Faiblesse et ignorance

Depuis toujours les plus faibles ont été maintenus dans l’ignorance pour pouvoir être plus facilement bernés et exploités par les plus forts.

L’église Catholique a fait partie des ces institutions qui se sont attachées à entretenir la misère dans tous les sens du terme, afin d’exercer un pouvoir despotique sur une population largement désarmée.

Au moyen-âge par exemple, le tribunal de l’inquisition traquait sans relâche les hérésies (doctrine contraire aux idées émises par une religion).Les hérétiques étaient donc condamnés au bûcher, pratique barbare bien loin de l’image que les écritures saintes nous donnent d’un Christ tolérant

A la même époque le clergé s’enrichissait sur le dos des riches incrédules en leur vendant des indulgences, une sorte de billet d’entrée au paradis sans passer par le purgatoire.

Plus tard la division du peuple en trois ordres, plaçait également le clergé (il existait le bas et le haut clergé) en position de privilèges au détriment du bas peuple (le tiers état) qui travaillait sans relâche pour enrichir évêques cardinaux et autres  »autorités morales »

L’accès au savoir via l’alphabétisation par la grande majorité, puis la division de l’église et de l’état en mille neuf cent cinq sont deux causes importantes de la perte progressive de l’autorité de l’église sur la population.

De nos jours et malgré qu’elle se soit considérablement affaiblie cette même autorité tente de peser encore sur les consciences et provoque dans bien des cas, énormément de souffrances morales.

Considérée comme rigide, réactionnaire, et bien peu compatissante, envers notamment les nouvelles techniques de procréation, l’autorité ecclésiastique estime également que les moyens contraceptifs sont une totale fermeture à la vie limitant la sexualité à un simple moyen de plaisir.

D’autre part cette même autorité ecclésiastique, précise que le préservatif introduit une barrière de latex dans ce qui devrait être l’union amoureuse de deux corps, mais ne protège pas complètement des M.S.T

Le Vatican est contre l’avortement et milite pour la vie et évidement en protégeant inconditionnellement cette dernière (la surpopulation mondiale, la grande précarité, la malnutrition ne sont pas ses problèmes) .

Le Vatican n’est pas raciste, il n’est pas homophobe non plus, il exprime exclusivement son désaccord envers certains comportements humains.

Le pape condamne, sermonne sans relâche sans la moindre dose de compassion, rappelle à la vertu en oubliant simplement de balayer devant sa porte, l’actualité récente vient de nous le démontrer.

En avril de cette année mille neuf cent soixante seize, nous étions bien loin de cette polémique sur les prêtres pédophiles. La première cérémonie de la remise des césars avait eu lieu, le film  » le vieux fusil » avait remporté le précieux trophée et tandis que nous étions en train d’en débattre, notre voiture nous transportait tranquillement vers le sud de la France.


Extrait du livre de mes mémoires


Nous partîmes donc à deux véhicules, dans la soirée du samedi. Cette conduite nocturne, nous permettait d’éviter embouteillages et autres aléas de la circulation, habituels en cette période de grand rush.

Voyager par l’autoroute n’était pas encore rentré dans nos mœurs. Ces infrastructures routières étaient d’ailleurs beaucoup moins développées, que de nos jours. Nous avions donc naturellement choisi d’emprunter la nationale avec son cortège de virages et de parties de routes en mauvais états. De longs trajets à travers la campagne étaient entrecoupés par la traversée de villes et de villages, brisant ainsi la monotonie du parcours. Nous n’étions que très rarement éblouis par les phares des voitures car conformément à nos prévisions, le trafic était peu dense. Nous n’avions cependant pas envisagé d’être arrêté par un barrage policier qui après vérification des papiers nous avait laissés filer. Nous n’avions pas non plus prévu qu’une escapade de nuit, conjuguée avec une période de jours fériés, auraient pour conséquences la fermeture de nombreux commerces.

La première partie du circuit n’avait été émaillée par aucun incident majeur. La sérénité ambiante aidant je m’étais légèrement assoupi, doucement bercé par le ronronnement du moteur. La seconde portion du trajet fut beaucoup plus préoccupante. Sur une distance de quarante kilomètres environ, l’indicateur de niveau de carburant nous avait averti de l’imminence d’une pénurie. A présent le voyant lumineux ne clignotait plus et la situation devenait dramatique. Au fur et à mesure que nous passions à côté d’un distributeur fermé, la tension montait d’un cran. Le téléphone portable n’existant pas, ce fut lors d’un arrêt que nous pûmes informer de notre infortune, le véhicule de tête piloté par Jean le frère aîné, accompagné d’Anne Marie la future épouse. Nous envisageâmes de ranger notre voiture sur le parking d’une station et de passer le reste de la nuit à attendre. Notre période de repos sans sommeil fut de courte durée, nous n’avions pas la certitude qu’au petit jour, l’ouverture des pompes serait effective, aussi nous nous ravisâmes. Nous repartîmes donc, avec le secret espoir qu’un miracle s’accomplisse et que l’on puisse enfin sortir de cette situation délicate. Nous traversions une région vallonnée et profitions des descentes pour couper notre moteur afin d’économiser un maximum nos réserves. Un profond silence régnait au sein de notre habitacle, mais nos préoccupations respectives convergeaient. L’instant de notre délivrance se produisit enfin lorsque nous atteignîmes la ville de Montauban où nous pûmes finalement nous approvisionner, en remerciant le ciel de sa compassion.

L’atmosphère s’était largement détendue et nous avions à présent retrouvé la parole et également notre bonne humeur. Nous repartîmes donc pour l’étape finale qui nous conduirait dans la capitale du Tarn.

Nous avions été largement distancés, mais nous savions que notre retard ne serait pas une source d’inquiétude. Nous nous étions fixés un point de rencontre au centre d’Albi où Henri devait nous accueillir. C’est muni d’un plan approximatif que nous parvînmes au petit matin à l’adresse indiquée. Nos compagnons de route avaient eu le temps de découvrir l’appartement et d’effectuer le déchargement de leur automobile avant de rejoindre notre lieu de rendez-vous, car la petite ville dans laquelle Anne Marie et Henri allaient s’installer n’était qu’à quelques kilomètres de distance. Notre petite mésaventure avait pimenté notre voyage et elle ne manqua pas de provoquer auprès de ceux qui avaient guetté notre arrivée, plaisanteries et taquineries de toutes sortes. Nous avions bien besoin de nous accorder un petit temps de repos. Nous nous rendîmes dans une brasserie et c’est autour d’un café accompagné de croissants que nous décidâmes du programme de notre week-end. La modeste location, à l’intérieur de laquelle nous devions déposer nos cartons, était située dans la partie ancienne du bourg de Saint Juéry.

