Le pied du mur

La peur n’empêche pas la souffrance elle interdit simplement de vivre et d’être heureux. A cette époque j’avais passé plus de temps à rêver qu’à prendre les initiatives nécessaires à la réalisation de mes projets. Le manque de confiance en moi parasitait mon esprit et m’ôtait toutes facultés de raisonnement. Plutôt que de relever le défi, je préférais le fuir et je me déculpabilisais en me promettant d’affronter l’épreuve un peu plus tard.
Je m’étais donc inscrit à l’examen du permis de conduire contraint et forcé car nous vivions une ère où la voiture était en train de devenir un élément indispensable du cadre de vie. Les démarches administratives, ainsi que les nombreuses semaines de formation et d’examens avaient suscité chez moi une très vive tension. L’angoisse n’avait que trop duré et mon récent succès m’avait libéré d’une contrainte qui devenait chaque jour un peu plus pénible.
J’étais heureux de retrouver mon calme et ne voyais pas dans le proche avenir l’arrivée d’éléments oppressifs qui pourraient de nouveau me déstabiliser.
J’avais bien des projets à plus ou moins long terme, mais je n’étais pas au pied du mur et aucune obligation ne bousculant mes habitudes, je pouvais donc continuer a vivre l’instant présent sans me soucier du reste.

Extrait du livre de mes mémoires

Nous avions des projets d’avenir.  J’étais tombé d’accord avec Chantal, et nous avions décidé de ne pas acheter une seconde voiture. La sienne suffisait pour le week-end, et dans la semaine je profitais d’un transport gratuit pour me rendre à mon travail.
Cette stratégie était sans conteste la plus habile façon d’amasser un substantiel pécule dans un minimum de temps. Elle avait pour inconvénient majeur, de me priver totalement de liberté, car pour mes déplacements, je dépendais à cent pour cent d’autrui. Les rares occasions qui m’étaient offertes de prendre un volant, soulignaient un autre défaut de ce plan, le manque de pratique me confinait désespérément au stade de novice, dans la manière de piloter un véhicule. C’est mon employeur qui apporta le remède à ce désagrément. Comme une traînée de poudre, la nouvelle de ma réussite à l’examen du permis avait fait le tour de la société et était arrivée aux oreilles de nos dirigeants, qui recherchaient un remplaçant à notre chauffeur de navette, appelé à exercer d’autres fonctions. Ma convocation auprès de la direction du personnel, n’avait pas tardé à me parvenir. L’entretien n’avait pas duré plus de dix minutes. La nouvelle m’avait fait l’effet d’une bombe et j’étais sorti du bureau complètement abasourdi.
Je n’avais que vingt quatre heures pour réfléchir, mais j’étais parasité par le peur de ne pas être à la hauteur.
La nuit avait été longue et sans repos.
Pour avancer dans la vie, il fallait que je sois confronté à ce genre de situations où je n’avais pas d’autre choix que l’acceptation . Au regard de l’immense intérêt que représentait la gratuité de mes déplacements professionnels, il était en effet bien difficile de refuser le service qui m’était demandé. Je savais malgré mes craintes, que la prise en charge d’une telle fonction non dénuée de responsabilités, restait  pour moi un privilège et m’apporterait plus d’atouts que le contraire. Je n’ignorais pas non plus qu’un refus, signifierait la suppression pur et simple de ce moyen de transport et une remise en cause de mes futurs intentions. Depuis six ans que j’utilisais une mobylette pour mes déplacements, j’avais affronté avec résignation, tous les caprices du temps. Loin d’être l’ennemi du confort pour en avoir été trop longtemps privé, je savais que désormais je pourrais voyager à l’abri du froid et de la pluie. L’avantage n’était pas des moindres. Grâce également à une pratique quotidienne de la conduite, mon manque d’expérience en matière de pilotage ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Cette complète implication dans une telle aventure, ne concernait personne d’autre que moi, j’étais le seul maître à bord, garant de la vie des sept personnes, qui m’accompagnaient tous les matins. Les premières semaines de ma toute nouvelle attribution, ne furent pas couronnées de gloire. J’étais mal à l’aise et sentais le poids de ma lourde responsabilité me peser sur les épaules.
Il fallait que je me familiarise avec cette fourgonnette, qui n’était pas du même gabarit qu’une voiture ordinaire. Je ressentais à l’intérieur de l’habitacle une certaine tension de la part de mes collègues qui n’étaient pas sans ignorer mes maladresses au volant. Pourtant au fil des jours la sérénité gagna du terrain, le temps qui passait étant mon précieux allié, la confiance entre le chauffeur et ses passagers s’instaurait, au fur et mesure que les trajets s’effectuaient dans de bonnes conditions. La routine remplaça vite le tâtonnement de mes débuts et avec l’assurance acquise j’organisai mon planning au rythme des entretiens réguliers du véhicule et des passages obliges à la station essence.



