Norvège août 1975 derniers jours

Extrait du livre de mes mémoires

Nous passâmes la nuit à Fefor dans un hôtel, où je pus apprécier le confort et la qualité de service. Cette hospitalité envers les touristes était commune à tous les établissements que nous avions fréquentés depuis notre départ. Partout du mobilier de style garnissait les salles à manger et les salons, dans un décor particulièrement raffiné. Le dîner était la plupart du temps, agrémenté par la présence d’un pianiste qui interprétait indifféremment, Chopin ou Schubert, me donnant le sentiment à chaque étape, d’avoir été parachuté, au sein même de la bourgeoisie. Cet environnement n’était pas le mien, mais avait le pouvoir de me faire oublier pour un temps la médiocrité. Je m’y sentais d’ailleurs très à l’aise et n’étais absolument pas pressé de le quitter.

L’un des objectifs de mon voyage était de pouvoir m’enrichir l’esprit, par la rencontre et la connaissance des autres. En sympathisant avec des individus venus d’horizons et de milieux sociaux divers et à l’heure de faire le bilan, je constatais que ma mission avait été pleinement remplie. Il existait un autre monde moins néfaste, que celui des mentalités étriquées et rétrogrades de nos campagnes. Des chaînes que j’avais gardé aux pieds pendant trop longtemps.

Le musée en plein air de Mainhaugen à Lillehammer, était situé au milieu d’un parc boisé. Les norvégiens souhaitant honorer la mémoire de leurs ancêtres, avaient édifié à cet endroit, une trentaine de constructions, parmi lesquelles des maisons, des écoles et des petites églises. L’ensemble de ces structures étaient bâties et aménagées, conformément au style de différentes époques, témoignant des conditions de vie difficile et du combat permanent mené par de nombreuses générations de scandinaves, au cours des siècles passés. Bien que trop rapide, la visite des lieux n’avait cependant pas été oubliée dans l’organisation de notre séjour, ce musée constituait en effet, un intérêt majeur et une source de savoir inépuisable, pour les passionnés d’histoire.

Nous quittâmes Lillehammer, au bout de quelques heures, car nous devions rejoindre Oslo, dans l’après midi. Avant d’atteindre les faubourgs de la capitale, le lac Mjosa fut la dernière image que nous pûmes contempler de cette éblouissante nature nordique. Nous passâmes la nuit à l’hôtel Stefan, qui nous avait accueillis lors de notre arrivée.

Le jour suivant étant une journée de liberté, je profitai des heures qui m’étaient imparties pour me rendre à Vigelandsparken. Présenté comme un joyau du patrimoine norvégien, j’avais été informé de l’existence de ce parc par la lecture de mon guide touristique. Symbolisés par l’exposition d’innombrables statues, représentant l’être humain de la naissance à la mort, le site était axé sur la fuite du temps et conçu comme un formidable hymne à la vie. Bénéficiant d’une immense étendue de terrains, les concepteurs du projet, avaient doté ce jardin de larges allés et de nombreux parterres fleuris, au milieu d’immenses pelouses, offrant au visiteur un espace aéré, avec en prime une impression de liberté et beaucoup de plaisir à explorer les lieux.

Depuis notre envol du Bourget, mon cercle d’amis s’était bien agrandi et je ne voulais pas manquer notre ultime déjeuner en commun, de cette fin de vacances. Une petite fête et un discours d’adieu avait été organisé à notre intention par notre voyagiste. Cette petite manifestation, fut conviviale mais imprégné un peu de nostalgie. Notre expérience commune n’était déjà plus qu’un souvenir, néanmoins nous nous étions promis de garder contact et de nous écrire le plus souvent possible.

C’est par petits groupes de cinq, que nous décidâmes de passer notre après-midi dans les rues commerçantes de la ville pour y effectuer nos dernières emplettes. Il me restait quelques devises à dépenser et j’avais encore certains cadeaux à faire.

Le dîner fut beaucoup moins animé que le repas du midi . Il me semblait que l’humeur générale s’était encore un peu plus dégradée et que chacun se laissait envahir par la tristesse. Je comprenais à présent le pourquoi des larmes de deux anglaises, que j’avais croisé en zone franche, au départ de Paris. J’avais été le témoin des regrets de deux vacancières, qui n’attendaient plus que l’ordre d’embarquer dans l’avion qui les ramènerait très vite vers leur quotidien.

Ma soirée se prolongea tard dans la nuit par une balade en solitaire. Tout me semblait familier, tant j’avais la sensation d’avoir toujours connu les lieux. Je contemplai non sans un certaine mélancolie et pour la dernière fois le ciel étoilé de cette inoubliable capitale nordique, avant de regagner mon hôtel.



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