Cette petite localité implantée à la périphérie d’Albi possédait le charme tranquille d’une commune campagnarde, tout en bénéficiant des avantages de l’agglomération voisine. Notre contribution à l’aménagement du couple étant limitée au transport et à la livraison de nos colis, nous pouvions sans complexe, consacrer le reste de notre séjour à nos loisirs. Henri connaissait bien la région, il nous servit de guide.

Nous consacrâmes le reste de la matinée à la découverte du centre historique de la capitale du département et plus particulièrement à la visite de la basilique Sainte Cécile, ainsi qu’à celle de la maison des compagnons, maison pour laquelle Henri s’était fortement impliqué au sein de l’équipe dirigeante. Nous n’avions pas prévu de déjeuner, nous nous contentâmes de sandwichs. Une balade en voiture était nécessaire pour rejoindre à une vingtaine de kilomètres de notre lieu de résidence, la petite commune d’Ambialet. Juchée sur une épine dorsale, cette cité de caractère solidement ancrée sur son rocher, dominait les méandres majestueux de la rivière, en offrant aux promeneurs une vue panoramique exceptionnelle sur la nature sauvage de la vallée du Tarn. Henri avait été bien avisé de nous conduire dans un tel endroit, car j’étais très amateur de ce genre d’excursion et le cadeau était à la hauteur de ce que j’avais espéré découvrir. Notre journée s’acheva par notre retour dans la demeure de nos futurs mariés.

Dans une ambiance très conviviales nous prîmes un modeste repas que nous avions préparé à l’aide des quelques victuailles emportées dans nos bagages. Avant de prendre un repos bien mérité sur des couchettes improvisées, installées à même le sol et disséminées dans tous les coins de la maison, nous conclûmes notre veillée en jouant à la traditionnelle partie de belote, comme nous avions l’habitude de le faire durant les réunions de famille. Quelques heures de sommeil plus tard, les membres engourdis et le mal de dos en prime, nous avalâmes notre petit déjeuner au café du coin avant de consacrer le laps de temps qu’il nous restait à visiter à quelques encablures à pied, le saut du Tarn. A cet endroit, la rivière emprunte un relief accidenté et s’engouffre dans un couloir étroit et fortement encaissé. Ses eaux bouillonnantes permettent la pratique du canoë-kayac favorisant ainsi l’attrait touristique des lieux. Très vite nous dûmes prendre congés d’Henri et nous résigner à regagner nos voitures, notre séjour touchait à sa fin et il était temps de repartir.

Une demie journée de route nous attendait avant de retrouver la quiétude et le confort de nos lits ainsi que nos habitudes.



Heures d’été, heures d’hiver

Après le premier choc pétrolier, et pour faire face au déficit abyssal du commerce extérieur, consécutif aux lourdes dépenses engendrées par l’achat d’un pétrole hors de prix, il devenait urgent pour le gouvernement, d’adopter une autre politique que celle du gaspillage.

C’est à cette époque que les états prirent véritablement conscience du fait que les ressources naturelles n’étaient pas inépuisables, et que leur raréfaction provoquerait dans un avenir plus ou moins proche, une crise mondiale sans précédent.

Il fallait impérativement changer les pratiques, et par une offensive publicitaire de grande ampleur, les responsables des pays les plus industrialisés, inculquaient dans l’esprit de leurs concitoyens la notion de tempérance en matière de dépenses d’énergies.

En France nos politiciens encourageaient par exemple l’isolation thermique des habitations, et dans la construction automobile, il était demandé de faire des efforts pour que les voitures soient moins consommatrices en carburant.

Dans la panoplie des dispositions, le gouvernement Chirac (alors premier ministre) avait institué le passage de l’heure d’hiver à celle d’été, et vice-versa. Cette mesure appliqué dès l’année mille neuf cent soixante quinze, avait pour but d’adapter les heures où la population était en activité à celles de l’ensoleillement, ce qui limitait la consommation électrique et donc la production de nos centrales, car notre pays dépendait cruellement de l’étranger en matière énergétique.

Ce bouleversement dans nos habitudes, suscitait de nombreuses polémiques, (certains prévoyaient d’entrer en « résistance » en ne changeant pas d’heure…), mais nos politiciens tenaient bon et appliquèrent fermement leur décision.

A toute chose malheur est bon. Il est indéniable que ces différents changements de direction entraînèrent immanquablement une révolution dans les mentalités et avec elle le développement d’une nouvelle forme d’industrie.

De nos jours le débat n’est toujours pas clos. Il y a toujours une infime minorité d’opposants à ces changements d’horaire, et les revendications concernent la pertinence d’un telle mesure, ou les troubles que cela apportent aux nourrissons, aux personnes âgées et aux animaux.

Le grenelle de l’environnement qui porte sur la prévention du changement climatique et de ses conséquences, sur la préservation de la biodiversité et sur la prévention de la conséquence des pollutions sur la santé est une grande décision qui vient compléter les efforts consentis par une population désormais largement informée par les dangers d’un comportement irresponsable.

Au moment où j’écris cet article, une grande partie de l’Europe s’apprête à avancer sa montre d’une heure dans la nuit du vingt sept au vingt huit mars, et j’avoue que cette petite manipulation n’aura pas grande conséquence sur ma manière d’organiser ma vie.


Extrait du livre de mes mémoires

La famille de Chantal était dans l’euphorie des préparatifs d’un second mariage. Anne Marie avait rencontré son futur époux, au siège des compagnons du devoir d’Angers, à l’occasion d’une soirée dansante.

Henri originaire de la Loire demeurait et travaillait désormais dans la région du Tarn. Pour abriter son futur ménage, il avait trouvé un logement dans une localité située à proximité de la ville d’Albi. Plusieurs expéditions étaient nécessaires pour transférer objets et effets personnels appartenant à la future épouse.

