Prémices d’une histoire commune

Vendredi dix neuf mars 2010, j’ai passé une sale nuit, mon cœur s’est emballé comme il ne l’avait pas fait depuis longtemps, et cette manifestation de révolte m’a paru interminable. Je suis complètement anéanti par l’épreuve. Cette arythmie cardiaque que les médecins ont bien du mal à soulager, s’ajoute à bien d’autres de mes préoccupations sur mon état de santé.

Le bilan des analyses est arrivé au courrier. Rien de bien révélateur a dit le cancérologue, il faudra repasser un ixième scanner dans quatre mois, et agir en conséquence des résultats.

Je me sens plus comme un insecte prisonnier dans un toile d’araignée, mais plutôt comme un détenu dans le couloir de la mort qui vient de bénéficier d’un suris, dans l’attente de la révision de son procès avec l’espoir de sauver sa tête.

Le printemps va bientôt renaître de ses cendres, mais aujourd’hui la pluie contrarie les amoureux des longues balades dans la nature.

La fatigue m’a cloué une partie de l’après-midi dans mon fauteuil et cette vilaine météo me convainc définitivement de poursuivre mes écritures,


Extrait du livre de mes mémoires


Il restait de mon escapade, hormis mes souvenirs, un album de photos minutieusement classées et commentées dans l’ordre de mon itinéraire et de mon emploi du temps, J’avais élaboré ce carnet de voyage avec soin, comme pour prolonger ces instants magiques que furent mon séjour en Scandinavie.

La reprise de mon activité professionnelle ne fut pas aussi difficile que j’aurais pu l’imaginer. Le traintrain quotidien repris les rênes du pouvoir avec son enchaînement de semaines, tour à tour empreintes d’optimisme et de découragement.

Chantal restait de moins en moins à l’écart de mes déboires familiaux et j’étais bien décidé de l’associer tous les jours un peu plus à la recherche de solutions. Je ne lui avais rien caché des difficultés qui avaient été les miennes depuis que mon père était décédé, encore moins de celles qui allaient être les nôtres, si nous décidions d’écrire notre histoire commune.

Notre capacité financière étant loin d’être à la hauteur de nos ambitions, il lui restait donc pas mal de temps pour analyser sereinement ses aptitudes à affronter les multiples obstacles, que nous serions à même de rencontrer.

La décision finale n’était pas chose aisée à prendre, notre position n’étant pas celle de la majorité des couples,

Je ne pouvais pas abandonner grand-mère, elle m’avait aidé à passer le cap difficile de mon enfance et m’avait soutenu financièrement durant toute la période de mon adolescence.. En raison de son handicap physique et aussi à cause de sa fragilité mentale, c’était humainement impossible à envisager.

La cohabitation d’un jeune ménage avec une personne âgée, n’était possible que sous certaines exigences. Comme je n’avais aucune raison de sacrifier ma vie, il fallait trancher pour mettre un terme à ce dilemme. L’espace vital étant ce qui nous manquait le plus dans notre maison, nous prîmes donc la décision de faire une demande de travaux d’agrandissements auprès de la mairie.

Par lettre recommandée, j’avais reçu un avis favorable, me donnant la possibilité de surélevé le bâtiment actuel d’un étage. J’étais également autorisé à élargir la surface habitable au sol.

Cette résolution s’inscrivait cependant dans la durée, car pour obtenir auprès des banques un prêt à des taux d’intérêts avantageux, il fallait épargner un maximum de temps, c’est la raison pour laquelle notre plan n’était pas réalisable du jour au lendemain.

Chantal semblait pourtant au fur à et mesure du temps, renforcer davantage ses convictions et ne déviait pas de sa voie, d’un iota.

A présent que l’optimisme prédominait, nous devions prendre notre mal en patience et continuer à à mener notre existence, ballottée entre famille et amis,

J’étais soulagé de pouvoir compter sur cette complicité naissante. Dès lors, grâce à ce regard nouveau et à de précieux conseils, il me devint plus facile de prendre des décisions, pour améliorer une situation devenue au fil des calendriers de plus en plus explosive.

En trois ans, rien n’avait réellement bougé autour du moi. Des cartons pleins d’objets hétéroclites, n’avaient pas encore été vidés. Amoncelés dans le petit coin débarras, depuis notre déménagement, ils prenaient trop de place, rendant les lieux inutilisables. Des tas de détails, m’empoisonnaient la vie, comme par exemple, l’antenne de télévision rafistolée sur le mur des sanitaires, ou la cabane en tôles installée provisoirement pour protéger la cuve à mazout, du bricolage resté malheureusement en l’état. La structure en planche qui nous servait de véranda avait bien besoin de réparations quant aux peintures extérieures des ouvertures, elles méritaient aussi d’être refaites.

En premier lieu, il fallait s’occuper du jardin qui n’avait pas attendu mon retour de vacances pour se transformer en friche. Je n’avais jamais souhaité cultiver ce petit lopin de terre, en revanche je ne supportais pas moralement de le voir envahi par l’herbe, car l’abandonner à la nature, aurait donné à un large public, le même spectacle de dénuement, que celui constaté, par les rares personnes qui s’autorisaient encore à s’immiscer dans notre intimité. Je souhaitais me préserver le plus possible du regard des autres, car notre situation restée trop longtemps précaire inspirait toujours en moi un sentiment de honte et d’humiliation. Situation précaire pour laquelle il persisterait et pour un certain temps encore les conséquences sur notre environnement.

Nous consacrâmes, Chantal et moi, notre weekend, a effacer par notre travail, les traces de ma négligence envers cet espace végétal. A condition d’un bon entretien, je considérais mon jardin comme le décor d’un théâtre, qui n’était pas celui de la pièce que j’étais en train de jouer. Le reflet d’une vie que j’espérais pouvoir connaître autrement que dans mon imagination.





Laisser un commentaire

WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie