Norvège août 1975 : jours suivants

 Extrait du livre de mes mémoires

 Je n’avais pas aussi bien dormi que j’aurai pu l’espérer, cependant cette période de repos m’avait permis de recouvrer mes esprits. Descendu enfin de mon petit nuage, j’étais à présent en mesure de profiter pleinement de mon séjour. Prendre un bain dans une vraie baignoire et dans une vraie salle de bain, était l’une de ces nombreuses expériences que je testais pour la première fois. Moi qui avait toujours manqué de confort matériel, je mesurai à quel point l’aisance financière pouvait améliorer l’ordinaire et rendre la vie agréable à ceux qui avait la chance de pouvoir en profiter, autrement que de manière occasionnelle.

À l’inverse du petit déjeuner à la française, celui des nordiques, constituait le repas essentiel de la journée. Servi sur une grande table, dressée au centre de la salle à manger, les touristes que nous étions pouvions constater visuellement de la profusion et de la diversité des plats qui étaient proposés à la consommation.

Les démarches administratives accomplies, nous pûmes charger nos bagages après avoir salué le réceptionniste de l’hôtel. Nous nous embarquâmes ensuite, à bord de l’autocar.

Nous quittâmes Oslo en traversant le plateau de Sollihogda le long du Tyrifjord pour atteindre Nesbyen à l’heure du déjeuner. Ce séjour qui devait nous conduire jusqu’à la hauteur du cercle polaire, avant de s’achever par notre retour dans la capitale, privilégiait la visite de très nombreux fjords norvégiens et c’était la raison pour laquelle j’avais choisi cet itinéraire. J’avais découvert la titanesque splendeur de ces sites, considérés comme des merveilles de la nature, en consultant diverses brochures qui traitaient du sujet. La lecture de ces documents avait attisé ma curiosité.

La densité de la population n’était pas celle que nous connaissions en France, laissant à la nature sauvage, une place de premier choix. Lors de cette première journée, nous franchîmes Hallingdal et Hemsedal, deux vallées dotées d’innombrables prairies. Ces pâturages d’un vert éclatant, étaient traversés par des rivières alimentées par de gigantesques cascades, qui précipitaient sur le flan des montagnes avoisinantes dans un vacarme indescriptible, des quantités impressionnantes d’eau bouillonnante, qui dévalaient les collines avec une force que les norvégiens avaient appris à maîtriser pour bénéficier ensuite de ses bienfaits. Ils captaient cette énergie naturelle, abondante et quasiment gratuite, pour la transformer en électricité, grâce à des centrales hydrauliques qu’ils n’étaient pas rares de rencontrer au hasard de notre chemin. L’habitat rural, disséminé de-ci de-là et constitué de chalets en bois peints de rouge brique ou d’ocre, donnait des touches de couleurs qui formaient avec la végétation, un paysage bucolique, digne des plus beaux modèles de tableaux.

Nous parcourûmes ainsi une grande distance avant d’atteindre une petite agglomération pittoresque, construite au bord d’un fjord. Ce fjord, comme tous les autres, était issu d’une ancienne vallée glaciaire, immergée par la mer. Cette emprise de l’eau formait un golfe de plusieurs centaines de mètres de large, s’enfonçant sur des dizaines de kilomètres, à l’intérieur des terres, contribuant au charme et à la renommée de la région.

Ces chefs-d’œuvre de la création, avaient l’inconvénient de perturber singulièrement la circulation routière, en formant des barrières naturelles. Pour franchir ces obstacles, les usagers dépendaient du ferry, qui faisait régulièrement la navette entre les deux rives pour y transporter les véhicules et ses occupants.

Les habitants s’étaient depuis longtemps partiellement affranchis de ces servitudes quotidiennes et possédaient pour la plupart des bateaux à moteur, amarrés dans de très attachants petits ports.

L’effet de surprise fut grand lorsque nous vîmes pour la première fois, notre passage obstrué par les caprices de cette étonnante nature. Il laissa la place ensuite à une admiration sans borne ressentie par la majorité des participants au voyage, face à ce colossal cadeau qui nous était offert et que nous avions l’immense privilège de découvrir.

A l’opposé des grandes agglomérations, il ne restait dans les cités plus modestes telle la petite ville de Laerdal, où nous devions passer la nuit, que très peu d’héritages architecturaux. La fragilité des structures en bois n’avait pas résisté aux injures du temps, privant ainsi les nouvelles générations d’un témoignage précieux sur le passé de leurs ancêtres. Il existait cependant quelques exceptions. Nous avions notamment visité une église très ancienne à Borgund, miraculeusement conservée, malgré sa longue histoire.



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