En cette mi-avril, les trois jours de trêve pascale, constituaient un week-end intéressant pour concilier travail et plaisir. Dominique ayant proposer ses services pour effectuer partiellement le déménagement, nous pria par la même occasion, de nous joindre à l’expédition.

Cette sollicitation aussi soudaine, qu’inattendue, bousculait mon programme. Elle nécessitait une réponse immédiate, alors que je m’étais imposé d’utiliser ce précieux temps libre, pour éliminer cartons et autres encombrants poussiéreux qui obstruaient l’accès à mon débarras.

J’étais fort contrarié par cet effet de surprise, qui anéantissait en quelques secondes ma forte motivation du moment, qualité qui n’était pas une particularité dominante de mon caractère. N’ayant pas l’habitude de l’imprévu, j’acceptai avec une certaine réticence l’invitation qui venait de mettre faite. J’abandonnai sur-le-champ mes projets tout en ressentant au fond de moi, l’appréhension de ce départ improvisé.

En réalité je craignais de laisser le champ libre à mon aïeule, redoutant fortement ses éventuels écarts de conduite. Par pudeur mais surtout pour me préserver de la honte, je me devais de cacher mes angoisses. Je me sentais physiquement, moralement et viscéralement, cent pour cent responsable de ma grand-mère.

Je n’étais pas mûr dans ma tête pour révéler à mes relations, aussi intimes soient-elles, ce que j’avais longtemps pensé être ignoré de tous.

De leur côté, les gens respectaient mon mutisme, en éludant soigneusement de leurs conversations les sujets que je n’aurai pas aimé voir aborder. A force de patience et d’obstination, Chantal lentement entrouvrait la porte de mes secrets, mais certains douloureux aspects de ma vie restaient pour moi des sujets tabous.

Mon enfance m’avait laissé le souvenir d’une intense souffrance morale qu’il m’avait fallu obligatoirement gérer seul. J’avais acquis le réflexe du silence. Dans ma tête, mes soucis ne pouvant être que d’ordre privé, je n’avais pas conscience que mon salut passerait obligatoirement par le dialogue avec un entourage capable de me comprendre et de me venir en aide. Dans ces conditions, il m’était donc difficile voir impossible de refuser de partir, à cause de prétextes que je me faisais un devoir de taire. Je partis donc.



Mystérieux univers

L’existence de l’univers est un mystère que personne n’est en mesure d’expliquer. Détestant rester dans l’ignorance, l’humanité a donc toujours cherché à percer ce mystère.

Au fil des siècles, les scientifiques ont apporté petit à petit des éléments de réponses. Je suis convaincu qu’ils ne parviendront jamais à leurs fins.

L’inconnu faisant peur et à défaut de détenir la complète vérité, les civilisations ont donc fabriqué leur propre vérité en adhérant à des rites et des croyances, qui sont apparues ou qui sont disparues en fonction de l’évolution des civilisations.

Il est vrai que donner un sens à sa vie, facilite largement notre cheminement sur cette terre.

Je crois donc que l’homme ne peut pas progresser sans une certaine forme de spiritualité.

Même si elles obéissent à une forme de conduite précise, il y a sans doute, autant de convictions, qu’il y a d’individus, car elles reflètent la personnalité de chacun d’entre nous. L’espérance fait vivre particulièrement quand toutes les formes d’espoir se sont envolées.

Les religions sont un moyen de rassemblement et peuvent apporter beaucoup de soulagement, mais elles peuvent être aussi dangereuses, quand elles sont détournées de leur mission.

L’histoire nous a malheureusement montré, que les croyances sont souvent à l’origine de comportements violents. Elles ne devraient pas être synonymes de sectarisme, et pourtant, l’humanité depuis toujours est victime de ce moralisme outrancier qui engendre parfois la haine et le rejet de la différence.

Cette manière de penser qui n’engage que moi, se vérifiait en ce début d’année mille neuf cent soixante seize.

Même si la religion n’était pas directement la cause du drame, elle influençait largement les esprits. Le Liban vivait les prémices d’une épouvantable et interminable guerre civile.


Extrait du livre de mes mémoires


A la fin des années soixante, le Liban était en proie à une crise politique interne, consécutive aux différents scandales provoqués par des affaires de corruption généralisée au sein de la fonction publique.

La gestion des réfugiés palestiniens, qui avaient fuit le territoire d’Israël et qui s’organisaient pour former un état dans l’état, souffrait d’une mésentente des membres d’un gouvernement fortement déstabilisé, incapable de faire régner l’ordre dans les camps.

Les conflits internes se multipliaient et deux factions semblaient désormais s’opposer, les chrétiens pro-occidentaux, et les musulmans solidaires de la cause palestinienne.

La guerre civile inévitable avait donc éclaté en mille neuf cent soixante quinze et semblait devoir durer dans le temps.

Elle dura en effet jusqu’en mille neuf cent quatre vingt dix, laissant derrière elle, des centaines de milliers de victimes, sur un territoire entièrement dévasté.

Ce conflit occupait trop souvent l’actualité, et en ce mois de janvier la une des journaux portait sur le massacre perpétré à l’encontre des chrétiens de Damour. Le conflit se durcissait et ce nouvel acte de barbarie faisait monter d’un cran, les degrés de la violence.

L’opinion ne semblait pas s’émouvoir du sort de ces populations lointaines et pourtant la haine suscitée par des frustrations massives imposées aux palestiniens par l’état d’Israël s’était étendu au territoire Libanais et n’allait pas tarder à s’étendre sous forme d’actes terroristes au détriment de la plupart des pays occidentaux soutenant l’état hébreux.

J’étais toujours aussi préoccupé par ce genre d’évènements et je suivais avec assiduité l’évolution de la situation. Le rideau de fer qui s’était abattu sur l’Europe à la fin de la seconde guerre mondiale , provoquant des distensions à la limite de l’affrontement en l’est et l’ouest ne suffisait pas, il fallait maintenant craindre le pire entre le nord et le sud.

Tout le monde autour de moi s’enfichait, le prix du pétrole restait stable, les salaires augmentaient plus vites que les prix et on s’apprêtait à trembler pour nos athlètes, car les jeux olympiques d’hiver débutaient en février.

