Situations délicates

J’avais vécu le décès de ma mère comme une sorte de cataclysme. Alors que je n’avais pas encore sept ans, cette tragédie avait considérablement chamboulé ma personnalité.
J’avais soudainement pris conscience que le malheur existe, et l’expression çà n’arrive pas qu’aux autres s’imposait désormais à moi comme un évidence. Parmi les nombreux désordres psychologiques qui polluaient à présent mon esprit, la peur de vivre se taillait indiscutablement la part du lion.
Tel un miroir tombant sur le sol, mon enfance s’était brisée. Je haïssais le destin qui m’avait volé mes rêves de petit garçon, je refusais cette idée de devenir adulte avant l’heure. Aussi je tentais de recoller les morceaux de ce miroir, mais rien n’était plus comme avant, car lorsque je regardais mon reflet, je ne voyais qu’une image irrémédiablement déformée.
Pourquoi fallait-il que je me sente systématiquement sur une autre longueur d’onde que celle des enfants de mon âge. Supportant très mal ma différence, je privilégiais la fuite plutôt que la confrontation.
J’avais peur de vivre, car vivre c’est prendre le risque de souffrir et pourtant ne pas oser ne me préservait en rien du destin qui m’était réservé.

Extrait du livre de mes mémoires

Je ne me reconnaissais plus dans la manière de penser et d’agir de mes camarades. Je ne détestais de mon caractère cette sensibilité particulière qui me distinguait des autres, ce que je détestais en moi c’était cette faiblesse qui m’interdisait d’affirmer ma différence.
Loin de corriger ce défaut de ma personnalité, et parce le besoin de me protéger était en moi le plus fort , j’avais choisi au contraire de me taire et de faire semblant
Ne pas prendre de risque pour ne pas souffrir et fuir plutôt que de combattre m’apporteraient la sérénité dont j’avais tant besoin, c’était ma manière de penser.
Lourde erreur qui me conduisait au contraire à me sous-estimer chaque jour un peu plus, jusqu’à perdre totalement confiance en mes capacités à diriger ma vie.
Peu loquace, timide et facilement déstabilisé par des interlocuteurs aux personnalités bien trempées, il m’était très difficile d’affronter des situations délicates. Dans ces conditions, il n’était pas étonnant que le permis de conduire constitua dans mon cas, un obstacle délicat à franchir, dans la mesure ou l’épreuve nécessitait une confrontation avec un inspecteur qui représentait à mes yeux  l’autorité et le pouvoir absolu. Cette mise en présence générait chez moi un état de stress d’une telle intensité que mes trois premières tentatives d’examens s’étaient soldées par un désastre.



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