Le volcan endormi

Aujourd’hui dix huit mars de l’année 2010, je pense à ma mère qui a quitté ce monde il y a tout juste quarante neuf ans. Je n’ai rien oublié de cette journée ou ma vie bascula dans la tragédie, Je suis à l’image d’un volcan qui semble endormi, je contiens ma révolte. Ce sentiment d’injustice, m’empêche de trouver le repos, j’espère simplement qu’un jour dans un autre monde le mot souffrance disparaîtra de mon dictionnaire.

Aujourd’hui dix huit mars de l’année 2010, j’attends aussi avec angoisse l’arrivée de mes résultats d’analyses. Je me sens comme un insecte emprisonné dans une toile d’araignée, il m’est impossible de fuir devant le danger. La maladie est peut-être en train de se réveiller, à moins qu’elle ne se soit jamais endormie. Vivre cette expérience est une épreuve que je ne souhaite à personne, pas même à mes pires ennemis.

Si le destin des hommes dépend d’une autorité suprême, je pense pouvoir dire à cette autorité qu’en ce qui me concerne, que son acharnement à vouloir me voir plier le dos a largement porté ses fruits, car je suis à ce jour bien fatigué de mon histoire.

L’hiver très long que nous venons de connaître touche à sa fin, mais je suis motivé pour reprendre la plume afin de me replonger quelques trente cinq années en arrière, époque ou j’espérais encore en un avenir plus serein,



Extrait du livre de mes mémoires


La première partie du trajet de Paris à Angers m’avait paru bien longue. Bien que bannissant le retour à l’ennui et à la médiocrité de mes conditions de vie, je savais que les pages de la rubrique voyage étaient tournées et en conséquence, j’avais paradoxalement hâte de retrouver mes repères.

Je savais aussi que le plus gros de la grisaille était derrière moi, car des projets fleurissaient dans ma tête, avec l’espoir que dans un proche avenir, ma situation allait s’améliorer.

Malgré tout, l’idée de replonger aussi brièvement que possible dans la réalité du moment me contrariait fortement.

Personne ne m’attendait sur le quai de gare et je rentrai valise à la main, en marchant le plus lentement possible, comme pour retarder des retrouvailles qui me faisaient peur. Pour me donner du courage, je rêvais à ce renversement de tendance que j’espérais depuis toujours.

Le miracle n’avait pas eu lieu. Comme le spectacle de la désolation, je retrouvai un jardin aux allures de terre abandonnée. Grand mère m’était apparue égale à elle même, assise au bout de sa table, sans expression particulière. J’avais remarqué l’esquisse d’un sourire au coin de ses lèvres, lorsque je lui avais offert un cadeau souvenir et elle avait semblé s’intéresser à mon récit de voyage. Cependant elle me regardait les yeux exorbités, complètement renfermée dans sa souffrance. Je devinais ce qu’avait dû être son remède pendant mon éloignement. J’avais demandé à mon entourage de venir lui rendre régulièrement visite, d’une part pour lui prodiguer les soins dont elle avait besoin, mais aussi pour limiter le plus possible son champ d’action durant mon absence. Mon aïeule craignait mes accès de colère, face à ses comportements répréhensibles. Elle savait qu’on ne manquerait pas de m’avertir de ses écarts de conduite.

Depuis que j’avais franchi le seuil de la maison, ma chienne n’avait pas cessé de me faire la fête, en frétillant de la queue et en tournant autour de la table à un rythme effréné. Elle était bien la seule à pouvoir manifester un brin de gaîté en ces moments de retrouvailles.

Garant de mon intimité et gardien de ma solitude, retrouver ce jardin secret que représentait pour moi ma chambre, fut un grand moment de réconfort. J’avais fait le plein d’émotions durant ces quinze jours passés loin de mon domicile. Tant d’expériences nouvelles s’étaient enchaînées à un rythme endiablé que j’avais bien besoin de repos. Je pris donc le temps de m’allonger un moment et de profiter du profond silence qui régnait dans mon univers feutré, pour m’abandonner à ces souvenirs récents qui mériteraient bien que j’en fasse un jour le récit.

L’après midi n’était pas totalement achevé quand je me réveillai d’une sieste plus que réparatrice. Je pris donc la décision de rendre visite au numéro 22 de l’avenue Bonaparte, où je trouverais à n’en pas douter matière à dialoguer.



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