Je me sentais bien ridicule de me torturer l’esprit pour une cause qui n’était pas la mienne, mais j’avais beau faire des efforts, il m’était impossible de prendre mes distances. Je gardais donc pour moi mes angoisses et feignais d’ignorer ce qui constituait pour moi la cause majeure de mes préoccupations du moment.



Le procrastinateur

Le procrastinateur aime bien remettre à demain ce qu’il peut faire le jour même. Un article sur le sujet est paru sur le journal de ce matin J’ignorais totalement qu’il existait un terme pour désigner ce genre de comportement

Je connais bien cette manière d’agir car elle est partie intégrante de ma personnalité depuis ma plus tendre enfance.

L’art de ne rien faire qui pourrait au regard des autres se traduire par un manque de courage, cache en réalité un dérèglement profond de la personne.

La lecture du sujet me confirme ce que je ressens au plus profond de moi. J’apprends néanmoins que mon cas n’est pas isolé. Faible consolation au regard des tourments que cette pathologie peut engendrer.

Ne pas me se sentir à la hauteur d’une tâche dont je ne souffrirais pas une réalisation imparfaite, et donc contourner l’obstacle en reportant aux calendes grecques l’exécution de cette tache, à moins de me retrouver au pied du mur et de toute manière être terriblement déçu par le bilan final des travaux, voilà quel est mon quotidien.

Les progrès techniques qui ont permis une ouverture à la connaissance, sortent peu à peu les individus de leur isolement, mais il fut une époque ou la souffrance psychologique n’était que très rarement prise en compte et donc peu ou pas soignée

Sans doute que ces années terribles que j’ai traversé sans rencontrer âme qui vive pour me soulager de mes angoisses et de mes peurs n’auraient pas le même visage en ce début de vingt et unième siècle et m’auraient forgé une personnalité toute autre.


Extrait du livre de mes mémoires


 

En ce début de janvier mille neuf cent soixante seize, notre région subissait les premières intempéries de l’hiver. Les flocons étaient tombés en abondance dans la nuit du vendredi au samedi.

Il faisait froid, mais le soleil avait remplacé la grisaille des jours précédents.

De par mes origines campagnardes, j’aimais la nature et l’idée de pouvoir me balader dans un paysage enneigé m’enthousiasmait presque autant que ma chienne qui frétillaient d’impatience à la vue de sa chaîne que je venais de saisir sur le buffet.

Je rejoignais donc les grands bois, situés à dix minutes de marche de chez moi, lieu de promenade privilégié par beaucoup de citadins et qui dirigeait toujours ses promeneurs, par sa grande allée centrale, vers ce lieu nostalgique qui avait été autrefois, mon village natal.

Cette voie forestière, je la connaissais bien pour l’avoir empruntée lorsque j’accompagnais mon père le dimanche à la ville, pour rendre visite à mon grand-oncle André, qui était décédé un peu plus d’un an après papa..

Cette voie forestière je la connaissais bien pour l’avoir maintes et maintes fois foulée, à l’époque ou le prêtre de notre paroisse, organisait des sorties pour les gamins du village qui ne partaient pas en vacances.

Cette voie forestière, je la connaissais enfin pour l’avoir plus récemment utilisée avec Chantal lorsque nous n’avions pas encore de voiture et que nous voulions au départ de chez elle, nous rendre au carnaval ou au cinéma.

La neige crissait sous mes pas, mais le silence prédominait. L’endroit se prêtait à la méditation car il était chargé de milliers de souvenirs,

Je culpabilisais en constatant l’obésité de plus en plus marquée de ma chienne, qui ne se dépensait plus guère, depuis que j’avais cessé nos virées quotidiennes.

Je pris la résolution de faire les efforts nécessaires pour compenser mes négligences. Ce regain d’optimisme, traduisait mon humeur du moment, il était bon de profiter de ce terrain favorable, qui effaçait pour un temps les pensées négatives de mon esprit.

Nous sortirions très vite de ces longues nuits d’hiver, et je me promettais d’émerger de ma léthargie, dès que les beaux jours reviendraient. De ce fait ma tête bouillonnait de projets qu’il fallait réaliser au plus vite avant que le côté pessimiste de ma nature ne reprenne l’avantage. J’en étais là de mes pensées lorsque la neige se remit à tomber, je me sentais soudainement heureux de vivre.

 



Combats de coqs

Monsieur de la Fontaine écrivait en son temps, selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendrons blanc ou noir. Cette notion d’injustice et d’inégalité sociale reste malheureusement d’actualité en ce début de vingt et unième siècle. Souvent, trop souvent même, le tribunal tiraillé entre sa mission et son obligation d’accepter un compromis, fait pencher la balance du côté de celui qui a les moyens de pression pour protéger ses intérêts, au détriment des réparations attendues par la victime le plus souvent dans l’incapacité de se défendre.

Les médias nous abreuvent tous les jours de nouvelles polémiques comme les parachutes dorés de puissants directeurs d’entreprises, la relaxe de scandales politiques, des licenciements de salariés dans des entreprises qui font des bénéfices distribués à leurs actionnaires, et bien d’autres affaires révoltantes, qui mettent à mal la déclaration des droits de l’homme, sans que nos politiques ne trouvent à redire. Les puissants ont donc encore de beaux jours devant eux.

Le monde dans lequel nous évoluons, ressemble à un vaste gallodrome où les combats de coqs profitent aux plus belliqueux de ces gallinacés. En l’absence de toute morale, les plus riches exploitent les plus pauvres, les plus forts écrasent les plus faibles, les plus intelligents abusent des moins futés.

La santé de l’économie mondiale qui n’a cessé de se dégrader depuis les différents chocs pétroliers, la crises financière récente , le chômage de masse qui gangrène notre société, tous ces différents maux que les meilleurs volontés n’arrivent pas à éradiquer, sont autant de fardeaux que les classes sociales les plus faibles doivent tragiquement supporter en payant le prix fort.

L’essor économique que nous avons connu après la seconde guerre mondiale, est bel et bien mort et enterré. Les citoyens que nous sommes, avons du soucis à nous faire,en particulier pour l’avenir nos enfants.

