Premières esquisses

En ce mois de mars de l’année mille neuf cent soixante quinze, la guerre froide qui succéda au conflit mondial de 39-45 perdurait entre le bloc de l’est, la Chine y compris, et le bloc de l’ouest dominé par la puissante Amérique de Gérald Ford.
La menace nucléaire empêchait indiscutablement les affrontements directs, la mode était plutôt aux conflits interposés.
Le Vietnam qui n’en finissait pas de dénombrer ses morts continuaient toujours à faire la une de l’actualité. Au nord les communistes pouvaient toujours compter sur l’appui de l’URSS et de la Chine, tandis qu’au sud, les américains avaient fait leur valise, abandonnant leurs anciens alliés à une mort certaine . L’heure des règlements de compte allait sonner. La fin de la guerre civile était proche et avec elle le monde allait découvrir la tragédie du plus grand génocide perpétué à l’encontre d’un peuple depuis les déportations massives de juifs sous le régime nazi.
Alors que la majorité de mes congénères recevaient la nouvelle comme une information parmi tant d’autres, sans y accorder davantage d’importance, des événements gravissimes comme nous étions en train de les vivre, continuait toujours à fortement égratigner ma sensibilité. Je m’en voulais de ne pas être capable de prendre de la distance par rapport à des crises qui n’étaient ni de ma compétence, ni de ma responsabilité, mais mon caractère était ainsi fait, et je ne pouvais rien y changer.
Pourtant le printemps annonçait le renouveau et, après une longue période de grisaille, le soleil redonnait des couleurs à ma vie qui prenait d’ailleurs un nouveau virage. Mon avenir se dessinait peu à peu, même si j’en étais encore qu’aux premières esquisses.

Extrait du livre de mes mémoires

Chantal travaillait à la bibliothèque municipale et n’était pas libre le samedi. Je passais donc une partie de la journée seule, le plus souvent à me balader en ville. Lorsque le temps était maussade je restais confiné dans ma chambre et je m’isolais du reste du monde en écoutant de la musique. L’achat récent d’un casque d’écoute m’aidait d’ailleurs encore plus facilement qu’avant à m’enfuir vers le paradis de mes rêves.
Cette évasion du corps par l’esprit était interrompue par Chantal qui en pénétrant dans la pièce, me ramenait à la réalité.
Elle venait me rendre visite, sa journée achevée. Nous décidions de notre emploi du temps du lendemain. Les rapports que j’entretenais avec ses père et mère, avaient sensiblement évolué, j’étais désormais régulièrement invité au sein de leur foyer, mon intégration devenait officielle et j’apprenais petit à petit à faire connaissance avec le reste de la famille. Jeanne, la sœur de Chantal et mon cousin Dominique avait l’intention de se marier au mois d’août de cette même année. Tous les quatre nous étions devenus inséparables et nous avions pris l’habitude d’organiser ensemble, bon nombre de sorties. Des balades au bord de la mer, ou des soirées restaurants, entrecoupées par des visites aux parents et amis, constituaient la majorité de nos virées.
Ma vie était en train de changer doucement mais sûrement, mon avenir commençait à me paraître moins flou, quelques projets germaient dans ma tête, je retrouvais enfin la direction de mon chemin.



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