Peur au ventre

Avril mille neuf cent soixante quinze, les salles de cinémas s’apprêtaient à projeter, la dernière œuvre cinématographique d’Henri Verneuil ,dont le rôle principal était tenu par la star du moment, Jean Paul Belmondo. Peur sur la ville était le titre de ce film  qui allait à n’en pas douter obtenir un franc succès auprès des cinéphiles.
La peur était également pour moi d’actualité, elle était même fortement ancrée dans ma tête au point que mes intestins faisaient des nœuds et que mon cœur battait à tout rompre. La raison de cet état d’extrême anxiété n’était rien d’autre que  le jour j était arrivé, et qu’il me fallait affronter le regard autoritaire et déstabilisant de l’inspecteur du permis de conduire.

Extrait du livre de mes mémoires

Mon inscription à l’examen de conduite qui correspondait également à ma quatrième tentative, coïncidait avec le début du printemps. Je sentais monter l’adrénaline au fur et à mesure que le jour fatidique approchait. Le souvenir de mes trois précédents échecs, ainsi que l’appréhension  de devoir à nouveau me confronter à un inspecteur autoritaire, ne m’aidait pas à trouver en moi l’énergie nécessaire au franchissement du cap de cette inévitable phase de ma vie.
Mon état de nervosité avait été à son paroxysme durant ces dernières vingt quatre heures, et pourtant en m’asseyant au volant et sans que je sache réellement pourquoi mon attitude changea brusquement. La peur était toujours aussi présente mais j’étais tellement tétanisé que je n’arrivais même plus à penser, j’agissais comme un robot aux ordres qui m’étaient donnés. J’avais l’impression de voler vers une autre planète.
Les gestes maintes fois répétés étaient machinalement mais correctement exécutés. Je sentis l’inspecteur confiant lorsqu’il commença un peu a m’oublier en discutant avec mon moniteur. En diminuant ainsi la pression qu’il exerçait sur moi, il me donna enfin l’occasion de me détendre et de retrouver petit à petit la confiance et la sérénité, qui me faisaient si souvent défaut. Pour la première fois j’avais le sentiment que la victoire m’attendait au bout du chemin.
Après vingt minutes d’un combat acharné contre mon ego, la boucle était bouclée et j’immobilisai mon véhicule à l’endroit même où je l’avais trouvé au début de notre périple. Quelques instants de silence et l’examinateur me demanda de descendre. Je savais que cet injonction était également un test piège dans lequel il ne fallait pas tomber. Un bref regard dans mon rétroviseur, suivi d’une rotation de la tête vers l’arrière, pour m’assurer que la voie était libre, je pus ouvrir ma portière et descendre de la voiture avant de rejoindre le trottoir. D’un geste rapide de la main mon instructeur me fit comprendre que la partie était gagnée. Une poignée de minutes plus tard, je pus en effet palper entre mes doigts ce précieux imprimé rose qui m’avait donné tant de fil à retordre.
Bien que nous soyons un jeudi, Chantal m’attendait à quelques mètres de distance. Sans doute devait elle être en congés ce jour là. Elle n’avait pas perdu une miette de la scène. Elle jubilait tout autant que moi. Pour m’avoir accompagné depuis le début de l’expérience, pour avoir été témoin de mes échecs, pour avoir partagé mes désappointements, il était naturel qu’elle puisse également se réjouir de ma victoire.