Nos politiciens et leurs opposants , quelques soient les responsabilités qu’ils exercent se préoccupent davantage de leur carrière que de la souffrance du peuple.

Une chose est certaine, c’est que leur descendance profitera de certains privilèges, et ne viendra jamais grossir le rang des demandeurs d’emplois.

Souvenons nous d’une affaire récente concernant la subite ascension sociale du fils du plus influent de nos hommes d’état, et de la contestation publique qui en résulta. Il s’agit pourtant d’une goute d’eau fortement médiatisée dans la mer des faveurs  »royales » attribuées le plus souvent en catimini.

  

Le cadet de mes enfants, n’est pas allé voter les régionales, les deux weekends derniers, et sa réaction est fortement compréhensible, car âgé de vingt sept ans bientôt, il ne passe que d’un contrat de travail à un autre contrat de travail en attendant d’être remercié, victime de la politique de flexibilité de l’emploi de l’entreprise qui l’embauche.

Est-il possible pour la jeunesse de croire aux promesses de nos élus, alors qu’on traîne depuis des lustres, à leur donner les moyens de bâtir leur avenir?

Ma fille, la plus jeune de mes trois enfants, est encore aux études, le parcours du combattant n’est pas encore d’actualité pour elle, et je redoute le moment où il faudra s’y préparer,

En décembre de l’année mille neuf cent soixante quinze, la crise énergétique avait sérieusement ébranlé notre système économique, mais nous n’étions qu’aux prémices de ce que nous traversons aujourd’hui, et bien loin d’imaginer la gravité future de cette situation.

Au sein de l’opinion publique, la tendance n’était pas encore au pessimisme ambiant.



Extrait du livre de mes mémoires


A cette époque de ma vie, je sentais que mon destin prenait un tournant décisif. Pour avoir connu, partagé et combattu ensemble des périodes de galère, j’avais beaucoup de mal à me réjouir des bons moments, lorsque mon aïeule n’y était pas associée, j’avais l’impression désagréable de l’abandonner

Il me fallait faire violence pour ne pas écouter mes remords, mais le plus souvent le cœur n’y était pas.

De plus ses problèmes d’addiction s’amplifiaient lorsque mes absences se prolongeaient et cet état de fait ne faisait qu’aggraver mon mal être

En ce jour de Noël mon intégration au sein de ma nouvelle famille était officielle. J’avais attendu et espéré ce moment depuis fort longtemps, une époque de ma vie s’achevait, une nouvelle histoire allait bientôt être écrite.



Prémices d’une histoire commune

Vendredi dix neuf mars 2010, j’ai passé une sale nuit, mon cœur s’est emballé comme il ne l’avait pas fait depuis longtemps, et cette manifestation de révolte m’a paru interminable. Je suis complètement anéanti par l’épreuve. Cette arythmie cardiaque que les médecins ont bien du mal à soulager, s’ajoute à bien d’autres de mes préoccupations sur mon état de santé.

Le bilan des analyses est arrivé au courrier. Rien de bien révélateur a dit le cancérologue, il faudra repasser un ixième scanner dans quatre mois, et agir en conséquence des résultats.

Je me sens plus comme un insecte prisonnier dans un toile d’araignée, mais plutôt comme un détenu dans le couloir de la mort qui vient de bénéficier d’un suris, dans l’attente de la révision de son procès avec l’espoir de sauver sa tête.

Le printemps va bientôt renaître de ses cendres, mais aujourd’hui la pluie contrarie les amoureux des longues balades dans la nature.

La fatigue m’a cloué une partie de l’après-midi dans mon fauteuil et cette vilaine météo me convainc définitivement de poursuivre mes écritures,


Extrait du livre de mes mémoires


Il restait de mon escapade, hormis mes souvenirs, un album de photos minutieusement classées et commentées dans l’ordre de mon itinéraire et de mon emploi du temps, J’avais élaboré ce carnet de voyage avec soin, comme pour prolonger ces instants magiques que furent mon séjour en Scandinavie.

La reprise de mon activité professionnelle ne fut pas aussi difficile que j’aurais pu l’imaginer. Le traintrain quotidien repris les rênes du pouvoir avec son enchaînement de semaines, tour à tour empreintes d’optimisme et de découragement.

Chantal restait de moins en moins à l’écart de mes déboires familiaux et j’étais bien décidé de l’associer tous les jours un peu plus à la recherche de solutions. Je ne lui avais rien caché des difficultés qui avaient été les miennes depuis que mon père était décédé, encore moins de celles qui allaient être les nôtres, si nous décidions d’écrire notre histoire commune.

Notre capacité financière étant loin d’être à la hauteur de nos ambitions, il lui restait donc pas mal de temps pour analyser sereinement ses aptitudes à affronter les multiples obstacles, que nous serions à même de rencontrer.

La décision finale n’était pas chose aisée à prendre, notre position n’étant pas celle de la majorité des couples,

Je ne pouvais pas abandonner grand-mère, elle m’avait aidé à passer le cap difficile de mon enfance et m’avait soutenu financièrement durant toute la période de mon adolescence.. En raison de son handicap physique et aussi à cause de sa fragilité mentale, c’était humainement impossible à envisager.

La cohabitation d’un jeune ménage avec une personne âgée, n’était possible que sous certaines exigences. Comme je n’avais aucune raison de sacrifier ma vie, il fallait trancher pour mettre un terme à ce dilemme. L’espace vital étant ce qui nous manquait le plus dans notre maison, nous prîmes donc la décision de faire une demande de travaux d’agrandissements auprès de la mairie.

Par lettre recommandée, j’avais reçu un avis favorable, me donnant la possibilité de surélevé le bâtiment actuel d’un étage. J’étais également autorisé à élargir la surface habitable au sol.

Cette résolution s’inscrivait cependant dans la durée, car pour obtenir auprès des banques un prêt à des taux d’intérêts avantageux, il fallait épargner un maximum de temps, c’est la raison pour laquelle notre plan n’était pas réalisable du jour au lendemain.

Chantal semblait pourtant au fur à et mesure du temps, renforcer davantage ses convictions et ne déviait pas de sa voie, d’un iota.

