Heures d’été, heures d’hiver

Après le premier choc pétrolier, et pour faire face au déficit abyssal du commerce extérieur, consécutif aux lourdes dépenses engendrées par l’achat d’un pétrole hors de prix, il devenait urgent pour le gouvernement, d’adopter une autre politique que celle du gaspillage.

C’est à cette époque que les états prirent véritablement conscience du fait que les ressources naturelles n’étaient pas inépuisables, et que leur raréfaction provoquerait dans un avenir plus ou moins proche, une crise mondiale sans précédent.

Il fallait impérativement changer les pratiques, et par une offensive publicitaire de grande ampleur, les responsables des pays les plus industrialisés, inculquaient dans l’esprit de leurs concitoyens la notion de tempérance en matière de dépenses d’énergies.

En France nos politiciens encourageaient par exemple l’isolation thermique des habitations, et dans la construction automobile, il était demandé de faire des efforts pour que les voitures soient moins consommatrices en carburant.

Dans la panoplie des dispositions, le gouvernement Chirac (alors premier ministre) avait institué le passage de l’heure d’hiver à celle d’été, et vice-versa. Cette mesure appliqué dès l’année mille neuf cent soixante quinze, avait pour but d’adapter les heures où la population était en activité à celles de l’ensoleillement, ce qui limitait la consommation électrique et donc la production de nos centrales, car notre pays dépendait cruellement de l’étranger en matière énergétique.

Ce bouleversement dans nos habitudes, suscitait de nombreuses polémiques, (certains prévoyaient d’entrer en « résistance » en ne changeant pas d’heure…), mais nos politiciens tenaient bon et appliquèrent fermement leur décision.

A toute chose malheur est bon. Il est indéniable que ces différents changements de direction entraînèrent immanquablement une révolution dans les mentalités et avec elle le développement d’une nouvelle forme d’industrie.

De nos jours le débat n’est toujours pas clos. Il y a toujours une infime minorité d’opposants à ces changements d’horaire, et les revendications concernent la pertinence d’un telle mesure, ou les troubles que cela apportent aux nourrissons, aux personnes âgées et aux animaux.

Le grenelle de l’environnement qui porte sur la prévention du changement climatique et de ses conséquences, sur la préservation de la biodiversité et sur la prévention de la conséquence des pollutions sur la santé est une grande décision qui vient compléter les efforts consentis par une population désormais largement informée par les dangers d’un comportement irresponsable.

Au moment où j’écris cet article, une grande partie de l’Europe s’apprête à avancer sa montre d’une heure dans la nuit du vingt sept au vingt huit mars, et j’avoue que cette petite manipulation n’aura pas grande conséquence sur ma manière d’organiser ma vie.


Extrait du livre de mes mémoires

La famille de Chantal était dans l’euphorie des préparatifs d’un second mariage. Anne Marie avait rencontré son futur époux, au siège des compagnons du devoir d’Angers, à l’occasion d’une soirée dansante.

Henri originaire de la Loire demeurait et travaillait désormais dans la région du Tarn. Pour abriter son futur ménage, il avait trouvé un logement dans une localité située à proximité de la ville d’Albi. Plusieurs expéditions étaient nécessaires pour transférer objets et effets personnels appartenant à la future épouse.

En cette mi-avril, les trois jours de trêve pascale, constituaient un week-end intéressant pour concilier travail et plaisir. Dominique ayant proposer ses services pour effectuer partiellement le déménagement, nous pria par la même occasion, de nous joindre à l’expédition.

Cette sollicitation aussi soudaine, qu’inattendue, bousculait mon programme. Elle nécessitait une réponse immédiate, alors que je m’étais imposé d’utiliser ce précieux temps libre, pour éliminer cartons et autres encombrants poussiéreux qui obstruaient l’accès à mon débarras.

J’étais fort contrarié par cet effet de surprise, qui anéantissait en quelques secondes ma forte motivation du moment, qualité qui n’était pas une particularité dominante de mon caractère. N’ayant pas l’habitude de l’imprévu, j’acceptai avec une certaine réticence l’invitation qui venait de mettre faite. J’abandonnai sur-le-champ mes projets tout en ressentant au fond de moi, l’appréhension de ce départ improvisé.

En réalité je craignais de laisser le champ libre à mon aïeule, redoutant fortement ses éventuels écarts de conduite. Par pudeur mais surtout pour me préserver de la honte, je me devais de cacher mes angoisses. Je me sentais physiquement, moralement et viscéralement, cent pour cent responsable de ma grand-mère.

Je n’étais pas mûr dans ma tête pour révéler à mes relations, aussi intimes soient-elles, ce que j’avais longtemps pensé être ignoré de tous.

De leur côté, les gens respectaient mon mutisme, en éludant soigneusement de leurs conversations les sujets que je n’aurai pas aimé voir aborder. A force de patience et d’obstination, Chantal lentement entrouvrait la porte de mes secrets, mais certains douloureux aspects de ma vie restaient pour moi des sujets tabous.

Mon enfance m’avait laissé le souvenir d’une intense souffrance morale qu’il m’avait fallu obligatoirement gérer seul. J’avais acquis le réflexe du silence. Dans ma tête, mes soucis ne pouvant être que d’ordre privé, je n’avais pas conscience que mon salut passerait obligatoirement par le dialogue avec un entourage capable de me comprendre et de me venir en aide. Dans ces conditions, il m’était donc difficile voir impossible de refuser de partir, à cause de prétextes que je me faisais un devoir de taire. Je partis donc.



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