Comme un poisson dans un bocal

Ma gestion financière était des plus rigoureuses, mais je n’avais pas non plus l’intention de sacrifier la totalité de mes plaisirs, car j’avais été longtemps privé de trop de choses, pour me défendre à nouveau de réaliser enfin la plus chère de mes aspirations.

Le décès de ma mère avait suscité chez mon père une vive réaction de douleur et un brusque changement de comportent, qui l’inclina vers un total repli sur lui même, sans aucun espoir d’amélioration,

Cette attitude négative avait considérablement influencé mon propre caractère, et depuis lors, je traversais mon époque en qualité de spectateur, plutôt qu’en celle d’acteur,

A défaut de vivre les évènements, j’avais donc appris à les imaginer, la méditation était chez moi une seconde nature, qui me permettait de m’échapper de cette prison dans laquelle notre deuil nous avait enfermé.

Je trouvais matière à réflexion, dans la lecture mais également en regardant la télévision, qui était bien que comportant des barreaux, une magnifique fenêtre ouverte sur l’univers

Au fil du temps le besoin d’apprendre attisait ma curiosité et je me sentais un peu comme un poisson rouge, de plus en plus étroit dans mon bocal,

Cesser de vivre ma vie par procuration, telle était ma détermination. L’idée m’avait effleuré l’esprit à l’époque de ma grande précarité, je m’étais promis d’accomplir mes rêves de voyage, dès que les fruits de mon travail me permettraient de le faire.

J’avais enfin les moyens de mes ambitions. Pour en arriver à ce stade, j’avais traversé bien des épreuves au bout desquelles, la fatigue et le découragement, avaient souvent été au rendez-vous. Avant de passer à une autre étape de ma vie, il me fallait absolument concrétiser par des actes, ce qui avait été longtemps pour moi une utopie, partir à la rencontre du monde.

Durant ma prime enfance je n’avais pas eu l’occasion de m’éloigner de notre région, à l’exception d’une excursion que nous avions effectuée en Charente Maritime, l’année de mes six ans, La disparition prématurée de maman avait mis un terme à ces escapades, fermant définitivement la porte, à n’importe quelle espèce de projets en la matière.

A l’adolescence par l’intermédiaire des camps de jeunes, j’avais découvert la montagne et franchi la frontière espagnole de quelques kilomètres à l’intérieure des terres. Cette expérience n’avait fait que de me conforter dans mes ambitions.


Extrait du livre de mes mémoires


Ma première démarche fut celle de me rendre dans une agence de voyage pour obtenir les renseignements nécessaires à la mise en œuvre, d’une telle expédition. J’avais jeté mon dévolu sur la Scandinavie. Une brochure qui proposait un séjour de deux semaines en Norvège avec une excursion au delà du cercle polaire me séduisit spécifiquement. L’obligation de posséder un passeport fut la seule démarche administrative, que j’eus à accomplir auprès de la préfecture. La signature du contrat avec Havas, prestataire de service, fut la touche finale, qui concrétisait après tant d’années d’impatience, mon rêve de gosse. Je sentais vibrer en moi une véritable effervescence, à l’idée de connaître cette expérience nouvelle. A part un trajet par le train, à l’occasion de mon séjour militaire à la caserne de Blois, je n’avais jamais utilisé autres choses que les transports routiers pour me déplacer. En l’espace de deux mois, je serai amené à combler rapidement cette lacune.

Tandis que j’étais dans la phase de mise au point des derniers préparatifs de mon futur départ, nous nous apprêtions dans le même temps à participer au mariage de Bernard et Annie qui avaient été mes fidèles à l’époque du lycée. La cérémonie devait avoir lieu le douze du mois de juin, or depuis peu le père de Bernard était tombé malade. L’aggravation de son état de santé, avait nécessité son transfert à l’hôpital de Nantes. La crainte des médecins, s’avéra exacte, car le malade décéda rapidement. Ironie ou cruauté du sort, la sépulture eut lieu le jour où nous aurions dû fêter dignement le jeune couple. Bien que reporté au mois de juillet, la réunion familiale qui suivit le passage à l’église de nos mariés, ne connut pas la bonne ambiance dont on pouvait s’attendre, à l’occasion d’un tel événement. Le deuil qui frappait la famille était trop récent. Il nécessitait le respect et une certaine retenue de la part des convives. Bernard et Annie se devaient de construire désormais un foyer solide, autour du quelle, ils pourraient tenter d’oublier l’épouvantable épreuve, qu’un méchant hasard leur avait réservé.

Trois semaines passèrent et ce fut au tour de Jeanne et Dominique de convoler en juste noce. Si pour nos deux tourtereaux, le déroulement de la cérémonie s’inscrivait sous de meilleurs auspices, il n’en restait pas moins vrai que leur destinée serait marquée à jamais par l’échec de leur union, car une douzaine d’années plus tard, le couple se séparerait et divorcerait. Pour l’heure nous étions encore à l’époque des jours heureux et je ne songeais à rien d’autre qu’à ma prochaine aventure. Quelques jours seulement me séparaient du moment fatidique.



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