A présent que l’optimisme prédominait, nous devions prendre notre mal en patience et continuer à à mener notre existence, ballottée entre famille et amis,

J’étais soulagé de pouvoir compter sur cette complicité naissante. Dès lors, grâce à ce regard nouveau et à de précieux conseils, il me devint plus facile de prendre des décisions, pour améliorer une situation devenue au fil des calendriers de plus en plus explosive.

En trois ans, rien n’avait réellement bougé autour du moi. Des cartons pleins d’objets hétéroclites, n’avaient pas encore été vidés. Amoncelés dans le petit coin débarras, depuis notre déménagement, ils prenaient trop de place, rendant les lieux inutilisables. Des tas de détails, m’empoisonnaient la vie, comme par exemple, l’antenne de télévision rafistolée sur le mur des sanitaires, ou la cabane en tôles installée provisoirement pour protéger la cuve à mazout, du bricolage resté malheureusement en l’état. La structure en planche qui nous servait de véranda avait bien besoin de réparations quant aux peintures extérieures des ouvertures, elles méritaient aussi d’être refaites.

En premier lieu, il fallait s’occuper du jardin qui n’avait pas attendu mon retour de vacances pour se transformer en friche. Je n’avais jamais souhaité cultiver ce petit lopin de terre, en revanche je ne supportais pas moralement de le voir envahi par l’herbe, car l’abandonner à la nature, aurait donné à un large public, le même spectacle de dénuement, que celui constaté, par les rares personnes qui s’autorisaient encore à s’immiscer dans notre intimité. Je souhaitais me préserver le plus possible du regard des autres, car notre situation restée trop longtemps précaire inspirait toujours en moi un sentiment de honte et d’humiliation. Situation précaire pour laquelle il persisterait et pour un certain temps encore les conséquences sur notre environnement.

Nous consacrâmes, Chantal et moi, notre weekend, a effacer par notre travail, les traces de ma négligence envers cet espace végétal. A condition d’un bon entretien, je considérais mon jardin comme le décor d’un théâtre, qui n’était pas celui de la pièce que j’étais en train de jouer. Le reflet d’une vie que j’espérais pouvoir connaître autrement que dans mon imagination.





Le volcan endormi

Aujourd’hui dix huit mars de l’année 2010, je pense à ma mère qui a quitté ce monde il y a tout juste quarante neuf ans. Je n’ai rien oublié de cette journée ou ma vie bascula dans la tragédie, Je suis à l’image d’un volcan qui semble endormi, je contiens ma révolte. Ce sentiment d’injustice, m’empêche de trouver le repos, j’espère simplement qu’un jour dans un autre monde le mot souffrance disparaîtra de mon dictionnaire.

Aujourd’hui dix huit mars de l’année 2010, j’attends aussi avec angoisse l’arrivée de mes résultats d’analyses. Je me sens comme un insecte emprisonné dans une toile d’araignée, il m’est impossible de fuir devant le danger. La maladie est peut-être en train de se réveiller, à moins qu’elle ne se soit jamais endormie. Vivre cette expérience est une épreuve que je ne souhaite à personne, pas même à mes pires ennemis.

Si le destin des hommes dépend d’une autorité suprême, je pense pouvoir dire à cette autorité qu’en ce qui me concerne, que son acharnement à vouloir me voir plier le dos a largement porté ses fruits, car je suis à ce jour bien fatigué de mon histoire.

L’hiver très long que nous venons de connaître touche à sa fin, mais je suis motivé pour reprendre la plume afin de me replonger quelques trente cinq années en arrière, époque ou j’espérais encore en un avenir plus serein,



Extrait du livre de mes mémoires


La première partie du trajet de Paris à Angers m’avait paru bien longue. Bien que bannissant le retour à l’ennui et à la médiocrité de mes conditions de vie, je savais que les pages de la rubrique voyage étaient tournées et en conséquence, j’avais paradoxalement hâte de retrouver mes repères.

Je savais aussi que le plus gros de la grisaille était derrière moi, car des projets fleurissaient dans ma tête, avec l’espoir que dans un proche avenir, ma situation allait s’améliorer.

Malgré tout, l’idée de replonger aussi brièvement que possible dans la réalité du moment me contrariait fortement.

Personne ne m’attendait sur le quai de gare et je rentrai valise à la main, en marchant le plus lentement possible, comme pour retarder des retrouvailles qui me faisaient peur. Pour me donner du courage, je rêvais à ce renversement de tendance que j’espérais depuis toujours.

Le miracle n’avait pas eu lieu. Comme le spectacle de la désolation, je retrouvai un jardin aux allures de terre abandonnée. Grand mère m’était apparue égale à elle même, assise au bout de sa table, sans expression particulière. J’avais remarqué l’esquisse d’un sourire au coin de ses lèvres, lorsque je lui avais offert un cadeau souvenir et elle avait semblé s’intéresser à mon récit de voyage. Cependant elle me regardait les yeux exorbités, complètement renfermée dans sa souffrance. Je devinais ce qu’avait dû être son remède pendant mon éloignement. J’avais demandé à mon entourage de venir lui rendre régulièrement visite, d’une part pour lui prodiguer les soins dont elle avait besoin, mais aussi pour limiter le plus possible son champ d’action durant mon absence. Mon aïeule craignait mes accès de colère, face à ses comportements répréhensibles. Elle savait qu’on ne manquerait pas de m’avertir de ses écarts de conduite.

Depuis que j’avais franchi le seuil de la maison, ma chienne n’avait pas cessé de me faire la fête, en frétillant de la queue et en tournant autour de la table à un rythme effréné. Elle était bien la seule à pouvoir manifester un brin de gaîté en ces moments de retrouvailles.

Garant de mon intimité et gardien de ma solitude, retrouver ce jardin secret que représentait pour moi ma chambre, fut un grand moment de réconfort. J’avais fait le plein d’émotions durant ces quinze jours passés loin de mon domicile. Tant d’expériences nouvelles s’étaient enchaînées à un rythme endiablé que j’avais bien besoin de repos. Je pris donc le temps de m’allonger un moment et de profiter du profond silence qui régnait dans mon univers feutré, pour m’abandonner à ces souvenirs récents qui mériteraient bien que j’en fasse un jour le récit.