Premières esquisses

En ce mois de mars de l’année mille neuf cent soixante quinze, la guerre froide qui succéda au conflit mondial de 39-45 perdurait entre le bloc de l’est, la Chine y compris, et le bloc de l’ouest dominé par la puissante Amérique de Gérald Ford.
La menace nucléaire empêchait indiscutablement les affrontements directs, la mode était plutôt aux conflits interposés.
Le Vietnam qui n’en finissait pas de dénombrer ses morts continuaient toujours à faire la une de l’actualité. Au nord les communistes pouvaient toujours compter sur l’appui de l’URSS et de la Chine, tandis qu’au sud, les américains avaient fait leur valise, abandonnant leurs anciens alliés à une mort certaine . L’heure des règlements de compte allait sonner. La fin de la guerre civile était proche et avec elle le monde allait découvrir la tragédie du plus grand génocide perpétué à l’encontre d’un peuple depuis les déportations massives de juifs sous le régime nazi.
Alors que la majorité de mes congénères recevaient la nouvelle comme une information parmi tant d’autres, sans y accorder davantage d’importance, des événements gravissimes comme nous étions en train de les vivre, continuait toujours à fortement égratigner ma sensibilité. Je m’en voulais de ne pas être capable de prendre de la distance par rapport à des crises qui n’étaient ni de ma compétence, ni de ma responsabilité, mais mon caractère était ainsi fait, et je ne pouvais rien y changer.
Pourtant le printemps annonçait le renouveau et, après une longue période de grisaille, le soleil redonnait des couleurs à ma vie qui prenait d’ailleurs un nouveau virage. Mon avenir se dessinait peu à peu, même si j’en étais encore qu’aux premières esquisses.

Extrait du livre de mes mémoires

Chantal travaillait à la bibliothèque municipale et n’était pas libre le samedi. Je passais donc une partie de la journée seule, le plus souvent à me balader en ville. Lorsque le temps était maussade je restais confiné dans ma chambre et je m’isolais du reste du monde en écoutant de la musique. L’achat récent d’un casque d’écoute m’aidait d’ailleurs encore plus facilement qu’avant à m’enfuir vers le paradis de mes rêves.
Cette évasion du corps par l’esprit était interrompue par Chantal qui en pénétrant dans la pièce, me ramenait à la réalité.
Elle venait me rendre visite, sa journée achevée. Nous décidions de notre emploi du temps du lendemain. Les rapports que j’entretenais avec ses père et mère, avaient sensiblement évolué, j’étais désormais régulièrement invité au sein de leur foyer, mon intégration devenait officielle et j’apprenais petit à petit à faire connaissance avec le reste de la famille. Jeanne, la sœur de Chantal et mon cousin Dominique avait l’intention de se marier au mois d’août de cette même année. Tous les quatre nous étions devenus inséparables et nous avions pris l’habitude d’organiser ensemble, bon nombre de sorties. Des balades au bord de la mer, ou des soirées restaurants, entrecoupées par des visites aux parents et amis, constituaient la majorité de nos virées.
Ma vie était en train de changer doucement mais sûrement, mon avenir commençait à me paraître moins flou, quelques projets germaient dans ma tête, je retrouvais enfin la direction de mon chemin.



Situations délicates

J’avais vécu le décès de ma mère comme une sorte de cataclysme. Alors que je n’avais pas encore sept ans, cette tragédie avait considérablement chamboulé ma personnalité.
J’avais soudainement pris conscience que le malheur existe, et l’expression çà n’arrive pas qu’aux autres s’imposait désormais à moi comme un évidence. Parmi les nombreux désordres psychologiques qui polluaient à présent mon esprit, la peur de vivre se taillait indiscutablement la part du lion.
Tel un miroir tombant sur le sol, mon enfance s’était brisée. Je haïssais le destin qui m’avait volé mes rêves de petit garçon, je refusais cette idée de devenir adulte avant l’heure. Aussi je tentais de recoller les morceaux de ce miroir, mais rien n’était plus comme avant, car lorsque je regardais mon reflet, je ne voyais qu’une image irrémédiablement déformée.
Pourquoi fallait-il que je me sente systématiquement sur une autre longueur d’onde que celle des enfants de mon âge. Supportant très mal ma différence, je privilégiais la fuite plutôt que la confrontation.
J’avais peur de vivre, car vivre c’est prendre le risque de souffrir et pourtant ne pas oser ne me préservait en rien du destin qui m’était réservé.

Extrait du livre de mes mémoires

Je ne me reconnaissais plus dans la manière de penser et d’agir de mes camarades. Je ne détestais de mon caractère cette sensibilité particulière qui me distinguait des autres, ce que je détestais en moi c’était cette faiblesse qui m’interdisait d’affirmer ma différence.
Loin de corriger ce défaut de ma personnalité, et parce le besoin de me protéger était en moi le plus fort , j’avais choisi au contraire de me taire et de faire semblant
Ne pas prendre de risque pour ne pas souffrir et fuir plutôt que de combattre m’apporteraient la sérénité dont j’avais tant besoin, c’était ma manière de penser.
Lourde erreur qui me conduisait au contraire à me sous-estimer chaque jour un peu plus, jusqu’à perdre totalement confiance en mes capacités à diriger ma vie.
Peu loquace, timide et facilement déstabilisé par des interlocuteurs aux personnalités bien trempées, il m’était très difficile d’affronter des situations délicates. Dans ces conditions, il n’était pas étonnant que le permis de conduire constitua dans mon cas, un obstacle délicat à franchir, dans la mesure ou l’épreuve nécessitait une confrontation avec un inspecteur qui représentait à mes yeux  l’autorité et le pouvoir absolu. Cette mise en présence générait chez moi un état de stress d’une telle intensité que mes trois premières tentatives d’examens s’étaient soldées par un désastre.



