgré quelques difficultés de communications, à cause essentiellement des barrières du langage, j’avais établi un contact avec deux garçons d’origine danoise. Ces rapports amicaux ne pouvaient être que furtifs, les deux routards n’étant que de passage. Le dimanche qui suivit notre arrivée, nous reçûmes la visite de quelques amis. Gaby et Odile faisaient partie du voyage, Chantal avait également pris place à bord de la 2ch Citroën qui avait conduit à bon port cette charmante équipe. Nous avions accueilli nos compères et entamé cette journée par une rapide visite des lieux, nous avions pris connaissance des derniers potins du village et occupé fort agréablement notre après-midi sur la plage, à profiter des rayons bienfaiteurs du soleil.

Dès mon retour à la vie active, il me fallut reprendre les rênes de la maison. Le jardin laissé à l’abandon exigeait que je me consacre un peu plus à son entretien. Mon chien privé d’exercices depuis beaucoup trop longtemps, requérait davantage d’attention. Quant à grand-mère, ses éternels difficultés de mobilités, réclamaient d’urgence que je me transforme en pédicure. Enfin les démarches administratives étant également de ma compétence, il me fallait régler les dossiers en cours avant qu’il ne soit trop tard.

 



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