L’après midi n’était pas totalement achevé quand je me réveillai d’une sieste plus que réparatrice. Je pris donc la décision de rendre visite au numéro 22 de l’avenue Bonaparte, où je trouverais à n’en pas douter matière à dialoguer.



Norvège août 1975 fin

Extrait du livre de mes mémoires

J’avais été réveillé très tôt, par la sonnerie du téléphone, le réceptionniste m’annonçait qu’il était temps de se lever. Indication irréfutable d’un départ imminent, un amoncellement de bagages, encombraient le hall d’entrée. J’y rajoutai ma valise, avant de rejoindre la salle à manger pour y avaler mon petit déjeuner.

Très vite nous fûmes conduits à l’aéroport, l’esprit à nouveau préoccupé par les tracasseries habituelles d’un ordinaire que nous avions temporairement oublié.

En deux heures de vol nous avions regagné Paris. Chacun ayant repris le cours normal de sa vie, les relations entre les personnes étaient redevenues conventionnelles, aussi je ne m’attardai pas plus longtemps à faire mes adieux. Mon opinion était que l’aventure était terminée. Je savais que les promesses, de se revoir ou de s’écrire, n’étaient que du vent et que l’expérience positive que nous venions de partager laisserait des traces dans mes souvenirs, mais qu’elle resterait sans suite, en ce qui concerne les rapports que j’avais entretenus avec mes coéquipiers.

Il était proche de midi quand le bus me déposa à Montparnasse. Mon estomac criait famine, aussi je déjeunai dans un snack avant de rejoindre la gare pour y contrôler les horaires des trains. J’avais l’après-midi entier, pour déambuler dans les rues de la capitale. J’avais proscrit le métro de mon programme au profit de la marche, souhaitant ainsi ne pas trop m’éloigner de mon point de départ. J’avais ainsi au hasard des rues, traversé un marché implanté sur la place typiquement pavée d’un quartier ancien, aux allures très carte postale.

Un panneau indiquait la direction à prendre pour se rendre au célèbre cimetière Montparnasse, que je n’avais malheureusement pas le temps de visiter. Cependant les galeries Lafayette étant sur mon parcours, j’avais poussé la porte d’entrée, pour parcourir les lieux. N’ayant ni le plan de la ville, ni la notion des distances à parcourir, je m’enfonçais dans les rues, toujours un peu plus loin, dans la direction que m’indiquait le sommet de la tour Eiffel, qui paraissait ou disparaissait au fur et à mesure de ma progression. Matière à tant de fascinations, l’idée me vint à l’esprit de me rendre au pied de ce monument mythique. J’avais fait une halte dans une brasserie pour étancher ma soif, avant de reprendre mon itinéraire pour enfin prendre conscience, qu’il m’était matériellement impossible de réaliser ce projet, car le train ne m’attendrait pas. Je décidai donc de revenir sur mes pas. Mes il était déjà trop tard et mes craintes se vérifièrent rapidement. En franchissant les portes du hall de gare, je compris que ma correspondance de dix huit heures ne m’avait pas attendu. N’ayant pas le téléphone et ne pouvant par avertir ma grand-mère de l’heure de mon arrivée, je me refusais de rentrer à une heure avancée de la nuit, de peur de la surprendre dans son sommeil. La solution était simple, il me fallait resté sur Paris, repérer un hôtel et reporter mon départ au lendemain.

Finalement je n’avais ni vu la dame de fer ni j’avais pu prendre mon train à temps et j’étais furieux d’avoir gâché mon après-midi. 

 



Norvège août 1975 derniers jours

Extrait du livre de mes mémoires

Nous passâmes la nuit à Fefor dans un hôtel, où je pus apprécier le confort et la qualité de service. Cette hospitalité envers les touristes était commune à tous les établissements que nous avions fréquentés depuis notre départ. Partout du mobilier de style garnissait les salles à manger et les salons, dans un décor particulièrement raffiné. Le dîner était la plupart du temps, agrémenté par la présence d’un pianiste qui interprétait indifféremment, Chopin ou Schubert, me donnant le sentiment à chaque étape, d’avoir été parachuté, au sein même de la bourgeoisie. Cet environnement n’était pas le mien, mais avait le pouvoir de me faire oublier pour un temps la médiocrité. Je m’y sentais d’ailleurs très à l’aise et n’étais absolument pas pressé de le quitter.

L’un des objectifs de mon voyage était de pouvoir m’enrichir l’esprit, par la rencontre et la connaissance des autres. En sympathisant avec des individus venus d’horizons et de milieux sociaux divers et à l’heure de faire le bilan, je constatais que ma mission avait été pleinement remplie. Il existait un autre monde moins néfaste, que celui des mentalités étriquées et rétrogrades de nos campagnes. Des chaînes que j’avais gardé aux pieds pendant trop longtemps.

Le musée en plein air de Mainhaugen à Lillehammer, était situé au milieu d’un parc boisé. Les norvégiens souhaitant honorer la mémoire de leurs ancêtres, avaient édifié à cet endroit, une trentaine de constructions, parmi lesquelles des maisons, des écoles et des petites églises. L’ensemble de ces structures étaient bâties et aménagées, conformément au style de différentes époques, témoignant des conditions de vie difficile et du combat permanent mené par de nombreuses générations de scandinaves, au cours des siècles passés. Bien que trop rapide, la visite des lieux n’avait cependant pas été oubliée dans l’organisation de notre séjour, ce musée constituait en effet, un intérêt majeur et une source de savoir inépuisable, pour les passionnés d’histoire.

Nous quittâmes Lillehammer, au bout de quelques heures, car nous devions rejoindre Oslo, dans l’après midi. Avant d’atteindre les faubourgs de la capitale, le lac Mjosa fut la dernière image que nous pûmes contempler de cette éblouissante nature nordique. Nous passâmes la nuit à l’hôtel Stefan, qui nous avait accueillis lors de notre arrivée.

Le jour suivant étant une journée de liberté, je profitai des heures qui m’étaient imparties pour me rendre à Vigelandsparken. Présenté comme un joyau du patrimoine norvégien, j’avais été informé de l’existence de ce parc par la lecture de mon guide touristique. Symbolisés par l’exposition d’innombrables statues, représentant l’être humain de la naissance à la mort, le site était axé sur la fuite du temps et conçu comme un formidable hymne à la vie. Bénéficiant d’une immense étendue de terrains, les concepteurs du projet, avaient doté ce jardin de larges allés et de nombreux parterres fleuris, au milieu d’immenses pelouses, offrant au visiteur un espace aéré, avec en prime une impression de liberté et beaucoup de plaisir à explorer les lieux.