Opulence de Noël

Noël, c’est le rassemblement familial par excellence, le grand rendez-vous convivial et amical de l’année. On s’aime tous, et si l’on ne s’aime pas, on fait la trêve pour quelques heures.
Noël c’est le bonheur d’être ensemble, que l’on célèbre dans l’opulence des cadeaux et des festins, c’est du moins l’image que nous en donne les différents médias. Quelques allusions aux personnes déshérités et aux associations qui les entourent, mais pas trop, toute vérité n’ai pas bonne à dire, il ne faut pas gâcher le plaisir du moment.
A lire les journaux, à écouter la radio, ou à regarder la télévision, que l’on soit seul, malade, triste, déprimé, il faudrait quand même faire la fête.
Hé bien messieurs les journalistes sachez que malgré les sourires et les embrassades il existe des gens qui ne nagent pas dans le bonheur, et qui détestent encore plus qu’un autre jour, ce moment forcé et programmé de leur existence.
Je ne fais plus partie depuis bien longtemps de cette catégorie d’individus dont Noël exacerbe la solitude, j’ai rejoint le clan des égoïstes qui vivent les festivités de fin d’année, trop souvent dans la démesure, mais je n’ai rien oublié des injustices de ce monde, simplement je fais comme tout le monde, en sorte de ne pas y penser.

Extrait du livre de mes mémoires

Le mois de décembre s’affichait au calendrier. Nous étions rentré définitivement dans l’ère de la consommation de masse, et une nouvelle méthode  publicitaire faisait son apparition. Les acheteurs étaient désormais démarchés par l’intermédiaire de prospectus déposés directement dans leur boîte à lettres. Catalogues de jouets, de grosses bouffes et de cadeaux en tout genre s’ajoutaient aux rares lettres que le facteur me délivrait.
Le centre ville grouillait de monde, et l’euphorie décrite dans les journaux était bien réelle. J’étais de ceux qui allaient le moins dépenser. C’est vrai qu’à Noël, l’isolement est plus lourd à porter qu’à n’importe quelle autre période de l’année, mais j’avais l’intuition que ma vie était en train de changer. Juste me fallait-il encore un peu de patience.
L’hiver ne ressemblait en rien à ce Noël des cartes postales ou la neige recouvre les paysages de son blanc manteau, il faisait très doux et les vêtements chauds n’étaient pas de rigueur.
Le soir du réveillon venu, mon parrain qui habitait à quelques encablures de chez moi, me fit savoir qu’il désirait me faire un cadeau pour marquer l’année de mon vingtième anniversaire.
Il n’y avait pas grand monde dans la rue. La foule des voitures et des passants de la veille au soir, avait fondu comme de la glace, il faisait nuit et le silence portait plus encore qu’en un autre temps, ma solitude.
A travers la vitre de la porte d’entrée, j’apercevais la lumière, je pouvais donc sonner quelqu’un m’attendait. Certains membres de la famille étaient partis à la messe, d’autres n’étaient pas encore arrivés. La table était dressée au milieu de la salle à manger, et le mur et les plafonds avaient été joyeusement décorés. Le sapin trônait dans un coin, entre la cheminée et le canapé, et je sentais l’odeur de la bonne cuisine, qui émanait de la pièce voisine. Je n’avais pas aperçu la crèche mais j’arrêtai là mon tour d’horizon au risque de paraître indiscret. Je me sentais très mal à l’aise, comme un intrus parachuté au milieu d’un décor qui n’était pas le sien. En d’autres circonstances j’aurais apprécié le cadeau qui m’était offert. Dans ce cas précis j’avais l’impression de faire pitié, et je détestais ce sentiment.
Mon parrain avait perçu mon mal être mais ne l’avait pas interprété de la bonne manière. Il enfonçait le clou en me proposant de rester dîner avec eux. Bien que très confus j’avais décliné son offre. Je ne sais pas s’il avait compris mon attitude, mais je me souviens d’avoir été très soulagé de me libérer de l’embarras de cette situation, lorsque après l’avoir remercié de sa gentillesse, je franchis la porte de sortie.



