Norvège août 1975 : 1 jour

Extrait du livre de mes mémoires

 

Depuis notre rencontre opportune, je n’avais pas perdu de vue, ma nouvelle amie. Le hasard nous avait placé, côte à côte. La conversation que nous avions engagé bien avant notre embarquement, agrémentait notre vol, en nous épargnant l’ennui et en nous évitant l’un et l’autre, l’isolement. Nous firent escale à Copenhague, capitale du Danemark. Nous n’avions pas l’autorisation de sortir de la zone franche. Cette étape avait été rendue nécessaire, car nous devions réaliser la seconde partie de notre périple sur un autre avion.

Notre transfert s’était passé normalement et nous étions désormais pris en charge par une autre équipe de personnel naviguant. 

Le ciel était particulièrement dégagé quand notre pilote exécuta la manœuvre d’approche. L’aéroport était en vue, nous étions sur le point d’atterrir. D’un seul regard j’avais constaté l’omniprésence de l’eau et la particularité des maisons. L’habitat était constitué essentiellement de chalets en bois, disséminés au milieu de vastes prairies d’un vert improbable en France, en cette période de l’année. Le spectacle était féerique, j’étais conscient de la chance que j’avais de pouvoir m’extasier, pour parfois peu de choses. Je ne connaissais encore rien du monde et je plaignais les gens blasés par tant de merveilles. Le douanier chargé des visas avait hésité, avant de rendre mon passeport. M’avait il trouvé trop jeune? Dans un français parfait, il m’avait demandé les raisons de mon arrivée dans son pays. J’avais répondu à sa question, il n’avait pas insisté. Dès notre descente d’avion, un accompagnateur chargé d’accueillir les participants au séjour, organisé par son agence, nous avait regroupés dans un coin de l’aéroport. Nous étions à présent grimpés dans le bus qui nous conduirait à l’hôtel.

La Norvège était un pays riche, le niveau de vie de ses habitants, étaient l’un de ceux, parmi les plus élevés du monde. L’hébergement avait donc l’avantage d’être irréprochable, je disposais de tout le modernisme du moment. Contraste saisissant avec ce que j’avais l’habitude de vivre chez moi. Le coût excessif des produits de consommation, était l’inconvénient majeur, que je pouvais me reprocher dans le choix de cette destination touristique. Le prix des cigarettes était particulièrement inabordable, six fois environ celui de notre mère patrie.

Il y avait vingt quatre heures que j’avais quitté ma maison, j’avais l’impression d’être parti depuis une éternité, tant cette harassante journée avait été florissante en rebondissements.

Pour ces premières heures en terre étrangère, je retrouvais donc provisoirement ma solitude. J’avais découvert à la réception, papier et enveloppes, mis à la disposition des clients pour l’écriture. Je m’accordai un moment de repos et profitai du calme de ma chambre, pour rédiger ma correspondance.

En cette période estivale, je savais, les journées particulièrement longues en Scandinavie. De ce fait et malgré mon extrême fatigue, je n’avais pas l’intention de me cloîtrer à l’hôtel. J’entrepris une expédition photographique. Ne possédant pas le plan de la ville, j’évitai soigneusement de m’éloigner des abords de ma résidence. Par chance, j’étais installé à deux pas du palais royal et de l’hôtel de ville, deux chefs-d’œuvre de l’architecture, qui valaient bien que l’on s’y attarde. Je découvrais un quartier particulièrement commerçant, mais la plupart des magasins étaient fermés à la consommation. Les norvégiens avaient l’habitude d’embaucher dès l’aurore et donc de terminer très tôt leur journée de labeur. Ce rythme de vie était particulièrement fondamental durant la saison froide. La précocité des longues nuits glaciales de l’hiver, rendait l’ensemble de l’activité économique difficile. Depuis toujours, le peuple nordique avait appris à optimiser son travail , en s’adaptant aux rigueurs du climat et en accommodant son emploi du temps, de manière à profiter un maximum de la clarté naturelle cessant ainsi ses occupations avant le coucher du soleil.

Les restaurateurs faisaient exception à la règle et se préparaient à accueillir la clientèle du soir. J’étais curieux de découvrir les spécialités culinaires du pays. Je commençai à lire les menus affichés à la devanture des brasseries. Ne maîtrisant pas la langue, je me contentai de sélectionner les plats en fonction de mon budget, en ignorant totalement l’identité des aliments qui me seraient servis. Ce dîner était le seul à ne pas être inclus dans les prestations de service et de vivre cette expérience me réjouissait l’esprit. J’en étais à ce stade de mes pensées, quand je croisai inopinément ma coéquipière de voyage, qui visitait la ville, accompagnée par Patricia Gaillard. Elles avaient fait connaissance dans le hall de l’hôtel. Nous formions désormais un trio, lancé dans la même expédition. Nous décidâmes de tester conjointement la cuisine locale. Comparable aux us et coutumes des tavernes alsaciennes ou allemandes, le repas constitué d’un mets unique, voisin de la choucroute, mais adapté aux goûts sucré et salé des nordiques, était proposé dans une très grande assiette, accompagné d’une chope de bière. Cette cuisine aux saveurs nouvelles pour nos papilles, fut diversement jugée. Le dessert en particulier, présenté sous la forme d’une pâtisserie élaborée à base de miel n’obtint pas mes faveurs, à l’inverse de mes condisciples qui l’apprécièrent avec délectation. Dans l’ensemble nous étions malgré tout ravis d’avoir testé ces recettes différentes de celles offertes par la gastronomie française. Il n’était pas tard lorsque nous sortîmes de table, mais nous décidâmes de ne pas prolonger au delà du raisonnable notre soirée et nous regagnâmes rapidement nos chambres car nous avions un besoin urgent de sommeil.

Nous avions reçu diverses consignes, lors de notre installation , concernant l’organisation de notre séjour et je savais notamment que mon réveil du lendemain serait assuré par le personnel de l’hôtel, aussi je me glissai dans les draps, sans aucune autre préoccupation que celle de récupérer de la fatigue accumulée depuis la veille.



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