Depuis notre envol du Bourget, mon cercle d’amis s’était bien agrandi et je ne voulais pas manquer notre ultime déjeuner en commun, de cette fin de vacances. Une petite fête et un discours d’adieu avait été organisé à notre intention par notre voyagiste. Cette petite manifestation, fut conviviale mais imprégné un peu de nostalgie. Notre expérience commune n’était déjà plus qu’un souvenir, néanmoins nous nous étions promis de garder contact et de nous écrire le plus souvent possible.

C’est par petits groupes de cinq, que nous décidâmes de passer notre après-midi dans les rues commerçantes de la ville pour y effectuer nos dernières emplettes. Il me restait quelques devises à dépenser et j’avais encore certains cadeaux à faire.

Le dîner fut beaucoup moins animé que le repas du midi . Il me semblait que l’humeur générale s’était encore un peu plus dégradée et que chacun se laissait envahir par la tristesse. Je comprenais à présent le pourquoi des larmes de deux anglaises, que j’avais croisé en zone franche, au départ de Paris. J’avais été le témoin des regrets de deux vacancières, qui n’attendaient plus que l’ordre d’embarquer dans l’avion qui les ramènerait très vite vers leur quotidien.

Ma soirée se prolongea tard dans la nuit par une balade en solitaire. Tout me semblait familier, tant j’avais la sensation d’avoir toujours connu les lieux. Je contemplai non sans un certaine mélancolie et pour la dernière fois le ciel étoilé de cette inoubliable capitale nordique, avant de regagner mon hôtel.



Norvège août 1975 jours suivants suite

Extrait du livre de mes mémoires

Pour cette principale raison, le voyage était plutôt tourné vers l’écologie et donc majoritairement consacré à l’exploration d’une multitude de sites grandioses, protégés de la frénésie des hommes faisant ainsi le bonheur des amoureux de la nature, car ici, le créateur avait été particulièrement généreux et inventif dans ce domaine.

C’est ainsi que dans notre itinéraire, était prévu une mini croisière, à bord d’un bateau affrété pour l’occasion. Nous devions passer une bonne partie de la journée à effectuer la traversée du Sognefjord, au départ de la commune de Vik. Nous naviguions dans un étroit corridor, coincés entre les pentes abruptes d’une montagne sauvage et insolente de beauté mais que l’on sentait terriblement hostile. Je n’avais encore jamais vu, ni même imaginé de telles splendeurs. Du fait de son relief élevé et à cause de l’extrême rudesse de son climat, aucune activité économique venait perturber l’endroit, offrant ainsi au regard un décor à l’état pur, protégé de toutes contaminations humaines. Pendant toute la durée du trajet, je n’avais pas quitté le pont du navire, ne cessant d’admirer ces richesses naturelles qui défilaient au fur et à mesure de notre progression. Au terme de notre voyage nous débarquions à Balestrand, car nous étions hébergés pour la nuit à l’hôtel Kvikne.

Olden situé sur le Nord fjord, était une station estivale renommée. Nous y fîmes une halte de vingt quatre heures, à l’hôtel Yris pour y prendre une peu de détente. En fait, je ne souhaitais pas perdre une journée à ne rien faire et je décidai de partir en randonnée pédestre au glacier de Briksdal. Ma récompense fut à la hauteur de mes efforts physiques. Lors de la traversée du Sognefjord, je pensais avoir découvert le summum de la beauté. Cette excursion m’apporta de nouvelles surprises et fut un enchantement pour mes yeux. Je conclus que ce pays était bien loin de m’avoir révélé toutes ses richesses. Je profitai également de ce moment de liberté pour faire connaissance avec l’artisanat local et fit l’achat d’une petite sculpture en bois. Cette statuette, un vieil homme du peuple représenté dans sa vie de tous les jours, avait comme intérêt d’être de conception unique et ne ressemblait en rien aux objets souvenirs, communément proposés aux touristes.

Avant de poser provisoirement nos valises à Olden, nous avions fait étape à Norheinsund en longeant le fjord de Haranger, pour atteindre enfin à travers la forêt de Kvamskogen la grande ville portuaire de Bergen. Depuis que nous avions quitté Oslo, nous avions bénéficié d’une météo favorable semblable à celle que nous connaissions en France en période printanière. Dans cette région septentrionale, les fortes chaleurs n’étaient pas d’actualité, cependant nous n’avions pas encore connu une seule journée de pluie et Bergen ne fit pas exception à la règle, malgré sa triste réputation de posséder le record absolu de la plus forte pluviométrie d’Europe. Au terme de notre journée de repos à Olden, nous reprîmes la route sinueuse et montagneuse via Videseter jusqu’à Geiranger, où nous pûmes savourer des yeux d’innombrables sites panoramiques. La région n’avait rien de comparable avec ce que nous avions côtoyé lors de notre départ. Nous avions pris sensiblement de l’altitude et la végétation luxuriante des premiers jours, laissait la place à un paysage rocailleux et très austère. La route que nous empruntions, était inaccessible un bonne partie de l’année, à cause d’abondantes chutes de neige. La rudesse extrême du climat était la cause d’une quasi désertification des lieux, la population se regroupant un peu plus bas dans la vallée, dans des zones beaucoup plus hospitalières.

Toujours plus haut en direction du nord, nous atteignîmes enfin dans la matinée du neuvième jour, une borne plantée sur le rebord de la route matérialisant symboliquement le passage du cercle polaire. A cet endroit, perdu au milieu de l’immensité, une petite auberge espérait prospérer de la générosité des estivants, qui ne se privaient pas d’investir les lieux pour se réchauffer de la fraîcheur matinale, autour d’un poêle à bois qui dispensait chaleur et réconfort, à ses convives.

Notre retour vers la capitale s’effectua par l’intérieur des terres en direction de Eidsdal, puis de Lillehammer, en empruntant la route des trolls qui restera parmi mes souvenirs le moment le plus magique et le plus envoûtant de notre périple.



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