Innacessible bonheur

Je crois que le bonheur est un rêve assez inaccessible, mais je crois aussi que la vie est faite de petits bonheurs, qui sont plus à portée de main. Arrêtons de compter sur l’avenir, car demain ne sera pas forcément un jour meilleur, sachons plutôt profiter du temps présent et des satisfactions qu’il nous apporte.
Côtoyer la mort est une expérience qui m’a éclairé sur l’essentiel. Côtoyer la mort est une expérience qui m’a appris à  marcher vers les autres. Côtoyer la mort est une expérience qui m’a donné le goût de l’observation.
Aujourd’hui je remercie la science de cet immense cadeau  qu’elle m’a offert de pouvoir prolonger encore pour quelques temps mon chemin.
Lundi 1er février 2010, mon second petit fils vient de naître, n’est ce pas là le summum de la joie et la meilleure des raisons qui me soit offerte de déposer les armes et de faire définitivement la paix avec mon passé.
En cette fin d’année 1974 , j’étais loin d’atteindre ce degré de raisonnement, mon cerveau s’encombrait systématiquement de vilains souvenirs, en ne laissant pas la place aux plus beaux. Je pariais sur l’avenir et oubliait totalement d’observer le soleil qui brillait aussi pour moi.
Mon corps tout entier continuait d’exprimer sa souffrance, et mon hypocondrie ne faisait qu’accentuer les douleurs réelle que je ressentais au niveau de la tête et des muscles.
Comme je ne trouvais pas d’autres façons d’agir que de m’apitoyer sur mon sort, un terrible mal de dent acheva de m’anéantir en ce dernier dimanche d’automne pluvieux.

Extrait du livre de mes mémoires

En ce dimanche de fin d’automne, mon moral était au plus bas. Outre mes douleurs musculaires et mes migraines qui reprenaient du service, j’étais cloué sur le lit par un fort mal de dent, que le dentiste n’avait pas su calmer. Il ma fallait attendre le lundi pour enfin me libérer de cette torture, et j’avais dit à Chantal qui avait désormais son permis de ne pas venir de voir car je n’avais qu’une seule et unique envie s’était de me soulager à coup de cachets et de dormir pour ne pas tomber dingo.
Seul point positif de cette épreuve, mes relations avec ma direction était au beau fixe et je savais que de m’absenter une demi-journée sans prévenir, ne posait aucun souci.
Depuis mon retour de vacances, mon service avait été transféré dans un autre bureau du rez-de-chaussée. L’un de mes collègues , était parti effectuer son service militaire et avait été rapidement remplacé par un autre. La moyenne d’âge des employés de notre équipe comme celles de l’ensemble du personnel était de vingt huit ans, de ce fait l’établissement ne manquait pas de dynamisme. Vitalité d’autant plus grande que le chiffre d’affaire, ainsi que les investissements ne cessaient de croître. Les salariés étaient les témoins de cette fabuleuse mutation. Dans ce contexte de prospérité, l’essor incessant de la société et l’indiscutable réussite de nos chefs, ne faisaient qu’augmenter la motivation et les initiatives individuelles de leurs employés qui rêvaient en secret à l’éventualité d’une promotion.
Avant de posséder la gloire, nos dirigeants avaient connu des heures difficiles. A force de travail et de persévérances, ils étaient parvenus à la plus haute marche du podium. Loin de s’opposer à la modernité, leur rigueur dans la gestion des affaires, était cependant influencée par le poids des traditions familiales, ils avaient en effet hérité de l’entreprise paternelle. Adhérer à ce mode de fonctionnement, c’était adopter une mentalité spécifique à la société, en conséquence de quoi, nous formions autour de notre président directeur général, un clan dont les règles de conduite étaient fixées par les us et coutumes en vigueur. L’entente entre patrons et ouvriers, ne se limitaient pas uniquement à l’exercice de notre profession, nous ne manquions pas en effet de partager le verre de l’amitié à l’occasion des anniversaires. Le comité d’entreprise organisait de son côté trois fêtes importantes : la remise des médailles, les catherinettes et l’arbre de noël. Lorsque un membre de notre communauté convolait en juste noce, nous étions conviés à la cérémonie et invités également  le soir à danser. Les samedis étaient donc souvent occupés par ce genre de manifestations, et comme Chantal était autorisée à conduire, nous pouvions jouir enfin de cette liberté de mouvement que nous avions tant convoitée et profiter à notre guise de ces réunions festives, qui nous donneraient de plus en plus, l’occasion de nous évader de notre environnement habituel.



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