Château de cartes

La personnalité de l’individu se forge incontestablement dans les premières années de sa vie, et lorsque les fondations familiales ont été solides, il possède en lui les meilleurs atouts pour se bâtir un avenir prometteur.

Moi j’évoluais sur un terrain accidenté, et dès que je tentais d’empiler les briques d’un premier pan de mur, à la moindre occasion, mon ouvrage s’écroulait tel un château de cartes. Il me fallait souvent repartir de zéro, et comme je n’avais pas dans les mains la bonne notice, mon futur m’apparaissait dans la tête comme un puit sans fond.

A force et à force, le moindre des événements malencontreux, était synonyme de catastrophe. Au fil du temps mon capital confiance c’était totalement volatilisé.

Pour l’heure c’était la fin d’une longue période de complicité qui provoquait en moi un séisme destructeur. Pierrot s’était envolé, et je me sentais à présent comme un enfant perdu dans l’immense forêt, ne sachant quel sentier emprunter.

J’avais certes du travail, mais pas de projet immédiat, et l’emploi du temps de mes week-ends, me paraissait bien vide. Il me fallait encore et encore rebâtir, mais pour l’heure je ne savais pas encore très bien quelle allait être ma maison.

Extrait du livre de mes mémoires

Réorganiser ma vie, n’était pas chose aisée, et cependant je n’avais pas envie de passer mes week-ends tout seul. J’aimais la solitude, mais pas quand elle m’était imposée.

J’en étais toujours à l’apprentissage de la conduite, et comme je ne souhaitais plus suivre Pierrot dans ses sorties du week-end, j’avais repris mes rotations en cyclomoteur, entre ma ville d’adoption et mon ancien village.

Je retrouvais progressivement mes occupations d’autrefois et reprenais contact avec d’anciennes connaissances. Le stade de football que j’avais délaissé depuis fort longtemps, était un lieu idéal pour les rencontres, et me permettait de m’intégrer dans un groupe de nouveaux amis.

Chantal avait la même ambition que moi, obtenir le plus rapidement possible son permis. Elle avait échoué à l’examen, mais continuait de prendre des leçons pour tenter une nouvelle fois l’épreuve.

En attendant, faute d’un moyen de locomotion adéquat, nous passions donc la plupart de nos dimanches sur place, et lorsque les manifestations sportives avaient lieu à domicile, nous suivions l’équipe des supporters dans quelques endroits qu’ils allaient.

Le soir nous rejoignions le café que mon père avait si souvent fréquenté autrefois. L’emblématique famille Landreau, gérante de ce débit de boisson, et dont l’histoire était indissociable de celle de notre commune, avait été remplacée. L’endroit avait été sensiblement modernisé, et adapté au goût du jour. Un bar avait été installé, ainsi qu’un bloc sanitaire dans une partie annexe de la maison, partie autrefois occupée par les étables. (en plus d’être cafetier l’ancien patron était aussi fermier). Le baby-foot restait un élément indispensable au décor, cependant un juke-box nouvellement installé, lui volait dorénavant la vedette. Cette formule d’accueil d’un nouveau genre, obtenait auprès des jeunes, un franc succès. Nous ne faisions pas exception à la règle et aimions terminer nos journées dans une adéquation parfaite entre la mentalités de notre génération et l’ambiance que l’on pouvait trouver en ce lieu.



Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie